Il a fallu que j'attende le lendemain matin pour avoir l'occasion de le voir, lui, Henri Jones, tuteur non officiel de Melodias, d'après ce qu'il m'a expliqué. Lors de son enfance, Melodias vivait une vie heureuse accompagné de ses parents, et d'Henri. Lui et son père étaient comme des frères, alors Melodias l'a toujours considéré comme son oncle.C'était pour eux la suite logique des choses, une famille avec ses défauts et ses qualités. Le choc fut brutal pour Henri d'apprendre l'AVC de Melodias, mais il n'a pas pleuré. Figé dans cette chambre sinistre à la vue du corps de celle qu'il a élevée, le silence planait entre nous, puis il s'est mis à parler.
— Merci pour elle, Kyo. Je me chargerai de te faire un virement dans les prochains jours, dès lors que je serai revenu à New York.
J'écarquille les yeux, sa proposition est alléchante, certe, mais je refuse d'user de l'état de Melodias pour me faire de l'argent sur son dos.
— C'est gentil de votre part, mais je me dois de décliner votre offre. Tout ce que je souhaiterai c'est que vous m'en disiez plus sur elle, sur sa vie...
Un sourire approbateur déforme son visage, alors qu'il s'assiège finalement sur un fauteuil.
— Je ne suis pas vraiment connaisseur des relations, mais j'ai l'impression que tu t'es bien attaché à elle.
En énonçant sa phrase, le corps de Melodias est surplombé par ses yeux, plus pure que n'importe quel regard. Dubitatif, je n'ose pas prendre l'initiative de répondre directement. Il a tort, du moins, je me suis peut-être attaché à Melodias, mais pas de la manière qu'il convoite. Melodias fut ma rédemption, avant que je ne succombe à la frustration de son égard.
— Détrompez-vous, Henri. La seule chose que je ressens envers elle est de la consternation.
— Oh Kyo, tu n'as pas à te voiler la face, aimer n'est pas un crime, et s'en était un, nous serions tous criminels, je suppose. En ce qui concerne Melodias, il n'y a pas grand-chose à dire à son propos, enfin, je t'ai déjà expliqué la majeure partie de sa vie, souffle-t-il en grattant sa tête du bout des doigts.
Je ne lui offre aucune réponse, parce qu'il est inutile que je lui dise que je n'éprouve pas de sentiment de la sorte envers elle, car il ne prendra jamais mes paroles en compte.
— Ces lettres, sur son chevet, c'est toi qui les a écrites ? me questionne-t-il, inclinant sa tête, en même temps d'observer les enveloppes auprès de Melodias, éparpillées un peu partout sur la table de nuit.
— Non, mens-je.
La vérité est que, c'est bel et bien moi qui suis responsable de ça, seulement, il a déjà du mal à me croire sur le fait que je ne suis pas amoureux d'elle, alors comment lui faire comprendre que ceci n'est pas un geste d'amour ? Alors, j'affabule simplement, et sans scrupule.
Il jette un coup d'œil à sa montre, avant de relever la tête vers moi, puis vers Melodias, puis il se contente de mes yeux.
— Je n'ai pas la possibilité de rester à Tokyo plus longtemps, j'ai énormément de travail qui m'attends à New York. Veilles sur elle, et donne moi des nouvelles de son état. Tu trouveras mon numéro sur son téléphone.
Je fronce les sourcils. Est-ce tout ce qu'il avait à dire ? Il me fait confiance sans aucun doute ? Tout cela me semble si... Facile. Il me tourne finalement le dos, avançant progressivement vers la sortie, les mains enfouies dans ses poches de vestes.
— Vous allez partir de manière si puéril ? Sans vous souciez si je pourrais être un danger pour elle ? Je pourrai être un tueur ! Qu'en savez-vous ?!
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AMNESIA - EN PAUSE
RomanceUne fille en détresse. Un garçon au cœur altruiste. Melodias Eze, mannequine à temps plein, décide de quitter cette vie étouffante. Elle se contraint alors à se fondre dans la masse, lorsqu'elle entame son année de terminale à Tokyo, quitte à délai...