# XXVII. Tu es méchant avec moi
- András ? m'appelle quelqu'un.
Qui c'est encore ? Tout le monde à décider de me faire chier aujourd'hui, c'est ça ? Et l'autre con qui revient alors qu'il savait très bien que je ne voulais plus voir sa face de merde. Journée de merde. Je n'ose même pas relever la tête pour voir qui m'a appelé. J'ai l'air tellement pathétique. A chialer comme un gosse. Comme le gosse que j'étais avec mes parents. Normalement, quand je suis dans cet état, seul un bon cachet résout tous les problèmes ou alors Yann. Mais ce soir, je ne peux pas l'appeler. Il est avec sa chérie, au cinéma... J'ai perdu mon meilleur pote putain. J'ai envie de crever. Finalement, je prends la peine de regarder cette personne.
- Calum ? Qu'est-ce que tu fais là ? demandai-je doucement.
- Je suis venu aider mon ami, affirme-t-il sûr de lui.
Ami ? Moi ? J'ai du mal à le croire. Je ne pensais pas qu'il allait venir me revoir de sitôt. J'ai bien aimé l'embrasser. Il était tellement mignon, tout seul sur le trottoir. J'ai toujours aimé les mecs mignons et surtout au visage innocent. Comme Maxime. Maxime était beau. Je n'arrive pas à le faire disparaître complètement de mon esprit. C'est lui que j'ai aimé en premier... C'est lui qui m'a montré ce qu'était l'amour... Je suis minable. Les larmes coulent toujours le long de mon visage. Sans rien dire, Calum s'assoit à ma droite.
- T'en as encore fait qu'à ta tête toi, lâchai-je.
- Pourquoi ? demande-t-il.
- Je t'avais dit de pas revenir ici. T'attires tout le monde avec ton beau petit cul.
- Beau... petit cul ? répète-t-il.
- Oh oui t'as un beau petit cul et c'est un pro dans le domaine qui te le dit. On ne voit que ça quand on te regarde.
- Mais... je voulais venir te voir...
- Ça je m'en doutais mais ce n'est pas une raison. J'aurai dû te passer mon numéro de portable au moins, j'aurais veillé sur toi. Tu vois, quand je t'ai parlé pendant le carnaval, je t'ai raconté ma première fois, tu t'en souviens ?
- Oui pourquoi ?
- Réfléchis bien à ce que je t'ai dit. C'était pas des conneries. Ne fais pas les mêmes erreurs stupides que moi.
Il ne dit plus rien. Je sais qu'il n'est pas con. Il a conscience de tout ça mais un accident est vite arrivé. Depuis qu'il est arrivé, je me suis détendu. J'ai réussi à oublier ce qu'il vient de se passer. Il est comme une drogue, mais légale. Dans la poche arrière de mon jean, je sors mon paquet de cigarette quasiment vide. Fais chier. Il ne m'en reste plus que deux. J'en allume une et commence à fumer tranquillement.
Je me relève, bien décidé à partir. J'ai besoin de me détendre. Il a fallu de quelques secondes pour que ça recommence. J'espère seulement que Maxime n'a rien raconté à Gaël. Calum se lève aussi et me regarde avec plein d'interrogation. Toi non plus tu ne comprends rien, je ne suis pas prêt à tout te raconter. Sinon, tu ne voudras plus jamais me parler et, même si cela peut paraître étonnant par rapport à ce que je racontais il y a quelques jours, je ne veux pas me séparer de lui, de sa bonne humeur contagieuse.
Je reprends ma route sans prêter attention à Calum. Je le connais le petit. Curieux comme il est, il va me suivre. De toute façon, il a plutôt intérêt. Je ne laisse pas ici pour qu'il se fasse bouffer le cul. Je continue de fumer ma cigarette qui s'est malheureusement pour moi consumé beaucoup trop rapidement. Je n'ai même pas pu en profiter. Comme je m'y attendais, Calum se précipite vers moi.
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La colère n'est pas rouge [boyxboy]
RomanceLa colère cache souvent la douleur. András est souvent en colère mais souffre, sans que personne ne puisse faire quoique ce soit pour lui.