Rouge est le ciel, noir est la terre
Tout le monde se tait, les mères pleurent
Les enfants ne sont plus,
Des hurlements j'entendEins, Zwei, Drei
Étaient les seuls mots dont je me souvienne
Des cris, des rires, des pleursEins, Zwei, Drei
Et tout le monde descend
Sur la boue tout le monde s'aligne
Je regarde à gauche, je regarde à droite
Eux, regardent le ciel et se mettent à prierEins, Zwei, Drei
Ils s'attendaient peut être à un miracle
Je lève les yeux à mon tour sous le ciel pourpre
Je ne vois rien, si ce n'est l'ardeur des nuages
Mes pieds sont nus, la crasse passe entre mes orteilsEins, Zwei, Drei
Ils pleurent quand il regardent en bas
« Baroukh ata Adonaï Elohenou
melekh ha-olam »
Je garde la tête haute, je ferme les yeux
J'entend le son de leurs pas, ils s'approchentEins, Zwei, Drei !
Et un sifflement me trouble
Un bourdonnement incessant
Je ne comprend plus, les corps tombent
Chacun a leurs tours, et je tombe, moi aussiEins, Zwei, Drei
Étaient les seuls mots dont je me souvienne
Du sang coule sur mon visage,
Sur des tissus de peau je m'agrippe
Ni lumières ni paroles ne me sont parvenusNos corps s'entassent, et je regarde le ciel,
Encore une fois, une dernière fois
Je ne te vois pas, je ne t'entend pas, mais je te demandeÔ seigneur, pourquoi leurs à tu donné
libre arbitre ?Eins, Zwei, Drei
De la joie, des rires, et la fête est terminé
