Éléonore frotta ses yeux en sentant un souffle frais lui caresser les cheveux. Des murmures lui arrivaient jusqu'à ses oreilles sans qu'elle ne sache ce qu'ils disaient. Elle se releva, pas totalement éveillée, et les bruits s'arrêtèrent. Une porte claqua la faisant sursauter et le vent s'éteignit. Elle ouvrit les yeux et aperçu deux silhouettes. L'une d'entre elles s'approcha de la jeune fille et lui demanda :
"Ça va ?"
Sa voix était inquiète. Eléonore cligna des yeux pour clarifier sa vue et dès qu'elle reconnu les hommes elle se rappela les dernières heures. Elle s'essaya à sourire.
"Oui, merci."
Aymeric la regardait droit dans les yeux et la princesse baissa le regard, gênée. Il se détourna d'elle pour faire un signe au deuxième occupant.
"J'ai dormi combien de temps ?, demanda timidement Eléonore.
- Je ne sais pas, une nuit est passée en tout cas. On t'a gardé à manger, ce n'est pas grand chose mais j'espère que ça t'iras. On aimerai bien que tu ne nous retombes pas dans les pommes comme hier. Donc maintenant tu manges."
Le deuxième homme que Eléonore reconnu comme Florentin avança vers Aymeric, lui dit deux mots à l'oreille. Aymeric hocha de la tête et amena un plateau avec une pomme et un verre d'eau vers Eléonore.
"Tiens, lui dit-il simplement."
Puis il s'assit au pied du lit.
"Dix heure."
Eléonore se demanda à qui le prince parlait. Elle allait poser cette question à voix haute quand Florentin ouvrit la porte et dévala les escaliers. Elle mangea son fruit doucement incertaine de ce que la suite lui apporterait. Aymeric restait silencieux et, comme elle ne lui faisait toujours pas confiance, elle se tut aussi. Quand Florentin remonta, essoufflé, Aymeric releva la tête.
"C'est bon ?
- Parfait, mais ils la cherchent.
- Tu ne leur as rien dit.
- Seulement que je n'en savais rien.
- T'es con, comment on fait si ils l'apprennent.
- Ben rien. Ils diront rien. Je n'ai vu que le messager.
- On verra bien...
- Il y aura tout le monde, il faut qu'on prépare le plan avant.
- Il n'y a pas de plan, pas aujourd'hui. On ne peut pas se permettre une seule erreur."
Eléonore écoutait sans vraiment comprendre le sujet de discussion. Elle remarqua seulement que les deux garçons avaient un vocabulaire plus familier que devant l'assemblée mais aussi que le ton d'Aymeric s'était durci lors de sa dernière intervention. Florentin haussa des épaules et reprit :
" OK, on ne dit rien devant les autres mais devant elle qu'est-ce qu'on dit ?"
Il désigna la princesse.
" Rien, répondit Aymeric.
- C'est toi le con là.
- Elle n'a pas besoin de savoir.
- Parce que ça ne la regarde pas peut-être ?
- Oh que non ça ne le regarde pas ! Elle n'a rien à faire dans cette histoire !
- C'est vrai pourtant...
- Tais-toi !"
Le ton était monté. Alors Aymeric continua le regard menaçant mais avec une voix plus calme :
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Rester silencieuse
General FictionElle part avec un secret et un mariage. Mais ne connaît ni l'un ni l'autre.