# XXXVII. Le marché

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# XXXVII. Le marché

- Calum ! Où est-ce que tu vas ? m'exclamé-je en essayant de le rattraper. Cal ! Arrête-toi ! Faut qu'on parle ! Pourquoi tu pars !? Je suis là !

Il ne s'arrête pas, ne se retourne pas, m'ignore totalement. Pourquoi il est parti comme ça alors que je viens d'arriver ? Je n'ai pas fait exprès de m'endormir, je voulais vraiment venir pour lui parler. Pour lui parler de moi. Je sais que j'ai mis du temps avant de me décider à vouloir lui avouer une partie de mon passé mais maintenant que je me suis décidé, il me fuit. Je n'ai pas envie de lui courir après. Je ne sais pas courir, sûrement à cause de tout le tabac qui passe dans mes poumons depuis cinq ans.

Il n'est plus dans mon champ de vision depuis un petit moment et je ne sais absolument pas quoi faire. Sois j'essaie de le chercher, sois j'abandonne et décide de m'en occuper plus tard. Peut-être que je me fais du souci pour rien et qu'il a sûrement eu l'appel de quelqu'un. Fais chier. Je n'ai plus qu'à rentrer chez moi et à... je n'ai plus rien à faire depuis que le bar a fermé. Je n'ai plus de boulot, plus de détente. Il ne me reste plus que Calum. Enfin, c'est ce que je croyais avant d'arriver ici.

Je commence à faire demi-tour, les yeux rivés vers le sol. Je ne peux même pas appeler Yann, il est avec Estelle. Une bonne soirée en perspective. Je vais rester à me morfondre à l'appartement, flemme d'aller dans un autre bar. Et puis, ça me rappellera toujours ce qui s'est passé avec Nath.

Je relève la tête au moment où je croise deux paires de jambes. J'écoute d'une oreille, leur discussion :

- A qui tu as parlé quand je suis rentré ?

- Le nouveau mec d'András.

- Tu lui as raconté quoi ?

Je relève immédiatement la tête et les regarde. Max. Gaël. C'est lui putain, c'est de sa faute. L'enfoiré. Il lui a tout raconté. Il n'y a pas d'autres explications. Ils m'ont vu et ce sont également arrêtés. J'annonce sans lâcher Max du regard :

- Sale enfoiré, tu lui as tout raconté hein ? T'es vraiment un connard.

- András, qu'est-ce que tu fais là ? demande-t-il innocemment.

- J'avais rendez-vous avec mon copain, si je peux encore l'appeler comme ça. Mais à cause de toi, il est parti ! m'emporté-je. Pourquoi tu lui as raconté ?! Qu'est-ce que tu lui as dit ?!

- La vérité András. Tu ne peux pas lui mentir éternellement.

- Je ne lui mentais pas ! m'exclamé-je en l'attrapant par le col.

Gaël essaie de m'arrêter mais je ne relâche pas Max. Il a peur. Il a bien raison d'avoir peur. Je n'ai pas oublié ce regard. Il ne disparaitra pas de mon esprit. Jamais. Comme le sang sur ton visage. Je veux oublier. Je regrette toujours autant. Cal.

- Tu n'avais pas à lui raconter ça ! C'était à moi de le faire ! T'as voulu dégager de ma vie donc dégage totalement ! Viens pas me faire chier ! C'est ma vie ! Pas la tienne ! Je suppose que t'as pas raconté à Gaël ce que t'as subi hein ? T'as bien enterré cette partie de ta vie où tu étais tellement amoureux de moi que tu te laissais faire ! Tu ne peux pas nier que tu m'aimais ! Je sais ce que j'ai fait, j'en ai conscience et putain, je regrette tellement ! Mais c'est de ta faute, continué-je toujours aussi violemment. Tu...

Je suis coupé par un poing qui atterri violemment dans mon visage, près de mon œil. Je relâche Max et Gaël, l'auteur de cette magnifique frappe, l'attire vers lui. Max pleure. Ce n'est pas la première fois que je vois de l'humidité sur son visage. Gaël protège Max. Pas comme moi. Il m'a fait mal ce con.

La colère n'est pas rouge [boyxboy]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant