Abigail, écrit par Anna
Je rentrai chez moi, fatiguée. Je me reposai un peu, puis je fis mes deuvoirs.
Le soir, je pris une douche, en réfléchissant sur ma vie. Je me demandais: est-ce que mon existence sera toujours aussi ennuyante et monotone? Est-ce que je me sentirais toujours exclue, rejetée par les autres, tout ça parce que je suis différente et ambitieuse? Est- ce que j'aurai plus tard des amis, un petit-ami? Est-ce que je vivrais un jour une grande aventure? Ou alors, est-ce que je finirais en vieille grand-mère célibataire et grincheuse avec 14 chats...
Bref, j'étais en train de me poser ce genre de questions existencielles, quand je remarquai quelque chose de bizarre.
Le miroir au-dessus de l'évier était recouvert de buée. Mais, la chose qui m'angoissait était le message inscrit dessus. Oui, un message. Il n'était pas là il y a quelques secondes; c'est comme si quelqu'un d'invisible venait de le tracer avec son doigt pendant que j'étais perdue dans mes pensées. Je sortis de la douche et l'observa de plus près. Je lus :
"Vous êtes invitée à Hôtel Fantasia."
Je regardais autour de moi, mystifiée. Quoi? Qu'est-ce que ça voulait dire?
Malheureusement, je n'eus pas le loisir d'y refléchir très longtemps, car, soudain, je tombai par terre et perdis conscience.
*************
Je me réveillais, complètement déboussolée. J'ouvris lentement les yeux. Au-dessus de ma tête s'étendait un ciel gris foncé menaçant. J'étais allongée par terre. Je regardais prudemment autour de moi. Je me trouvais dans une petite clairière, devant une sorte de grand manoir hanté et délabré assez flippant. Je n'étais pas rassurée. Où est-ce que je me trouvais? Comment étais-je arrivée là?
Près de moi, j'entendis des voix. Ouf, je n'étais pas seule. Je me levai en titubant et avançais vers un petit groupe de gens, attroupés autour d'un garçon qui parlait. Ils avaient l'air d'avoir à peu près mon âge. Je me joignis discrètement à eux.
-Bon, est-ce que quelqu'un sait où nous nous trouvons?" Demanda le garçon, d'une voix forte.
On secoua tous la tête. Personne n'en avait aucune idée.
-Je ne sais pas non plus, mais ce qui est sûr, c'est que la nuit ne va pas tarder à tomber." Continua-t-il en regardant vers le ciel. Les nuages défilaient, noirs, menaçants.
-On pourrait rentrer là?" Suggéra timidement une petite blonde en désignant le manoir. Quelques personnes acquiésèrent.
-Personnelement, cette vieille ruine me fout les jetons. Je pense que c'est plus sûr d'aller se mettre à l'abri, là-bas, entre les arbres." Il pointa du doigt la petite forêt qui entourait la clairière.
-Je ne suis pas d'accord!" dirent certains.
-Moi, je te suis!" Crièrent d'autres.
Alors, le groupe se divisa en deux. Une partie se dirigea d'un pas décidé vers l'entrée du vieux bâtiment imposant, et le reste, y compris moi, on resta rassemblés autour du garçon. Quand j'y repense, je me dis que c'était une décision vraiment stupide. On aurait du rester rassemblés, au lieu de nous séparer. Ça aurait épargné bien des malheurs...
-Suivez moi!" S'exclama le meneur, en s'enfonçant vers la forêt. "Au fait, je m'appelle Roman."
Nous marchâmes quelque temps sans rien dire. On regardais tous autour de nous, s'attendant à tout moment à ce qu'un monstre surgisse de nulle part et nous attaque. Pour ma part, j'essayais désespérement de me souvenir comment et pourquoi je m'étais retrouvée ici, et quel était donc cet endroit glauque. Rien. C'est comme si on avait effacé mes souvenirs. Je me souvenais d'être rentrée chez moi après une éprouvante journée d'école, d'avoir fait mes deuvoirs, puis de m'être douchée. Ah oui! Il y avait la buée sur le miroir... Un nom : "Hôtel Fantasia". C'était sûrement le grand manoir délabré qu'on avait aperçu... Mais qu'est-ce qu'on fesait donc dans cet endroit, au milieu de nulle part?
Nous arrivâmes dans un petit espace ouvert entre les arbres, où Roman décida de s'arrêter. La nuit était déjà tombée, il fesait noir.
-Nous allons faire un feu de camp." Déclara Roman."Allez rassembler des branches sèches, je pense que j'ai un briquet." Dit-il en fouillant dans sa poche.
Pour la deuxième fois, on se sépara. Je m'enfonçai dans les profondeurs de la fôret, en ramassant des petites brindilles. Je ne me sentais pas du tout rassurée. Je m'arrêtai à côté d'un grand arbre, en écoutant les petits bruissements tout autour de moi. J'entendais des craquements, puis une respiration rapide... J'étais sûre qu'il y avait quelqu'un, ou quelque chose, juste derrière moi. En retenant mon souffle, je me retournai lentement. Je m'attendais à ce qu'un monstre me saute dessus, mais il n'y avait rien. Soudain, Roman surgit de derrière les buissons. Ouf, ce n'était que lui! J'avais vraiment les nerfs à vif... Au même temps ça se comprenait, vu la situation dans laquelle j'étais!
Roman examinait les brindilles que j'avais ramassées, les bras chargés de branchages.
-Ok, ça suffira. Viens, on va rejoindre les autres au point de rendez-vous."
Je le suivis sans rien dire, mais, au fond, j'étais un peu irritée. Qui était-il pour faire le chef comme ça?
Arrivés dans le petit espace où tout le monde avait déposé des branches, Roman sortit son briquet et les enflamma. On s'assit tous autour du feu, chaud et rassurant, une vive lumière qui transperce l'obscurité angoissante.
Un jeune garçon à lunette brisa le silence timide :
-J'ai une barre de chocolat dans ma poche, vous voulez partager?"
À ce moment, je me rendis compte à quel point j'avais faim. Sa barre au chocolat était assez petite, mais il la distribua équitablement entre nous tous et le petit morceau de sucre assouvit un peu ma faim.
Rassassiés, certains d'entre nous commencèrent à raconter leur vie et de quoi ils se souvenaient avant de se retrouver ici. Curieusement, je me sentais à ma place en ce moment, entourée d'inconnus, au plus profond d'une forêt au milieu de nulle part, plus à ma place que jamais je ne l'ai été à l'école.
Soudain, je remarquai quelque chose qui me glaça le sang. Je savais que je devais tout de suite crier et prévenir les autres, mais j'étais comme pétrifiée.
Dans les buissons, je vis une ombre menaçante qui se déplaçait silencieusement. J'étais sûre que ce n'était pas l'un d'entre nous. C'était quelque chose de...différent.
Je croisai le regard de deux yeux verts luisants dans la noirceur du grand buisson qui me faisait face. Ils nous observaient d'un regard de prédateur. La chose nous observait.
Je remarquai alors que, quand on avait allumé le feu, l'obscurité s'était comme épaissie autour de nous. J'avais un très mauvais pressentiment.
Alors, on entendit un cri strident venant dans la forêt, tout près de nous. Je sursautai de frayeur.
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HÔTEL FANTASIA
TerrorDes adolescents regroupés dans une maison hantée avec un tueur en série à leurs trousses... Ça ne présage rien de bon. Mélange d'amour / d'humour / de mélodrame et surtout D'HORREUR. Merci de ne pas copier l'idée en aucun point et de laisser des c...