Prologue
Mes sandales claquent sur le sable brûlant de la plage, au beau milieu de l'après-midi. Un bras devant mes yeux plissés, je tente de suivre tant bien que mal mon pauvre parasol qui s'est barré au loin. Les bourrasques semblent prendre un malin plaisir à me faire courir. Foutu parasol de mes deux. Levant les yeux au ciel, je saute telle une rugby-girl de renommée, je vous prie, dernier recours à ma course. Mes mains attrapent fermement la tige qui me nargue depuis une bonne minute, alors que mon ventre va s'étaler, avec toute la grâce que cela demande, sur le sable rugueux.- Victoire ! Que mon nom soit glorifié, Raphaëlle, médaillée d'or de la course-poursuite.
Mes yeux se ferment tandis qu'un léger sourire vint se loger au creux de mes lèvres. J'imagine déjà les applaudissements de la foule en délire, criant mon nom, secouant fièrement le drapeau français en mon honneur. L'hymne s'élevant, mes bras levés en signe de victoire... Une voix grave s'élève au milieu de toute cette idylle, apportant mon énième médaille sous les hourras vivaces...
- Excusez moi, mais pouvez-vous bouger votre ventre de mes cuisses ? , dit une voix amusée.
Je souris un peu plus, baissant ma tête pour recevoir la médaill- UNE CUISSE ?! Mes yeux s'écarquillent d'un seul coup, alors que j'examine les alentours. Un jeune homme, coiffé d'une chevelure flamboyante, semble rire de la situation. Ses éclats de rire sont bien trop vivaces à mon goût. Je baisse mon regard vers mon ventre à l'air. J'ai précisé sentir du sable rugueux ? Des poils ensablés plutôt. S'apercevant de la situation, mes joues se teintent alors que je me repends en excuses. C'est à cet instant précis que je me rends compte que mon parasol est toujours ouvert, la pointe vers son ami habillé de noir. Ce dernier me lance un regard froid alors que je l'attrape à toute vitesse.
- Il ne t'a pas éborgné ? quémandais-je en inspectant minutieusement la pique de l'instrument de plage, à la recherche d'une minuscule gouttelette de sang. Inspecteur Raphaëlle, au rapport !
Il ne daigne me répondre, se replongeant dans sa contemplation de l'océan sans plus de cérémonies. Son ami me lance un regard désolé, se relevant pour m'aider dans la tâche hargneuse de replier l'objet. Je lui rends son sourire, essayant d'engager la conversation. Tendant une main telle une professionnelle, je lui fais mon plus joli sourire en fixant ses beaux yeux sombres.
- J'ai oublié de me présenter. Raphaëlle, je viens de débarquer ici.
- William, ramasseur de parasols professionnel. Et lui, désignant son ami qui acquiesce en m'ignorant superbement, s'appelle Louis. Mais il n'est que stagiaire en formation, finit-il en un clin d'œil.
- J'aurais dû le marquer sur mon CV que, sans aucun doute, le 100 m sur plage est l'une de mes compétences premières, répliquais-je d'un ton très sérieux.Passant mon bras autour de l'objet anciennement volant, je regarde fixement l'horizon de l'océan. Qu'est ce qu'il y a de si intéressant ? Je plonge alors mon regard bleuté vers le visage de l'ami muet. Ses cheveux mouillés dégoulinent lentement sur son tee-shirt sombre tandis que ses mains replongent sans cesse dans le sable, amoncelant une poignée de grains à ses côtés. Son regard sombre fixe avec intérêt cet horizon, tandis que le mien vient se plonger dans celui de mon interlocuteur. William semble enthousiaste à l'idée de parler, je lui rends un sourire de circonstance. Heureusement que je suis là pour faire la conversation. Ce n'est pas l'autre idiot qui va se montrer loquace.
- De quoi ? Tu disais ? , me répondit le jeune William en fronçant ses sourcils.
J'ai parlé en français ?! Eh merde. CONSCIENCE, garde tes remarques cyniques pour toi. Cordialement. Je jette un dernier regard avant de me figer. Le... Lutti ? Losu ? Louis, bécasse. Ta conscience, cordialement. Oui, c'est cela : Louis semble se retenir de rire en déviant son étrange regard vers ma personne. Je décide d'éviter cette rencontre et me confonds une seconde fois en excuse face à cet écossais de la plage.
- Ha ha ! Moi, parler ? baissant ma main en essayant d'être crédible. Je ne sais pas où tu as entendu ça.
Posant mes poings sur mes hanches, je m'esclaffe alors que les deux jeunes hommes me regardent d'un œil étrange. Sentant la gène s'étendre de long en large, je frappe des mains et repars gaiement.
- Merci pour tout ! A une prochaine fois peut-être, si ce parasol se décide de jouer au cerf-volant une seconde fois, dis-je enjouée en frappant l'objet en question.
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Raphaëlle, 19 ans, française inconnue des olympiades de plage, se perd alors sur la plage écossaise de la capitale, Édimbourg. Cherchant lamentablement sa serviette à son tour envolée face à ce vent endurci, elle arrive finalement à sa destination première : le centre historique de la ville, où loge sa famille d'accueil. S'armant d'un sourire, elle entre en lançant un vif « Good morning everyone ! », tapant dans la main de son père d'adoption qui lisait le journal local.
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Est ce que cela vous plaît ? J'aimerais beaucoup que vous me disiez vos avis, c'est là ma première publication sur Wattpad donc tous vos conseils (qu'ils soient sur le prologue, la suite ou bien comment fonctionne l'application !) sont bons à prendre !
Voilà voilà, et sinon, comment allez vous ? 😊🌴
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Orgueil et préjugés
RomanceQuoi ? Là, tout de suite ? Pourquoi être partie ? Je me tus un instant, réfléchissant intensément. Est-ce que je regrettais ?Mon aventure, mes amitiés, mes découvertes... Sortant ce sourire si particulier que je lui réservais, je répondis, taquine :...