Je me suis réveillée en sentant une odeur de viande grillée, me redressant difficilement sur mes deux bras. Bokuto devait être à la cuisine, en train de me préparer un délicieux petit-déjeuner. Je me suis vite levée pour descendre le rejoindre, poussant la porte battante de la pièce pour y trouver son ami.
- Akaashi ? demandais-je sans pouvoir cacher ma surprise.
- Oui, sourit-il gentiment. J'espère que tu as faim !
- Euh, oui ? supposais-je.
- Bokuto reviendra bientôt.
- Tu sais où est-il ?
- Oui, un rendez-vous important avec le Conseil.
La veille avait été une grande surprise pour moi. Lorsque Bokuto m'avait avoué son accord pour dominer ma soumission, mon cœur s'était mis à battre à tout rompre. Je ne m'étais jamais sentie si libre et en même temps si interdite. Je ne voulais pas décevoir mon clan. Qu'est-ce que ma mère dirait en apprenant tout ça ?
- Tu vas mieux ? me demanda Akaashi en remplissant mon assiette.
- Oui, merci Akaashi.
- Qu'est-ce qui te perturbait autant ?
- Rien... hésitais-je, c'est juste que j'ai surpris votre discussion hier.
- Oh, lâcha-t-il comme seule réponse.
- Je suis vraiment désolée, m'empressais-je. Je ne voulais pas-
- Ce n'est rien, sourit-il. Il fallait bien que tu le saches tôt ou tard.
- Où est-il passé ? demandais-je indiscrète.
- C'est une longue histoire... ria Akaashi d'un air gêné.
- J'ai tout mon temps.
- Fukurodani a une soif de pouvoir incontrôlable depuis que Yukie et Bokuto sont les dominants chefs.
- J'ai cru comprendre... murmurais-je.
- J'essaie du mieux que je peux pour aider Bokuto à modérer ses désirs de contrôle mais je ne suis pas comme eux... souffla-t-il.
- Tu n'es pas un dominant par nature, tu ne peux pas être comme eux.
- Comment sais-tu que je ne suis pas un dominant par nature ? demanda-t-il en s'asseyant face à moi.
- Tes yeux ne sont jamais animés par cette lueur de domination et tu es plutôt calme.Akaashi ne pouvait pas s'empêcher de sourire, baissant les yeux sur ses mains qui s'entremêlaient entre elles. Je ne savais plus vraiment comment m'adresser à lui, je n'avais jamais vu un dominant baisser les yeux. Le garçon dû s'en rendre compte, car il se redressa d'un bond et planta son regard dans le mien.
- Bokuto m'a expliqué la signification des iris des dominants, expliquais-je. Pourquoi les soumis n'ont-ils pas de particularités physiques, eux aussi ?
- Je ne sais pas vraiment... Peut-être que les soumis sont censés pouvoir calmer cette ardeur sauvage.
- Tu n'es pas sauvage, toi... chuchotais-je.
- C'est gentil.
- Pourquoi n'es-tu pas comme les autres dominants ? demandais-je timidement. Je te trouve beaucoup trop réfléchis.
- Je n'aime pas dominer, dit-il en fronçant les sourcils. Je ne suis pas un dominant.
Akaashi étira ses lèvres en un léger sourire et partit de la cuisine, me laissant seule pour finir mon assiette. Un dominant pouvait-il vraiment ne pas vouloir, ou même ne pas aimer, dominer ? Je n'étais qu'une soumise débutante, mais je trouvais cela ridicule. Personne ne peut refuser un tel pouvoir.
- Ayame ? demanda-t-on en poussant la porte.
Je ne pus m'empêcher de sourire en voyant mon dominant entrer. En fin de compte, j'avais adopté Bokuto plus vite que prévu.
- Akaashi a cuisiné pour ton petit-déjeuner ? demanda-t-il en m'embrassant le crâne à la voler.
- Oui, il est très gentil.
- Tu vas devoir prendre ta douche et te préparer pour sortir, dit-il en s'appuyant contre la table haute.
- Nous sortons ?
- Je vais t'emmener te faire marquer, murmura-t-il.
- Oh... soufflais-je.
- Tu voulais attendre encore quelques temps ? demanda-t-il inquiet.
- Non, ne t'inquiètes pas.
- Je serais toujours là pour toi, Ayame.
J'hochais la tête doucement puis finis mon repas. Bokuto m'indiqua la salle de bain à l'étage pour me laisser me préparer. Je descendis lorsque je fus prête, tombant nez à nez avec Akaashi et mon dominant qui m'attendaient au pied de la porte.Nous avons pris la route pour aller au centre-ville animé de Tokyo. Le trajet ne fut pas très long. Ma place était à l'arrière, juste derrière Akaashi. Bokuto gara son véhicule dans un parking sous terrain privé puis nous sommes remontés avec un ascenseur qui m'a laissé douter de l'entretien du quartier.
- C'est un arrondissement un peu reculé de Tokyo, grimaça Bokuto, mais c'est le prix à payer pour un tatoueur de choix.
- Il nous a marqué Bokuto et moi, m'informa Akaashi.
- Mais... hésitais-je, quel âge avez-vous ?
- Nous avons respectivement dix-huit ans et dix-sept ans, Bokuto et moi.
Je me suis sentie idiote. Comment Bokuto avait-il pu avoir deux soumis en si peu de temps ? Rien ne tenait la route.Bokuto ne m'a lâché la main qu'en entrant chez le tatoueur. C'était une pièce plutôt grande avec un plafond bas, des lumières néons et des odeurs de canettes de bière. J'avais une boule au ventre d'excitation. Akaashi et Bokuto saluèrent le gérant en déposant leur manteau à l'entrée tandis que je restais accrochée tant bien que mal au bras de mon dominant.
- Salut les gars, nous salua leur ami.
- Salut Naoi ! s'exclama Bokuto.
- C'est pour la petite Ayame ? demanda-t-il en regardant Bokuto hocher la tête.
- Ayame, m'interpella gentiment Akaashi, vas poser ta veste s'il te plaît.
Je m'ordonnais sans sourciller. En sachant Akaashi dépourvu de tout désir, je ne pouvais rien lui refuser. C'était comme si ma fierté me forçait à lui rendre la noblesse naturelle qu'il possédait, comme si je lui devais quelque chose.
- C'est drôle que vous ayez prit rendez-vous ce matin, sourit Naoi, Kenma vient aussi se faire marquer.
- Kenma ? demandais-je soudainement.
- D'ailleurs, renchérit-il, je suis enchanté de te rencontrer enfin jeune matriarche !
- Vous êtes de Nekoma ? demandais-je en souriant.
- Oui, Manabu Naoi !
- Enchantée, souriais-je timidement.Bokuto et Akaashi sont sortis du salon pour attendre Kuroo et Kenma pendant que Manabu préparer son matériel. La clochette d'entrée sonna lorsque je me suis assise sur un tabouret un peu bancal. Je croisais le regard doré de Kenma sans gêne, en oubliant presque la règle numéro une de Bokuto.
- Viens par ici Kenma, lui ordonna Manabu, tu seras le suivant.
- D'accord... bougonna-t-il.
Kenma était toujours aussi nonchalant et courbé, s'approchant timidement de nous. Je lui souris et le laissa s'assoir à mes côtés. Ses yeux curieux ne quittaient pas l'aiguille pendant mon marquage.
- Tu n'as pas mal ? demanda-t-il en rougissant.
- Un peu, souriais-je doucement, mais nous ne sommes que des soumis.
- Il parait que les dominants sont plus résistants à la douleur de les soumis, m'expliqua Kenma, ce serait pour ça que se sont eux qui possèdent un triangle plein.
- J'en apprends de jours en jours... soufflais-je.
- Ah oui ? Tu parles un peu avec Bokuto ?
- Nous avons parlé hier soir, avant que je ne m'endorme.
- Tu as appris pour sa réputation et son clan ? demanda calmement Kenma.
- Oui, ses yeux sont aussi effrayants que magnifiques...
- Kuroo m'a dit que ton dominant possédait les iris les plus belles de Tokyo, sourit Kenma.
- Si mon cousin l'a dit, soufflais-je, alors je veux bien croire cette rumeur.
Manabu feignait l'indifférence tandis que Kenma déglutit en voyant ma peau saigner. Je regardais Kuroo et Bokuto parler ensemble, et Akaashi me surveillait de loin. Ses yeux étaient toujours éteints. Ce pouvait-il qu'ils soient cassés ?
- Aïe ! criais-je.
- Ayame ? s'approcha Bokuto d'un pas pressé.
- C'est fini pour moi, déclara Manabu.
Bokuto sourit en voyant ma marque fraîchement tatouée sur ma main.
- Vous avez parlé de votre liaison ? demanda Manabu.
- Pas encore, souffla Bokuto, pas tout de suite.
Le tatoueur m'apporta un mouchoir pour essuyer le sang qui coulait de ma main. Kenma râlait au contact de l'aiguille et ne s'arrêta seulement lorsque Manabu eut enfin fini de le torturer.
- Kenma, souffla Kuroo, tu en fais trop.
- Non...
- Si, renchérit mon cousin.
- Non, répéta Kenma.
Kuroo s'approcha de Kenma avec un mouchoir puis l'embrassa tout en lui tapotant sa marque noire rougie. Kuroo et Kenma ? Ensemble ? C'était le désir du Conseil ?
- Si, termina Kuroo en faisait sourire le faux blond.
Comment pouvaient-ils faire semblant d'un tel amour ? Je ne comprenais pas pourquoi Kenma et mon cousin m'avaient menti. C'était le couple parfait de Nekoma aux yeux du Conseil, comme Kiyoko et Hitoka au sein du clan Karasuno ? Alors le couple parfait du clan Fukurodani était Bokuto et Akaashi ? Ou peut-être était-il celui du Yukie et Kaori ?
Akaashi avait dû voir mon tourment car il précipita notre départ, laissant Kenma et Kuroo.Bokuto me reprit la main, cette fois-ci accompagné d'une telle douceur que mon cœur en battait lourdement léger. Durant le trajet, ses yeux mordorés ne me quittaient pas du regard et son ami le rappela plusieurs fois à l'ordre pour se concentrer sur la route, jusqu'à ce que nous arrivions sains et saufs à la villa Fukurodani.
- Je monte dans ma chambre quelques temps, nous informa Akaashi.
- OK.
- Bokuto ? l'interpella-t-il avant de monter. Profites-en pour mettre les choses au clair avec Ayame.
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Bokuto est un dominant - Haikyū!!
FanfictionDans une société dirigée par les lois dominant/soumis, Ayame Miyato fête ses 16 ans. Un moment redouté par les adolescents de son âge, qui vont entrer dans le monde des adultes. Kôtarô Bokuto, un jeune homme connu pour être un des meilleurs parti de...