Chapitre 42

4 1 0
                                        

Le martèlement effréné des touches du clavier avait remplacé cet insupportable bip incessant. Il ne pouvait plus se permettre de retourner travailler désormais, la partie était plutôt mal engagée. Cette flic était increvable, il était persuadé que ce piège la tuerait. Pourtant, la journaliste avait été formelle aux informations locales : Lauren Adams avait survécu. Soit elle était immortelle, soit elle avait une chance tout bonnement inouïe. Sinon, comment aurait-elle pu survivre à cette explosion ? Il aurait d'ailleurs pu mettre sa main à couper qu'elle avait succombée lorsqu'il l'avait vue inerte, étalée sur le sol, les pupilles sans aucune réaction. Cette garce l'avait berné et il y avait maintenant fort à parier qu'elle avait vu son visage et qu'elle savait qui il était. Il avait été trop naïf, et cette naïveté lui valait d'être démasqué.

Le dernier affrontement approchait à grand pas. Il lui manquait encore trois vipères pour atteindre les dix dans cette région. Seulement, le délai était trop juste. Il avait parfaitement conscience que ce n'était plus qu'une question de jours, d'une semaine tout au plus, avant qu'il ne finisse derrière les barreaux, et il ne pouvait accélérer la cadence, les risques étaient trop élevés.

Il n'avait plus le choix, il devait terminer sa mission. La prochaine salope serait la dernière. Tout ce qui lui restait à faire, c'était parvenir à berner ces connards de flics, et il avait déjà une idée pour s'y prendre habilement. Quand bien même Adams venait à découvrir le pot aux roses, il serait déjà trop tard, il aurait gagné la partie. Il fallait juste qu'il garde son calme et il pourrait peut-être s'en sortir sans se faire coincer. Il était hors de question de tout faire capoter maintenant, alors qu'il était si proche du but, si proche de réparer cette injustice dont il souffrait encore aujourd'hui. Il ne devait à aucun moment oublier leurs sourires enjoliveurs qui masquaient le Malin, leurs promesses qui n'arrangeaient qu'elles, et encore moins leur douceur factice annonciatrice de cet enfer dans lequel il avait plongé.

Il était enfin sur le point de devenir le protagoniste de sa propre histoire.


MirrorOù les histoires vivent. Découvrez maintenant