Je ne suis pas française. Je ne suis pas marocaine. Je ne suis pas espagnole. Je ne suis pas italienne. Je ne suis pas belge... Je ne suis pas étrangère. Je ne suis pas clandestine. Je ne suis pas immigrée.
Je ne suis pas chrétienne. Je ne suis pas juive. Je ne suis pas musulmane. Je ne suis pas orthodoxe. Je ne suis pas protestante. Je ne suis pas athée. Je ne suis pas animiste.
Je ne suis pas homme ou femme d'affaires. Je ne suis pas diplômée. Je ne suis pas en recherche d'emploi. Je ne suis pas au chômage. Je ne suis pas salariée. Je ne suis pas fonctionnaire, je ne suis pas ouvrière, je ne suis pas agricultrice.
Je ne suis pas étudiante. Je ne suis pas lycéenne. Je ne suis pas collégienne.
Je ne suis pas une personne âgée. Je ne suis pas père ou mère de famille. Je ne suis pas adolescente. Je ne suis pas une jeune. Je ne suis pas une enfant.
Je ne suis pas de droite. Je ne suis pas de gauche. Je ne suis pas du centre. Je ne suis pas anarchiste. Je ne suis pas homme politique ou femme politique.
Je ne suis pas majeure. Je ne suis pas mineure.
Suis-je perdue ? Suis-je rien ? Derrière toutes les possibilités pour « devenir quelqu'un », que l'humain a inventé depuis la nuit des temps, évoluant de générations en générations, il y a une vérité, que l'on a tendance à beaucoup trop oublier.
Je suis un être humain.
Mais alors, qu'est-ce que l'humain a t-il bien pu oublier là dedans ? Que cache t-il, derrière sa pub permanente, son tris de l'information incessant, sa vérité cachée aux pays voisins ?
Je peux dire :
je ne suis pas pauvre. Je ne suis pas riche. Je ne suis pas d'un milieu aisé.
Je ne suis pas habitante d'un pays en guerre. Je ne suis pas habitante d'un pays en paix.
Malheureusement tous ces fléaux font que l'être humain s'efface derrière des classes sociales, des noms de pays. L'être humain est trié au gré des frontières. L'être humain subit les inventions de d'autres êtres humains. Il est « de ce ce pays en difficulté ». Il est « de cette religion dangereuse ». Il est « trop jeune », « trop vieux ». Il est « d'ailleurs, étranger ».
Bannière étrangère. Je suis du monde. Je suis un être humain. Capable d'aimer et de détester.
Bannière étrangère : mon drapeau porte la couleur magnifique des drapeaux du monde entier, parce que le pays qui l'a vu naître est entouré de d'autres pays, qui contiennent d'autres êtres humains, qui pensent la même chose. Parce que tout autour de moi, à des kilomètres et des kilomètres, il y a le malheur, la pauvreté, la guerre, la mort, la puanteur des poubelles, la peur des populations sous régime autoritaire.
Bannière étrangère : mon drapeau est de la couleur universelle du monde entier, il englobe chaque humain dans sa vie, et pour ce qu'il est avant tout : un cœur, une âme, des yeux, des bras, des jambes, la possibilité de mettre au monde. Malheureusement, l'être humain a la possibilité de tuer.
Je ne cautionne pas cela.
Bannière étrangère : drapeau qui a ces valeurs humaines de respect de l'autre, de remise en question, d'échanges pacifistes, de tolérance. Mon drapeau n'est pas visible, il est dans l'invisible résidant de mon cœur, et dans la matière, il est toutes actions, toutes paroles retranscrites, qui feront que je porterai loin ces valeurs qui mènent à la paix, à l'amour, à l'égalité.
Certains me diront « que ceci est trop facile à dire, que dans la vie, cela n'est pas aussi simple, ça ne se passe pas comme ça. »
Au final seul les gens qui tenteront de m'entendre et de me comprendre commenceront à sentir en eux la bannière étrangère.
Parce qu'elle n'a pas d'Histoire, à par celle de l'être humain, qui remonte à la création du monde, discutée entre croyants et non-croyants. Discutée, et non disputée. Nous ne sommes pas sur un ring de box. Question religion, je suis la tolérance, la discussion ouverte, le débat ouvert aux opinions divergentes, je ne suis pas autoritaire, et je me souviens que mon but dans la vie est de faire respecter la dignité humaine.
Bannière étrangère : Elle appelle d'abord à s'aimer et se respecter par l'amour que Dieu nous a permis de donner. Et si d'autres disent qu'ils ne croient pas, elle appelle à la dignité humaine. « Offre à chaque humain sa chance de faire briller la paix par la puissance de son cœur, et à éteindre la haine qui nous divise et qui nous tue, par la puissance de nos armes. Le feu vient de ceux et de celles qui se bouchent les oreilles, autant que de ceux et de celles qui détiennent les armes. »
Et si tu te demandes tout de même qui tu es, imagine toi plusieurs pots de peintures allignés, plusieurs pinceaux à ta portée, un traiteau sur lequel sont posées plusieurs toiles blanches. Imagine toi prendre n'importe lequel des pinceaux, le tremper dans n'importe lequel des pots et le faire glisser sur la toile. Et tente de comprendre : tu as la main. Tu est celui qui peint. Profites-en tant que personne ne t'a coupé les poils de ton pinceaux. Profites-en tant que personne n'est venu trouer ta toile, et profites-en encore tant que persone n'est venu vider tes pots, en verser le contenu un peu partout sur le sol.
Car certains aimeraient être peintre de leur tableau. Certains aimeraient reprendre le contrôle de leur art, mais le chemin, par bien des causes, est semé d'embuches plus dures les unes que les autres.
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Mots mêlés
PoésieBienvenue à celles et ceux qui aiment lire de la poésie, des textes en prose, des courtes réflexions sur des sujets divers et variés ! Bonne lecture, bon voyage ! :)