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Mercredi 8 mai
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Le silence. Mes yeux fermés, contemplant le vide. Je ressentais la pression de mon corps sur le matelas. Endolori. La peau comme de la pâte à modeler.
Rien. Mes oreilles ne percevaient pas de son. Les odeurs se dégageant de l'atmosphère ne m'étaient pas familières.
Étais-je morte ?
Je sentais mon coeur battre, il tapait doucement dans ma poitrine. Je respirai le désinfectant et les produits d'hygiène. Une senteur... Un hôpital !
Un spot de lumière m'aveugla, projetant une lueur aussi blanche que les draps qui m'enveloppaient. Je balayais la salle, petite, épurée, triste. Mon regard tomba sur ma main, je la soulevai. Une perfusion se plaçait entre mes phalanges, protégée par un pansement. Je l'observais quelques instants.
Que ressentais-je ? Où étais-je ? Des voix semblaient provenir de derrière les murs. Comme des chuchotements qui les longeraient.
Je n'arrivais pas à réfléchir.
Mon esprit était trop vide. Presque vide de sens, vide d'hypothèses.
— Connais-tu le numéro de tes parents, ma puce.
Une voix presque angélique me percuta, en tournant la tête d'un blond me rappelant celui de Martin et d'un regard aussi océanique qu'Alexianne, une femme. Habillée d'une blouse blanche, un masque de la même couleur accentuant celle de ses iris.
Incrédule, je la fixai ressentant ma langue pâteuse lorsque je voulus lui répondre.
— Est-ce que tu sais où tu es ma puce ?
Mon regard se perdit sur le sol, avant de croiser la porte blanche. Tout était triste et intact. Comme si le temps s'était arrêté.
— D'accord, son sourire remonta son masque. Tu es actuellement à l'hôpital en salle de réveil. Il y a plusieurs heures tu as été opéré à la suite d' une crise d'appendicite. L'opération s'est très bien passée et c'est pour ça que je veux prévenir ta maman et ton papa pour qu'ils puissent te rejoindre dans ta chambre d'hôpital.
Sa voix mielleuse contrastait avec l'atmosphère pesante. Les accessoires qui complétaient la pièce la rendait froide. Des bruits sourds allaient et venaient dans mon oreille. Cette femme penchée vers moi restait le seul élément chaleureux.
Toujours couverte de ses draps épurés de couleurs, je marmonnais le numéro de ma maman.
— Je te remercie.
Je la vis s'éloigner, un téléphone à la main.
Des minutes, des heures peut-être même des jours s'étaient envolés. Toujours dans ce lit qui se déplaçait. Attendez... le lit bougeait ? En ouvrant les yeux, deux infirmiers me baladaient de couloir en couloir, leurs mains agrippées à la rambarde du lit. Les murs se transformèrent au fil des pas, moins fades, plus colorés, certains dessinés.
— Tu peux te reposer, tes parents ont été prévenus. Je reviendrai tout à l'heure changer ta perfusion, m'annonça presque en chuchotant une voix féminine.
6h08
Un bruit incessant. Bip Bip. Oppressant, redondant, agaçant. Ma tête était lourde, comme si quelqu'un l'écrasait contre l'oreiller. Sa force appuyant dessus pour bloquer mon air. Pourtant le son ne faiblissait pas, s'amplifiant à chaque seconde. Il infiltrait mes oreilles jusqu'à brouiller mon cerveau.
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SCOLIO'ME
RandomOn le sait tous dans l'obscurité se cache toujours un faisceau de lumière. Rose Sorena ne se doutait pas que sa vie, déjà assombrie par les brimades et les insultes qu'elle subissait quotidiennement, allait basculer dans les ténèbres à cause d'une s...