Dès qu'ils l'ont pu, mes parents ont voulu me faire détester la peur. Ils voulaient me la faire voir comme une menace, quelque chose à éradiquer. Comme si le bonheur n'existait que sans la peur...
Le jour du feu d'artifice chez les audacieux en est mon souvenir le plus lointain. J'étais très petite et je n'allais surement rien voir alors mon père m'a proposé de me porter sur ses épaules. J'ai secoué la tête pour refuser mais il m'a soulevé malgré tout. Les petites explosions ont alors commencé et j'ai dû faire un effort surhumain pour ne pas crier. J'ai fermé mes yeux et bouché mes oreilles jusqu'à la fin. Une fois chez nous, ma mère, légèrement plus inquiète que mon père, m'a rappelé :
-Je sais qu'un jour tu n'auras plus peur de rien ma chérie. Tu apprendras ne t'en fait pas.
Une autre fois, un jour d'orage, je me tenais devant la fenêtre de notre salon pour regarder les éclairs. Je n'avais pas peur, mais je ne me sentais pas en sécurité pour autant. Mon père l'avait bien vu et il secoue la tête. Pour moi, c'est comme s'il avait dit « tu ne mérites pas d'être dans cette faction ». A partir de ce jour, mes parents se disputèrent de plus en plus fort. Un jour, vers mes 10 ans, j'ai décidé de prouver à mon père qu'il avait tort et de me rendre en ville seule.
D'habitude, c'était ma mère qui m'aidait à prendre le train car j'étais encore trop frêle pour le faire moi-même. Je dus donc faire la route à pied. Je suis allé jusqu'au siège des Erudits puis, fière de moi, j'ai refait le chemin en sens inverse. Mais je me suis perdue et j'ai erré dans le quartier des sans-factions avant de marcher entre des bâtiments gris et neutres. Il était tard et une seule personne était dehors : un jeune garçon, plus grand que moi, adossé au mur de sa maison, je suppose.
-Tu es perdue ? me demanda-t-il d'une voix calme et bienfaisante.
Son ton et ses habits me confirmèrent qu'il était un altruiste. Je hochais la tête timidement. Il regardait attentivement mes vêtements sombres, symboles de la police de cette ville. Il s'approcha de moi et m'indiqua tout d'abord la sortie du village de la faction désintéressée puis, selon le peu qu'il s'avait, comment retourner chez moi. Je le remerciais et me mettais à courir : Mes parents allaient me réprimander comme jamais. Il ne valait mieux pas rester dehors la nuit, surtout quand on est un enfant. J'arrivais enfin dans mon quartier mais n'osais pas entrer chez moi. Je n'osais même pas lever la main vers la poignée. Ma mère ouvrit la porte à ce moment même pour guetter mon retour et me vit, fatiguée et apeurée, ne disant rien et ne bougeant pas. A ma grande surprise, elle me prit dans ses bras puis me ramena à l'intérieur.
-Tu la félicites d'être parti ? Commenta mon père.
-Non, mais son acte était courageux.
-Courageux ? Elle a fui sa faction.
-Elle est revenue. C'était juste une balade !
Je me suis ensuite éclipser dans ma chambre pour ne pas entendre la suite. Mes parents prônaient le courage et dénigraient la peur et je n'étais pas d'accord avec eux. Pour moi, la peur est importante : Elle évite de faire des bêtises, comme poser ses mains sur une plaque à cuire brûlante, ou bien elle nous fait fuir le danger. Je me mis à pleurer sur mes draps violets. Tout est si sombre chez les audacieux....
J'allais m'endormir quand des cailloux vinrent à la rencontre de ma fenêtre. J'y accourais et l'ouvrais. Un petit garçon audacieux se tenait en dessous, du gravier encore dans une de ses paumes.
-Hé ! Je peux entrer ? Chuchota-t-il assez fort pour que je l'entende.
Je jetais un coup d'œil vers ma porte d'où certains cris me parvenaient et acquiesçais. Il grimpa alors jusqu'à ma chambre, qui n'était pas très haute au-dessus du sol puis se laissa tomber par terre en riant. Je l'observais se tortiller dans tous les sens et remplir ma pièce de son rire communicatif. Je finis aussi par rire. Il se releva et s'assit sur mon lit.
-Je joue avec d'autres audacieux. Commença-t-il par m'expliquer. Ils ont parié que j'étais pas capable de me cacher pendant deux heures sans qu'ils me trouvent. Ils sont bien bêtes ! Personne ne viendra me chercher ici !
-Pourquoi ça ? L'interrogeais-je.
-A cause de tes parents, on les entend se disputer à trois maisons à la ronde alors personne n'aura l'idée de venir les déranger.
Je m'apprêtais à répliquer devant sa remarque, mais en fait il disait vrai alors je répondis autrement :
-Toi t'as plutôt l'air d'un sincère, monsieur je-dis-tout-ce-que-je-pense !
Il me regarda étonné puis éclata de rire, bientôt rejoint par moi-même. Il resta deux heures à parler avec moi puis repartis par la fenêtre pour gagner son pari.
-Au fait, je m'appelle Peter Cox. Me lança-t-il avant de se jeter par terre et de courir.
« Peter Cox ». Son nom lui allait tellement bien. Pétillant, rassurant, indépendant et surtout audacieux. Ce garçon brun ou aux cheveux noirs selon la lumière, aux yeux bleus comme l'océan que j'aimerais un jour voir, est devenu rapidement mon meilleur ami. Nous nous accordions très bien, car j'ai les cheveux presque blonds et les yeux marron clairs. Nous passions le plus clair de notre temps ensemble, à rire, courir et « voler » ensemble.
Qui suis-je ? Je m'appelle Elijah Stone (prononcé Elira) et je suis une native audacieuse.
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Divergent Fiction : The Anchor
Hayran KurguVoici une fanfiction sur la géniaaaaaaallissime série Divergent, inspirée à la fois des livres et des films mais l'histoire ne porte pas sur les protagonistes crées par Veronica Roth mais sur de nouveaux, inventés. (Je rappelle que Divergent et les...