Chapitre 11

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Comme promis Enzo était venu me rendre visite dimanche matin à 8:30.

Lorsqu'il était arrivé, j'étais encore en pyjamas, les yeux sillonnés de cernes, cheveux en batailles. J'étais parti m'habiller en vitesse avant de le rejoindre pour prendre un petit déjeuner dans le café du coin.

"Emma t'écoute quand on te parle ?

-Hmm, oui quoi ?

-Donc tu penses que c'est possible ou pas ? " Répéta Sam légèrement agacé.

Trop absorbé par mon souvenir de ce dimanche passé avec mon petit ami je n'avais pas écouté un mot de la conversation. J'étais complétement perdu.

J'avais l'appartement pour moi toute seule depuis Dimanche et mon frère ne rentrait que ce soir. J'en avais donc profité pour inviter jeudi soir mes deux meilleures amies à dormir. Nous avions parlé jusqu'assez tard de leur fête de majorité ans et des robes que nous porterions.

" La prochaine fois je me souviendrai qu'il ne faut pas discuter jusqu'à trois heures du matin. Tu finis les cours à quelle heure ? s'inquiéta Thès-Illiane

— Dix-neuf heures baillais je.

—Tu ne tiendras pas la journée, tu devrais aller te reposer à l'infirmerie."

Je ne pris pas la peine de répondre. Je me levai et pris mon plateau avant de rejoindre la cour.

Je cherchai du regard un endroit calme pour me reposer.

Je décidai finalement d'aller m'allonger à l'ombre du grand chêne. Une fois étendue je fermai les paupières et laissai mon esprit se détendre. Il faisait doux et assez chaud pour une mi-octobre. Les arbres n'étaient pas encore dépouillés de leurs feuilles et les écureuils n'avaient pas fini leur cueillette. L'air sentait bon et sucré. La nature était apaisante.

Je poussai un cri de surprise. L'eau froide goutait de mes cheveux et de mon menton, coulait sur mon ventre et le long de mon dos. La brise légère me gelait les os. Je relevai les yeux vers le coupable. Evan évidement. Le rictus de surprise n'avait toujours pas quitté mes lèvres et mes bras étaient toujours levés de manière à ne pas toucher mes vêtements trempés.

"La belle au bois dormant s'est réveillée ?

— Ferme là.

— Pardon. La laide au bois dormant."

Je levai les yeux au ciel, exaspéré.

" La vilaine sorcière est contente ?

— Plus que satisfaite "répondit il

Je n'avais qu'une envie ; lui trancher la gorge après avoir brisé son verre. L'étrangler ferait tout aussi bien l'affaire.

"Je vais te laisser te rendormir " se moqua-il une dernière fois avant de tourner les talons.

J'en avais marre. J'avais sommeil et maintenant j'étais trempée et morte de froid. Il me restait encore cinq heures de cours. Je pouvais certes me permettre de manquer l'art et la photographie mais ça n'était pas dans mon intérêt.

Je marchai au soleil durant les dix dernières minutes qu'il me restait espérant que l'eau s'évapore un peu.

♤♤

L'on sonna. Je n'avais pas réussi à sécher et m'étais fait renvoyé chez moi. J'étais donc ici depuis un peu plus de trois heures.

Je dévalai les escaliers et ouvris. Un homme habillé d'un costard et d'un veston noir se tenait sur le palier. Il sortit une carte de sa poche.

"Sir. Edwar Rostan se présenta-il. Puis je voir Dylan Anson ?

— Il est absent mais, je peux prendre un message si vous voulez. Je suis sa sœur.

-Oh. Et bien ... Oui

-Entrez ! Un thé, un café quelque chose ? " lui proposais je .

Il me fit signe que ce n'était pas la peine. Je l'invitai à s'asseoir au salon. Son air sévère et sérieux n'annonçait pas une bonne nouvelle. Je préférais donc être assise pour l'écouter.

Il se racla la gorge. Il se préparait à parler avec la tactique dont les politiciens et les journalistes ont le secret ; en réécrivant la réalité.

"Je... Nous avons des nouvelles sur l'enlèvement de votre mère. "

Bring me to lifeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant