- Ayame ! hurla ma mère du salon.
- Tu as reçu la réponse du Conseil ! renchérit mon père en criant.
Je m'empressais de me lever de mon lit et sortis de ma chambre, fonçant dans la pièce commune en évitant de tomber dans les escaliers.
- Alors ? Mon dominant est une femme ou un homme ? demandais-je essoufflée.
Mes parents étaient assis sur le canapé. L'enveloppe de la lettre était déchirée, au sol, et ma mère tenait la lettre de ses mains tremblantes.
- C'est un homme, me sourirent-ils.
Pendant un moment précis, je fus heureuse. Heureuse de savoir que mon dominant était un homme. Je savais à présent que je n'avais plus à m'en faire à ce sujet-là, même si je ne connaissais rien de lui. Je le rencontrerais sûrement bientôt.
- Tu as un rendez-vous avec lui, plus tard dans l'après-midi, me sourit ma mère.
- Je te conduirais au café, où il t'attendra, poursuivit mon père.
- Aujourd'hui ? demandais-je incrédule.
- Bien-sûr. Vous devez mettre des choses au clair, pour que vous sachiez à quoi vous attendre quand vous vivrez ensemble, m'expliqua ma mère d'une voix qui se voulu calme.
- Alors je vais me préparer.Je filais directement dans la chambre, une boule de stress était désormais présente au fond de mon ventre. J'avais peur. J'étais anxieuse et en même temps surexcitée de le rencontrer si tôt. Tout se bousculait dans mon esprit à peine réveillé. Je trouvais quand même cela injuste qu'il ait pu voir une photo de moi. Comment pourrais-je le reconnaître au lieu du rendez-vous ? Et lui me reconnaîtra-t-il ? Évidemment. J'en suis persuadée. Je me regardais dans le miroir quand ma mère entra dans ma chambre. Je pris une respiration irrégulière lorsqu'elle vérifia mon maquillage, ma coiffure, et ma tenue, mais elle sourit. J'étais prête physiquement mais sûrement pas mentalement. Que va-t-il penser de moi ? Sera-t-il gentil ? Je ne sais pas.
- Tu es splendide, murmura ma mère en m'embrassant.
- Ayame ? Tu es prête ? demanda mon père depuis le salon.
- J'arrive ! criais-je.
Ma mère me prit une dernière fois dans ses bras, m'embrassant encore le front.
- Ne t'inquiètes pas. Souviens-toi de tout ce que je t'ai appris, ça va bien se passer, me dit-elle avec un grand sourire.
- Hm, marmonnais-je peu convaincue.
- Tu n'es pas ma fille pour rien, sourit-elle. Tu as un sang royal, le sang royal de ton clan.
- Oui, je ne te décevrai pas.
- Bon, je pense que vous pouvez y aller.
Elle posa ses lèvres maquillées sur ma joue, puis me souhaita bonne chance. Je sortis lentement de la villa, inquiète, et mon père me conduit jusqu'au café.
- Voilà, c'est ici. Il t'attend à l'intérieur, m'informa mon père.
- Je- Bon, je me lance..., bafouillais-je.
- Vas-y, ne le fait pas trop patienter. Je t'attendrais là.Je soufflais un bon coup en descendant du véhicule, laissant mes joues se heurter au frais de la fin du mois d'Octobre. Mon rythme cardiaque augmentait au fur et à mesure que je me rapprochais du bâtiment, beaucoup trop anxieuse pour ne pas avoir une expression constipée. Je poussais lentement la porte en avant, et la chaleur du café réchauffa mes joues rosies. Ça changeait du froid et de la pluie quotidienne. L'endroit n'était pas bondé de monde, ce qui me rassura. Quelques serveuses s'étaient retournées en entendant la clochette de mon entrée et un barman m'accueillit chaleureusement. Mon regard s'arrêta sur un jeune homme au coin du restaurant, appuyé contre la fenêtre. Il avait des cheveux bruns mi longs et raides, cachés par une vulgaire capuche de sweat. Ses yeux félins et dorés se posèrent sur moi. Son visage m'était réellement familier. Il me fixait, pendant que j'observais un triangle vide, encore rougit, tatoué sur sa main droite. Je baissais les yeux sur mes converses en comprenant que c'était un soumis. Une voix rauque et sombre se fit entendre.
- Miyato ?
Je me retournais face à l'homme qui avait prononcé mon nom de famille. Il était grand et plutôt imposant. J'avais l'air d'un moustique à côté de sa large carrure.
- C'est bien moi, dis-je en voulant que ma voix soit ferme.
- Tu connais ce soumis ? demanda-t-il en jetant un coup d'œil vif au jeune homme recroquevillé contre la fenêtre du café.
- Non, excusez-moi, répondais-je simplement.
- J'espère que son dominant le punira pour ses regards déplacés, ou je m'en chargerais, dit-il sévèrement.
- Excusez-moi. Il pensait sûrement que je serais la femme qu'il attend, essayais-je de rétorquer.
- J'ai vu que ton père attendait dans sa voiture, alors ne tardons pas, dit-il en levant les yeux au ciel.
- Bien.
J'hochais la tête et le suivis silencieusement. Nous nous installons à une table, loin des regards inconnus. Je le suivais en le détaillant indiscrètement. Il avait une carrure si imposante, j'étais si petite face à lui. Alors c'était vraiment lui mon dominant ? Je m'installais en silence face à lui, et il semblait me scrutait de ses yeux affamés.
- Tu vas me faire une liste de tout ce que tu aimes manger, je ne voudrais pas te cuisiner un plat que tu n'aimes pas.
Sans lui répondre, je fixais son haut à manches longues. Il devait être très musclé, on ne le devinait rien qu'en regardant comment le tissu épousait la forme de ses épaules.
- Mes yeux sont plus hauts, dit-il en claquant ses doigts devant mon visage.
- Euh. Oui. Désolé, répliquais-je gênée.
- Regardes-moi dans les yeux quand je te parle.
Je fixais désormais ses magnifiques yeux d'or.
- Oui, je le ferai, dis-je intimidée.
- Ne laisse juste plus cela se reproduire, sourit-il gentiment.
Il sortit une grosse enveloppe en papier kraft de son manteau noir, pendu sur sa chaise, et la posa sur la table.
- Prends. Tu vas devoir remplir les documents que contient cette enveloppe. Tu dois y écrire ce tu aimes, ou même ce que tu n'aimes pas. En fait, toutes les choses qui te concernent.
- D'accord.
- Tes parents devront remplir cette fiche avec toi, ou pas. En fait ça n'a aucune importance, dit-il en haussant les épaules.
Il sortit une seconde enveloppe, mais celle-ci était de couleur rouge.
- En revanche, cette fiche tu la rempliras seule. Tu devras répondre au questionnaire pour que je sache si tu as un quelconque problème féminin, ou des problèmes plus personnels. Mais nous en reparlerons quand nous serons seuls.
- Bien, Monsieur.
- Monsieur ? J'aurais préféré que tu m'appelles autrement... Nous réviserons les règles ensemble, plus tard.
- Oh...
- Par contre, hésita-t-il, j'ai moi-même fait le questionnaire. Alors ne sois pas choquée, ni même gênée par les questions, et réponds-y franchement. Je ne voudrais pas qu'il y ait de malentendu entre nous.
- Très bien, je répondrais à toutes vos questions en toute franchise. Mais si vous n'aimez pas que je vous appelle monsieur, alors comment dois-je vous appeler ? demandais-je timidement.
- Appelle-moi Bokuto, pour le moment, sourit-il. Tu peux t'en aller maintenant si tu le souhaites.
- Ne le prenez pas en mal, mais mon père m'attend alors je ne vais pas plus tarder, m'excusais-je en m'inclinant.
Je me levais en constatent que le café dans lequel nous nous trouvions était à présent bondé de gens. Je me retournais vers Bokuto pour le saluer de la main, et j'obtins en retour un hochement de tête approbateur.J'étais, soudainement, très excitée de rentrer chez moi et de répondre au questionnaire. Je m'installais dans la voiture en une fraction de seconde, et mon père démarra le véhicule sans tarder. Je savais qu'il voulait me poser des questions, alors je décidais de lui raconter comment s'était passé mon entrevue avec mon dominant.
- Il s'appelle Bokuto, dis-je en me tournant vers mon père.
- Il est gentil au moins ? As-tu eu une bonne impression ? me questionna-t-il visiblement joyeux.
- Il est très intimidant, alors je ne sais pas vraiment s'il est gentil. Il m'a donné ceci, dis-je en lui montrant les documents qui devaient être remis à lui et ma mère.
Je gardais précieusement le questionnaire de l'enveloppe rouge hors de sa vue.
- Vous devez répondre aux questions avec maman, ça concerne ma santé, mes allergies et tout le reste.
- Bien, nous la remplirons en rentrant.
- Quand est-ce que je vais vivre avec lui ? demandais-je en redoutant la réponse.
- Deux semaines. Le temps que tu fasses tes affaires et que tu acceptes ce changement.
- Deux semaines seulement ? Mais c'est trop tôt, je ne le connais même pas ! dis-je paniquée.
- Détends-toi Ayame. Cela fait partie du règlement établi par le Conseil, et nous devons respecter ces règles, d'accord ?
- Oui, répondais-je en m'avouant vaincue.
Il gara la voiture devant le portail de notre grande maison, et éteignit le moteur. Je me dépêchais d'ouvrir la portière et de sortir, respirant l'air frais du début de soirée. Je pris une grande inspiration, j'étais plus ou moins en colère. Je ne voulais pas partir si tôt de chez mes parents. Une fois que le soumis emménage avec son dominant, il y reste, et ne peut voir sa famille seulement si le dominant accepte. C'est à un tel point horrible de rester loin des gens que nous aimons que je ne pourrais jamais accepter d'aimer la personne qui aura brisé ce lien.
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Bokuto est un dominant - Haikyū!!
FanfictionDans une société dirigée par les lois dominant/soumis, Ayame Miyato fête ses 16 ans. Un moment redouté par les adolescents de son âge, qui vont entrer dans le monde des adultes. Kôtarô Bokuto, un jeune homme connu pour être un des meilleurs parti de...