➰ Chapitre 1 ➰

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➰ Chapitre 1 ➰






L'encre a bavé, de belles gouttelettes sont venues se déposées sur la page que je détruis petit à petit. Sous les coups de mes nombreuses ratures, de mes nombreux pâtés, de mes chiffres écrits, quelque peu illisible,des calculs s'entassent, des réflexions sur cet exercice horrible de mathématiques se forment. Je cherche juste un petit échappatoire. Ma main gauche se dirige délicatement vers ma chaîne Hi-Fi, tandis que ma main droite continue à raturer les erreurs idiotes que j'ai commis lors de mon calcul. Mon index sélectionne le bouton« On/Off », ma chaîne émet un petit bruit de disque. Je glisse mon doigt le long des touches et j'atteins la touche« Source ». Toujours plongée dans mon exercice sur les vecteurs, je choisis le mode « IPod » et je laisse la musique me transporter lorsque j'ai enfin placé le point final à mon exercice périlleux. Lorsque je ferme enfin ce cahier rempli de supplices, une larme dévale ma joue. Je repense à ma journée horrible. Affreuse. Tout avait pourtant bien commencé mais tout s'est tellement mal terminé. Comme quoi un simple mot et tout change, je suis sûre que demain sera meilleur. Je me lève difficilement de mon lit et de mes pas lents, je descend tranquillement mes escaliers. Seule dans cette maison. Lentement, je me dirige vers la table du salon, où j'y est laissé mon téléphone. Je l'attrape et retourne dans ma chambre à ma vitesse. Tout en allant vers ma chambre, je l'allume d'un seul geste et je constate que j'ai de nombreux messages, dont quelques uns de la personne qui m'a gâché ma journée. Je lâche mon téléphone, prise d'un saut d'humeur. La colère m'envahit. J'entends mon téléphone s'écraser au sol. Je continue mon avancée et le laisse dévaler les escaliers. Je me réfugie là où est ma place, au sein de ma chambre. Ma porte se claque. Et je suis enfin dans ma bulle, dans mon environnement. La musique de « The Fray » passe au moment où je m'adosse contre ma porte et me laisse glisser vers le sol. Tout les souvenirs de cette désastreuse journée remonte dans ma tête. Les larmes reviennent, plus fortes que les précédentes, un torrent coule le long de mes deux joues, je laisse faire. Même si cela me met mal, j'affronte ce que mon organisme veut laisser exprimer, je me force à arrêter de pleurer. Mon cœur se déchire. J'ai besoin d'écrire. De griffonner mes mots, mes pressenties, mes peurs. Je rampe difficilement jusqu'à ce qui me sert de carnet. Ce carnet qui m'a accompagner durant des années et des années. Je tourne les pages de mon passé, de ceux que j'aimais, je me rappelle de mes années au lycée, ces années où je croyais que la vie était une atroce chose. Je me ressasse mes pires instants aux côtés de ceux que je qualifiais d'ami. Les beaux instants viennent me sauver de l'enfer précédent. Je prends un stylo non loin de mon carnet. Le dé-bouchonne. Je ramène le carnet jusqu'à mon petit coin de paradis, je m'assieds confortablement, et je commence à écrire sur une toute nouvelle page. « Cher journal, tu m'as vue grandir et aujourd'hui, je ressasse le passé. Te rappelles-tu de ce cher et tendre meilleur ami qui me préoccupe tant, Tom, il est toujours à mes côtés, me tape sur les nerfs mais me rends heureuse, il sculpte de sublimes sourires sur mon visage effondré par la dure vie qui m'entoure. Il y a toujours ma superbe meilleure amie, Emma, toujours à mes côtés celle là, après 10 ans, elle ne m'a toujours pas laissé cette énergumène. Mais qu'est ce que ces deux êtres humains peuvent me rendre heureuse. Venons en au sujet qui m'attriste... Aujourd'hui, j'ai appris que mes parents avaient rejoins le ciel. Je n'ai plus de chance. Elle m'a quittée cette chance que j'avais tout le temps auparavant. Tu te rappelles du triste départ de ma sœur... Je me retrouve seule face à ce monde qui m'est inconnu. Personne ne le sait. Seulement moi. Tout le monde autour de moi m'a laissé, abandonné, j'ouvre les yeux sur ce qui m'attends. J'ai sans doute besoin d'un peu de rêves. Je sais que mes deux amis seront là quoi qu'il arrive, mais je ne sais pas.. Je ne veux pas leur en parler... Pour une fois, je veux affronter cela seule. Pour eux, ma sœur est à l'étranger comme elle l'aurait toujours souhaiter. Elle me regarde sans doute du haut de son ciel, a été rejointe par nos parents et eux aussi espère me voir heureuse. J'aurais tellement aimé les revoir. Moi qui ne leur avait jamais dit à quel point je les aimais. Et pourtant qu'est ce que je les aimais. Pour me rappeler leur présence, il reste Olympe. Ce cher Olympe, mon poney de toujours, âgé aujourd'hui de 19 ans... Il reste avec moi et me soutient dans les sourires et les larmes. Cette journée a été saccagé, pourtant je souriais... Je dois maintenant faire face aux remords et avancer tête haute, seule dans ce difficile périple. Un enterrement à organiser et un tas de papier à remplir... C'est ce qui m'attends.. Je veux encore rester dans ma bulle... Quelques secondes de plus...» Lorsque que j'écris enfin le point final, des larmes m'envahissent. Je me demande pourquoi je n'ai pas eu de chance. Je lâche violemment mon carnet et mon stylo. Je me lève et décide de monter la musique au maximum, je prends mes deux mains, je me bouche les oreilles afin d'éviter de finir sourde aujourd'hui. Je descends les escaliers telle une furie. Je croise mon téléphone du regard. Je marche dessus afin d'anéantir encore plus la vitre de l'écran. Cet écran qui a détruit la vie. Quelques éclats de l'écran se déposent au sol, les fragments de mon passé détruits... Sur le bureau situé à côté de l'escalier, je décide de prendre mon fixe. Je compose le numéro de Tom en suppliant les astres pour que ce dernier me réponde. Au bout de la troisième sonnerie il décroche enfin. Sous son ton sombre, je suppose qu'il ne va pas bien. Quelques questions plus tard et il me dévoile que rien ne va, qu'il n'arrive plus à supporter les gens autour de lui. On conclue notre appel téléphonique par un '' Bye, à demain'', ce qui me laisse sous entendre sa venue prochaine. Tout en re-déposant le téléphone sur son socle, je repense à l'instant de cette journée où tout à basculer. Où cette journée ensoleillée a tourné au cauchemar. Au cauchemar sans issue.
























Utopie.Where stories live. Discover now