Aujourd'hui on parle des gens comme nous tous wattpadiens ! Les schizophrènes ! ________________________________________________________
Les plaintes dans un commissariat de quartier c'est formateur mais très ennuyeux, pour un jeune policier affecté à l'investigation. On écoute la misère du monde. On tape des plaintes à longueur de journée. On garde les enquêtes les moins passionnantes et on doit laisser les plus croustillantes à la DPJ. C'est ça les consignes.
Un flic ça aime pas laisser ses enquêtes à un autre. Alors, des fois, on oublie de shooter à la DPJ et on enquête soi-même. Et on trouve le voleur et on se fait enguirlander par le patron de la DPJ. Mais on voit un léger sourire sur ses lèvres lors de l'engueulade et deux semaines après, il tombe sur votre bureau un télégramme pour assister à un stage de découverte de la procédure judiciaire à la Division de Police Judiciaire.
Voilà ce qui arrive à ce flic qui n'a pas voulu shooter.
Lundi matin 19 janvier 1998. Une chape de froid s'est abattue sur Paris. Les rues sont tristes et froides. La ville est assoupie. Les voleurs sont aux sports d'hivers et les flics désabusés. Mais moi, je suis en stage... à la DPJ. Le Saint des Saints. Un groupe d'enquête. Personne ne m'cause mais je m'en fous, j'suis heureux. (NDA :la joie d'être solo x)
Je suis assis à un bureau et je feuillette les procédures en cours d'enquête. Vols fausses qualités, escroqueries en bandes organisées, trafic de voitures, trafic de stups(NDA : c'est bien la drogue x) , vols à main armée. Des mots à faire rêver un flic de quartier . Les grosses affaires , les belles affaires , les beaux mecs c'est ceux-là qui sont serrés par les DPJ.
-Bon alors, tu jettes un œil aux PV et puis s'il y a quelque chose qui bouge on vient te chercher
Voilà des premiers mots que j'entends de la bouche du chef du groupe VP(voie publique). C'est pas folichon mais bon... j'suis à la DPJ. Alors je potasse, 01 heure, 02 heures... Bon... c'est un peu chiant mais... j'suis à la DPJ. Le temps s'allonge et les procédures je commence à les connaître par cœur, lorsque la taulière(la chef) arrive et me lance :
- Y sont où ?
- Heu... ben je sais pas
- Et vous, vous êtes qui ?
- Le stagiaire du commissariat de quartier !
- Ha ok. Bon vous allez me chercher le chef du groupe Crim et vous lui dites de m'appeler. On vient de trouver le cadavre d'un médecin, dans sa villa, avenue d'Italie. On se retrouve là-bas
- Heu... d'ac et... J'peux v'nir avec vous ?(NDA: s'il vous plait <3)
- Avec moi, non, mais voyez ça avec le chef de groupeElle disparaît aussi vite qu'elle est venue, et me voilà à errer dans les couloirs à la recherche du groupe Crim. Un bureau, un collègue en train de bécaner .
- Pardon, vous savez où c'est le groupe Crim ?
- C'est ici, mon gars. J'suis le commandant du groupe et t'es qui toi ?
- Le stagiaire du Ciat de quartier. La patronne, elle dit qu'y'aurait un mort avenue d'Italie. Elle veut que vous alliez là-bas. Elle vous attends. J'peux v'nir avec vous Commandant ?
- Ok, viens. On appelle le reste du groupe et on va voir çaEnfin de l'action j'ai du mal à y croire. Je me retrouve sur le siège arrière d'une voiture. Sirène hurlante. Les pneus ripent sur le sol gelé. Je me cramponne. Au loin des gyrophares en pagaille. On arrive sur place. La patronne est déjà là et discute avec le Procureur.
- Vous gardez ou je saisis la Crim ? demande ce dernier
Un regard du Commissaire vers le chef de groupe, un léger signe de tête
- On garde l'affaire Monsieur le Procureur, avec votre autorisation , répond la CommissaireUne pression sur l'épaule, et la voix du Commandant :
- Allez p'tit, c'est à nous de jouer
Une villa cossue comme il en existe quelques-unes dans Paris. Un intérieur tout juste soigné. Un grand salon, un canapé défraîchi et un corps, allongé le crâne enfoncé. Du sang sur les murs, du sang sur le sol. Un homicide. Un assassinat. Un meurtre. Ces mots raisonnent dans mon crâne. Je suis sur une affaire de meurtre. Photos, pompiers, constatations.- C'est familial , lance le chef de groupe. Passez-moi cette maison au peigne fin je veux tout savoir
- Le stagiaire ! Avec moi on se fait les papiers de la victime. Vu qu'elle souffrait d'un TOC de vérification, on en a pour la journéeEffectivement sur la table du salon se trouve éparpillé une quantité phénoménale de papiers, enveloppes, reçus de cartes bleues, prospectus et lettres en tout genre. On sentait, à la lecture des documents, que cette femme divorcée avait deux enfants. Deux garçons. Mais il nous semblait également que la trace d'un des deux avait été effacée. Des cadres sans leurs photos, des photos déchirées, des mots rayés sur des courriers. Deux fils. Deux enfants. Un étudiant dans le sud de la France et l'autre... que nous ne trouvions sur aucun document sauf... une adresse sur l'angle d'une enveloppe.
- Envoyez une équipe là-bas. Qu'ils fassent attention, le type que l'on cherche y est peut être
Une heure d'attente et un message radio : C'est bon on a le second fils. Il était prostré dans sa chambre. Il a jeté ses vêtements dans la Seine, il tient des propos décousus de sens. On le ramène au service faut voir un médecin .
Nous avions juste eu le temps d'une première audition avant qu'il ne voit le médecin et il nous avait dit : Elle n'avait pas le droit de bloquer ma carte bleue, c'est pas moi c'est mon frère qui a dépensé tout son argent .
Schizophrénie fut le diagnostic du docteur.
- Si c'est son second fils qui l'a tué alors... Elle aura la tête coupée , avait déclaré le psychiatre de la famille que nous avions joint par téléphone.
- Sa tête était presque coupée. Il avait commencé à lui couper les mains , indique le rapport de l'OPJ ayant assisté à l'autopsie.C'était un matin frileux de Paris. Un premier pas... à la DPJ.
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Tête coupée et schizophrène parfait tous ça !
A+
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[OS] les folles aventure d'un policier
No FicciónLa schizophrénie, le whisky, la mort, le viol, tintin... Tous ces mots ont bien un point commun ! Le monde fous de la police ! Ce livre regroupe plusieurs histoires vécu par un homme, mon père ! Toutes ces histoires sont vrais ;)