C'était un sommeil sans rêves, tout noir, toujours aussi froid. Il n'y avait qu'une seule différence : je n'avais plus d'énergie et j'étais faible.
J'ouvris difficilement les yeux, n'ayant désormais plus qu'une envie : sortir de ce cauchemar, ou mourir. Les deux me convenaient parfaitement. Je pris ma dague, la mis devant mon visage, et l'observa. On aurait dit de l'argent (le métal, pas la monnaie). Elle était gravée d'étranges motifs ressemblant à des inscriptions. J'aurais presque de la peine à la salir. À la salir de mon sang.
Je pris mon courage à deux mains, eus une dernière pensée pour ce mensonge que fut ma vie, à mes "parents" et mes amis qui devaient eux aussi croupir ou mourir en prison. Mon regard se planta sur ma dague, puis, je donna l'ordre à mon bras de planter l'arme dans ma gorge.
Ce qu'il se passait, je l'ignorais. La lame refusait de toucher la peau de mon cou, et ce malgré tout mes efforts. Quelque chose m'en empêchait, et, sur un coup de tête, j'envoyais mon arme à l'autre bout du cachot.
Résignée, je me relevais et m'assis, le dos contre un mur, la tête baissée et les genoux repliés devant moi. Je n'avais plus de pouvoirs, plus d'espoir de vie. Je savais qu'ils allaient me tuer, maintenant que je ne leur étais plus utile. De toute façon, dans moins d'un an, l'univers entier périra, détruit par les Infinités. Je ne pouvais plus rien y faire, j'avais celé notre destin à l'instant où j'ai donné mes pouvoirs à ce c****** de "maître" . En tout cas, c'était sûr, je nous détestais , moi et ma p***** de vie. Franchement, c'était trop demandé, une vie normale ?
J'en avais ras-le-bol. Bien plus que la dernière fois. J'avais besoins de me vider. Alors j'ai laissé mes larmes couler, je me suis mise à hurler de rage et de douleur. Je me suis levée et me suis mise à frapper de toutes mes forces contre les murs. Qu'importe la douleur que me faisait les pierres que je frappais, celle contenue en moi était bien trop puissante pour que je ressente quoi que ce soit d'autre.
J'ignore combien de temps j'ai continué ainsi. Peut-être une, deux, ou cinq heures. Le fait était que plus rien ne m'importais. J'étais prête à mourir.
Je m'adossais à la parois près de la grille et fermais les yeux.
- Comment ça va ?
Sa voix me fit sursauter.
- Oh, très bien ! Je me suis juste fais torturer, ça fait des jours que j'ai rien mangé, je suis complètement gelée et on a pris mes pouvoirs. Sinon ça va ! répondis-je ironiquement. Non mais franchement, Loki, comment crois-tu que je vais ?!
- Pourquoi es-tu toujours sur la défensive ? Tu m'en veux encore pour ce que je t'ai fais, c'est ça ?
- Et pour toutes les horreurs que tu as commises. Tu es un monstre.
- Oh oui, je suis un monstre. J'ai fais des choses impardonnables durant mon existence. Mais dis-moi, sais-tu pourquoi je suis devenu ainsi ?
Devant mon silence, il reprit :
- C'est bien ce que je pensais. Tu juges sans connaître la vérité. Mais tu vas comprendre. Il y a des années, quand j'ai découvert mes véritables origines, que j'ai su que j'étais un Jötun, que j'avais besoin de soutiens, je n'avais personne à mes côtés. Pas même Thor ! Tout ce que je voulais, c'était d'être accepté par Odin. Je voulais qu'il soit fier de moi. Mais lui refusait de voir un bâtard sur le trône et ne voyait en moi qu'un objet qu'il pouvait manipuler à sa guise ! Il m'humiliait, m'accusait de faire le mal, m'a fait endurer mille souffrances, et disait m'aimer ! Il n'a jamais cessé d'être hypocrite avec moi ! J'imagine que lui et tant d'autres ont été bien content après les événements de New York. Ils avaient enfin le méchant qu'ils avaient créé. Alors, peut-être que c'est moi qui ai agit, mais c'est eux qui ont fait ce que je suis devenu. Mais peux-tu comprendre cela ?
Sa voix tremblait et ses yeux semblaient humides, comme si il se retenait de pleurer. J'étais presque certaine qu'il avait gardé ça pour lui toutes ces années.
- Pourquoi tu me racontes ça ?
- Parce que tu es comme moi. Nous sommes des êtres à part, des bâtards que le monde rejette, et qui tentent en vain de se trouver une place dans la vie.
- Et c'est pour ça que tu est venu me voire ? Je dois avouer que je ne te pensais pas capable de penser à quelqu'un d'autre que toi !
Il eut un petit rire. J'avoue, il est vraiment mignon quand il fait ça. Mais ça ne change rien, je le détestes toujours autant !
- Ce n'est effectivement pas entièrement pour ça que je suis là. Vois-tu, je sais ce que tu ressens. Un vide, après l'explosion de tous ces mensonges. Tu penses être devenue insensible et que tout ce qu'il te reste à présent, c'est l'énergie du désespoir. Mais mais laisse-moi te dire une chose : le désespoir, c'est la force qui te donne des ailes quand tu es cloué à terre.
- Qu'est-ce que tu essayes de me dire par là ?
- Réfléchis.
Sur ce, il me tourna le dos et partit.
Pourquoi c'est toujours dans les situations galères que les gens nous parle par énigme ? On est sensé aider un minimum les personnes qui doivent sauver le monde, pas l'inverse ! Bon, si je fais le point, ça veut dire soit que je vais me relever, soit que je vais mourir et recevoir des ailes, ou sois que c'est autre chose encore. Je ne sais absolument pas pourquoi, mais je veux bien tout à part la seconde proposition.
Son histoire me revint en tête (oui, mon temps de réaction est un peu long parfois). Si ne serait-ce que la moitié de tout ce qu'il venait de me dire était vrai, alors je ne connaissais rien à la douleur, malgré tout ce que j'ai subi ! J'ignorais comment il fait pour ne pas craquer, pour ne pas vouloir en finir. Il avait en partit raison : nous sommes tout deux des bâtards, mais moi, le monde ne m'avait pas rejeté. Pas encore...
Le fait était que je l'ai trop sous-estimé. J'ignorais dans quel camps il jouait, mais je savais qu'il pouvait être aussi dangereux en ennemi qu'en allié.
Bon, je sais, je suis un peu en retard pour poster ce chapitre, mais j'avais pas trop le temps, et pas trop d'inspiration non plus. Maintenant, c'est bon, il est posté, et on verra bien si j'arrive à poster un autre chapitre avant la fin du mois de juin (ce qui risque d'être compliqué suite à un voyage scolaire d'une semaine et de trente-six mille anniversaires dans le mois).
A plus les gens !
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Laïra, la fille du Temps
RandomJe m'appelle Laïra, et ne me demandez pas mon nom de famille, parce qu'il a dû se perdre en chemin, avec mon âge, durant ma - pardon, mes - naissances. Oui, je suis née deux fois, il y a assez longtemps, mais ce sera plus facile à expliquer en comme...