JUST UN IMPRÉVUDimanche 5 mai
10h03
La sueur perla dans mon dos. Les gouttes dévalèrent ma colonne, vierge de mon corset. Assise en tailleur sur mon lit à me tordre le ventre. Mes mains appuyaient dessus avec violence.
Mes dernières règles remontaient à deux semaines. Et je ne ressentais pas ce genre douleur pendant ma période prémenstruelle.
Le matelas épousa à nouveau mon corps, cherchant en vain une position pour faire cesser ou tout du moins diminuer les piques me transperçant de l'intérieur.
Des flammes bleues se consumaient dans mon être. Elles ne ressemblaient pas au feu qui pouvait brûler dans ma poitrine. Elles étaient froides, de la glace brûlant mes entrailles. Mes organes tombaient en cendre face à cet incendie dévastateur. Les gouttes étaient devenues des flaques, trempant mon oreiller et inondant mon cou.
Il fallait que je sorte. Que je marche. Que j'arrête cette douleur.
La rencontre entre la fraîcheur du parquet et mes pieds calmèrent le temps de quelques secondes les douleurs avant que mon estomac ne se tord, résistant aux flammes ardentes. Je laissai mon corps me guider au couloir menant à la salle de bain et emprunta la porte juste à côté. Telle une poupée de chiffon, je glissai au sol. Ma main s'agrippa désespérément à la poignée des toilettes. Même ce dernier point d'ancrage se brisa et je me rattrapai à la cuvette. Le feu s'était répandu dans ma gorge.
J'expulsai tout mon repas de la veille. La bile le remplaça rapidement. Je hurlai à plein poumons avant d'en perdre le souffle.
Je n'entendis que partiellement les voix affolées de mes parents. Alertés par mes cris. Je ne sentis qu'à peine mes cheveux se faire attacher, alors que mon corps se débarrassait de toute nourriture.
Les minutes passèrent. Ressemblant à des heures. Ma tête finit par cogner contre le mur carrelé. Les larmes dévalèrent mon visage au teint blafard. Mes jambes tremblèrent lorsque mon père essaya de me mettre debout, l'obligeant à me soutenir en passant mon bras par-dessus son épaule.
Les minutes passaient, la douleur augmentait. Mes organes ne devaient plus n'être que des cendres, tant le feu les consumait.
— Tiens installe-toi dans le canapé.
Mon père m'aida à prendre place dans le canapé où je m'allongeai tremblante. Des centaines de frissons parcouraient mon échine gelée. Il déposa une couverture sur ce corps asséné de douleur et aussi gelé qu'un glaçon.
— J'appelle le médecin de garde. Décida ma mère, voyant bien que mon état empirait.
Rien ne semblait normal. Elle s'assit à mes côtés, sa main gauche épousa délicatement mon front brûlant. Un contraste inquiétant sur mon corps glacé. Les sonneries du téléphone se répercutèrent tel des cymbales dans mes oreilles.
Elle s'éloigna.
Je les ouvrit à nouveau quelques minutes plus tard, désorientée, regardant autour de moi sans lever la tête. L'expression d'incompréhension devait se lire sur mon visage.
— Ça va ma chérie ?
Mon regard capta celui de ma mère, toujours à côté de moi, elle devait être en train de discuter avec mon père, leurs voix se chevauchant m'avait réveillée. Aux quelques bribes de discussions que j'avais partiellement entendu, le sujet tournait autour du compte rendu du médecin de garde.
— Il faut que tu essayes de boire de l'eau sucrée, c'est ce que le médecin m'a conseillé, d'accord ?
J'hochais simplement de la tête. Je ne pouvais même pas parler, ma gorge m'irritait toujours autant. L'eau allait, j'espère soulager ma douleur qui parcourait tout mon corps. Je ne pouvais rien faire à part attendre que ça passe par n'importe quel moyen.
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SCOLIO'ME
RandomOn le sait tous dans l'obscurité se cache toujours un faisceau de lumière. Rose Sorena ne se doutait pas que sa vie, déjà assombrie par les brimades et les insultes qu'elle subissait quotidiennement, allait basculer dans les ténèbres à cause d'une s...