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La maison est remplie d'odeurs sucrées et épicées. Maman s'active en cuisine, jetant un coup d'œil à la tajine sur le feu pendant que je termine les derniers préparatifs dans le salon. Sur la table, j'ai disposé une belle nappe blanche avec des assiettes dorées. Au centre trône un gâteau au chocolat, simple mais gourmand, avec une bougie en forme de "17".

Je recule d'un pas, les bras croisés, observant mon travail. C'est simple, mais chaleureux. De toute façon, Ibti se fiche des grandes fêtes sophistiquées. Tout ce qui compte pour elle, c'est l'ambiance, la bonne bouffe, et surtout... être entourée des bonnes personnes.

J'entends déjà sa voix résonner dans le couloir.

- Ibti : Dix-sept ans, t'entends ?! Ça y est, je suis vieille !

Je souris malgré moi en me dirigeant vers l'entrée. La porte s'ouvre brusquement, et Ibti débarque comme une tempête, les bras en l'air, son grand manteau volant derrière elle.

- Moi : T'étais déjà vieille dans ta tête, Ibti. Là, c'est juste officiel.

Elle me fusille du regard, avant de me tirer dans ses bras en riant.

- Ibti : Hchouma 3lik (honte à toi) ! Regarde-moi cette ingrate qui ose me parler comme ça le jour de mon anniversaire.

Elle se détache, pose ses mains sur mes épaules et me scrute avec un sourire en coin.

- Ibti : Toi... t'as une tête bizarre.

Je fronce les sourcils.

- Moi : Quelle tête bizarre ?

- Ibti : Je sais pas... Elle plisse les yeux comme si elle analysait chaque détail de mon visage. T'as le regard d'une fille en manque de quelque chose... ou plutôt de quelqu'un.

Mon sourire s'efface légèrement, mais je le cache en levant les yeux au ciel.

- Moi : Tu racontes n'importe quoi.

- Ibti : Hmm... Si tu le dis.

Elle n'insiste pas, mais je sais qu'elle a capté. C'est Ibti, après tout. Elle me connaît trop bien.

Peu à peu, la maison se remplit. Ma mère accueille chaleureusement tout le monde, servant du thé et des petits gâteaux. Les sœurs de Souleymane arrivent avec leur mère, et dès qu'elles me voient, elles me sautent dessus.

- Yasmine : Sihaaaam ! crie Yasmina en me serrant dans ses bras. Tu nous as trop manqué !

Amina, plus posée, me sourit tendrement.

- Amina : Comment tu vas ?

Je réponds que je vais bien, mais mon regard se perd un instant sur leur mère. Elle me serre les mains avec douceur, ses yeux remplis d'une tendresse qui me serre la gorge.

- Khalti : Si seulement il était là... souffle-t-elle doucement.

Je sens mon cœur se serrer, mais je me force à sourire.

- Moi : InchaAllah, il va bien.

Elle hoche la tête, mais je vois l'inquiétude dans ses yeux. Personne n'a eu de nouvelles de lui. Et ça, ça me hante plus que je ne veux l'admettre.

Alors que la soirée avance, l'ambiance est légère. Les discussions vont bon train, et Ibti, fidèle à elle-même, met l'ambiance avec ses blagues.

Mais je ne tarde pas à remarquer autre chose.

Aymen est là. Et il y a quelque chose dans sa façon de regarder Ibti. Quelque chose de différent.

Ibti, elle, fait semblant de ne pas voir. Elle plaisante, elle l'ignore, elle rit un peu trop fort. Mais je la connais. Je vois les regards qu'elle lui lance quand elle pense que personne ne regarde.

Un amour inattendu Où les histoires vivent. Découvrez maintenant