Je suis baisé. Complètement baisé.
La main de Maddie sur mon ventre m'a instantanément donné une trique de folie. Ma queue s'est mise au garde-à-vous si rapidement qu'on aurait dit un exercice militaire.
Je maudis le fait qu'elle ressemble pas à mes meufs habituelles. D'habitude, un sourire suggestif, un clin d'œil, et c'est dans la poche. Mais non, avec Maddie, il faut l'emmener dans un putain de restaurant. Je pourrais lui chanter une sérénade sous un putain de ciel étoilé, aussi. Le pire, c'est que si je savais chanter, je serais bien capable de le faire.
Parce qu'il faut tout le temps que je cherche à obtenir ce qui est hors de ma portée. Et Maddie ? Maddie est tout en haut de cette liste. Bon sang, elle est tout en haut de toutes mes listes.
Elle est intouchable, comme une pierre rare et précieuse dans un musée entourée de lasers antivol. J'ai l'impression d'être un ninja qui arrive chaque jour à esquiver un laser de plus et qui se fraye un chemin pas à pas jusqu'à son cœur.
Mais en fait, est-ce que je veux qu'elle tombe amoureuse de moi ? Le problème avec ce défi, c'est qu'il ne s'agit pas que de tirer un petit coup vite fait dans les buissons. Je dois apprendre à la connaître, je dois faire semblant de m'intéresser à elle - mais quand est-ce que la comédie se trans- forme en réalité ?
Je sais que sa mère a été tuée. Je sais qu'elle n'est pas proche de son frère, qu'elle aime son père et je sais aussi que quand elle est de mauvaise humeur, elle peut être aussi vulgaire que moi dans mes bons jours. Et chez elle, c'est sexy.
Et quand la Maddie digne et convenable se lâche, ça me fiche la plus grosse trique de ma vie.
Merde.
Je me lève et referme la porte de ma chambre derrière moi. Je peux pas rester là à penser à elle. Je manque de heurter Aston et Ryan au bas de l'escalier. Je les attrape par le bras, les pousse dehors et contourne la résidence avec eux.
- Hé, mec ? C'est quoi le problème ?
Aston se frotte le bras.
- Vous deux. (Je les regarde à tour de rôle.) Vous me rendez cinglé.
- Quoi ?
- Ce défi. Vous savez combien c'est difficile d'avoir ce petit cul sexy qui se frotte contre moi à longueur de journée en sachant que je peux pas la baiser ?Je me retiens d'enfoncer mon poing dans le mur. Ryan affiche un petit sourire narquois.
- T'as accepté, frangin. Moi je faisais que plaisanter, mais c'est toi qui as accepté. Tu peux plus reculer maintenant. Elle est à tes pieds.
- Ouais, et c'est bien ça le problème. (Je lui jette un regard significatif.) Je veux pas qu'elle soit à mes pieds, mais à cheval sur ma bite.
- Ben alors tu la sautes, suggère Aston. Ça commençait à devenir plutôt intime entre vous deux hier soir, si tu vois ce que je veux dire.
- Ça fait même pas deux semaines, mec. (Je secoue la tête.) Je peux même pas l'envisager avant la semaine prochaine. Elle est attirée par moi et elle est en train de craquer, mais elle est pas encore amoureuse. Elle fera rien tant qu'elle sera pas complètement amoureuse de moi. Et toutes ces filles dont je me souviens même pas qui arrêtent pas de se pointer pour me demander une autre chance, ça m'aide vraiment pas.Ils éclatent de rire en même temps.
- Tu plaisantes, là, mec ?
Aston s'appuie contre le mur.
- Putain, je préférerais. (Je me frotte le front.) On dirait qu'avec ma fausse copine, tout à coup, je deviens la marchandise la plus sexy de ce foutu campus.
- Je parie que ça passe mal, déclare Ryan d'une voix songeuse. Avec Maddie, je veux dire. Je parie que t'adore ça.
- En fait, y a rien de pire.
- Tu plaisantes ? T'aimes vraiment pas ça ?
- C'est à peu près aussi agréable qu'un trou dans la tête. Voilà comment c'est agréable. Et ça joue pas vraiment en faveur de cette histoire de confiance et tout... surtout quand elle voit bien que je me souviens pas d'elles.
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