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Hum, pardon, je m'emporte x)Dans ce chapitre, Cille quitte enfin le foyer pour passer sa première nuit dehors... Mais c'est sans compter la présence du beau Matiass ;)
Bonne lecture !!
« Je ne peux pas accepter cela. Je te renie ».
« Ma fille est une Utile. Elle sert la société. Elle n'est pas toi ».
« Adieu Cille ».
Ces paroles tournaient en boucle dans ma tête. J'étais assise, face à un miroir, seule dans le dortoir des filles qui étaient toutes en cours. J'avais préparé mon sac, dans lequel j'avais pris assez de nourriture pour survivre une semaine.
Pour la première fois de ma vie, j'avais attaché mes cheveux en queue de cheval. Ca ne m'allait pas si mal, je me trouvais même plutôt jolie avec.
Je ris nerveusement. J'avais tout perdu : ma place au foyer, l'amour de ma mère. Et tout ce que je pensais, c'était que la queue de cheval m'allait bien.
Sentant une envie de pleurer me serrer la gorge, je respirai très vite pour la refouler. A présent, plus question de sangloter. J'avais pris la décision de me forger un bouclier intérieur, qui me protégerait de toutes ces souffrances. Une sorte de carapace que j'érigerai autour de moi, pour empêcher les autres de m'atteindre. Personne ne pourrait briser cette forteresse imbriqué dans mon être, je m'en fis la promesse.
A présent, j'étais Cille l'insensible, celle qui ne ressentait rien.
Je me relevai. C'était comme si un éclat dans mes yeux verts avait disparu. Mon visage s'était déjà endurci, et j'en étais fière.
Soudain, on toqua à la porte. Je restai aux aguets et ne répondis pas. La porte s'ouvrit d'elle-même pour laisser apparaître une figure si familière à présent : Matiass.
Il tenta de me sourire, avant de me demander si j'étais prête.
Non, je n'étais pas prête. Je n'étais pas prête à renoncer à ma vie de future Soumise. Je n'étais pas prête à vivre dans la rue. Je n'étais pas prête à être méprisée par la société.
Et pourtant je souris. Du moins j'essayai. Et je hochai la tête pour dire que oui.
Nous allions partir. Dans quelques minutes, je n'appartiendrai plus au foyer. Dans quelques minutes, je n'appartiendrai plus à personne.
Je pris mon sac à dos. Il était si lourd que je faillis tomber, mais heureusement, je me rattrapai. Matiass me proposa son aide, mais je préférai la décliner.
Nous sortîmes du dortoir et traversâmes le couloir.
Nous entendîmes la voix des professeurs qui dictaient le cours, les élèves qui bavardaient des fois.
Pour la première fois, nous vîmes le couloir vide, dénué de toute présence.
Pour la dernière fois, nous sentîmes l'odeur du foyer, une sorte de mélange de rose et de cannelle.
Sentant Matiass défaillir, je lui pris la main. Ce geste nous réconforta tous les deux. Cela montrait notre soutien mutuel. Que si l'un tombait, l'autre le rattraperait.
Du moins, c'était ainsi que je le percevait.
La traversée de cet interminable couloir me parut extrêmement longue. Mais, avec la main si douce de Matiass dans la mienne, je me sentais toute puissante.
Et enfin, nous arrivâmes dehors. Le climat était frais, mais je ne frissonnai pas.
Ce fut moi la première qui franchis le portail du foyer. Matiass m'emboîta le pas, peu sûr de lui.
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Les Insoumis
Science FictionCille a toujours été ce qu'on exigeait d'elle. C'est à dire une Utile (une personne entièrement soumise à la société). Mais à côté de cela, il y a les Inutiles. Les Inutiles qu'on méprise, qu'on discrimine et qu'on emprisonne. Et puis il y a le be...