Chapitre 5

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Ces petits bruns d'herbe, qui me donnaient une drôle mais agréable sensation, je me suis tellement émerveillé devant eux ! Ces petite pâquerettes, ces petites fleurs de variantes couleurs qui décoraient parfaitement le paysage, je me suis tellement émerveillé devant elles !

Je sais très bien qu'à ce moment-là, Richie m'avait jugé, et me prenait pour un fou, il me l'a dit par la suite, mais à ce moment-là, j'étais tellement heureux ! Je sortais enfin de cette tour qui m'avait servi de prison pendant des années, et je découvrais enfin la beauté et les plaisirs de la nature que j'aurais dû découvrir depuis si longtemps !

Je ne sais pas si l'invitation que Richie m'avait donnée par la suite à manger dans une taverne était pour me faire découvrir la vie en société en dehors de la tour, ou alors si c'était pour se débarrasser de moi. Mais si c'était la deuxième option, ça a été raté, et encore heureux !

Quand nous sommes entrés, les personnes qui y étaient n'avaient rien d'accueillant, je me suis directement mis à les craindre. J'avais sauté sur le dos de Richie, ce qui lui avait fait lever les yeux au ciel, et avait pointé ma poêle à frire que j'avais gardée sur eux. En continuant d'avancer, les personnes qui avaient un style plus barbare que l'autre prenaient entre leurs mains ma chevelure.

Et c'est les paroles qui suivirent qui déclenchèrent tout.

« Ri-Richie...
-Oh ? Vous avez peur, mon joli ? Je comprends, c'est un endroit plutôt effrayant après tout, vous serez beaucoup mieux dans votre tour ! »

Il avait alors commencé à reculer vers la porte d'entrée quand elle se ferma brusquement. Une énorme main était plaquée contre celle-ci, et en dessous se trouvait un avis de recherche, qui ressemblait parfaitement à Richie.

Celui-ci se mit alors à rire nerveusement, suite aux paroles de la personne, qui lui avait demandé i c'était lui, bien qu'il savait déjà la réponse.

« Mais... Vous voyez bien que non ! Je n'ai même pas de lunettes dessus ! Alors, euh, vous voyez ! Des milliers de personnes dans le monde peuvent se ressembler après tout... »

Son interlocuteur eut alors un rire gras, rempli de haine, et le prit par le col.

« J'ai besoin d'un peu d'argent... Va chercher les gardes royaux, toi ! » hurla-t-il à ce qui devait être un servant, et il exécuta immédiatement son ordre.

C'est alors que tout le reste du bar se mit à tirer sur les membres de Richie, hurlant qu'ils avaient tous besoin d'argent.

J'étais apeuré, je ne savais pas quoi faire. J'avais beau hurler de le laisser tranquille, que j'avais besoin de lui, rien n'y faisait ; ils étaient tous assoiffés par le besoin d'argent et cette somme qu'ils pouvaient récupérer s'ils le livraient.

Pris par un élan de colère, de rage et légèrement de peur, je donnai un énorme coup de poêle sur l'un des hommes qui le tenait, mais comme je le pensais, il était bien trop imposant pour être assommé, et ils se retournèrent tous vers moi, leurs visages remplis de haine me faisant frissonner.

« Écoutez ! Je... J'ai besoin de cet homme ! C'est le seul qui peut m'aider à aller voir ces lanternes dont j'ai toujours rêvées... Vous savez ce qu'est un rêve, tout de même ! »

Leurs visages se détendirent alors légèrement, ce qui me rassura malgré tout. Celui que j'avais essayé d'assommer s'approcha de moi, et m'accorda un sourire.

« Bien sûr que nous avons tous des rêves ! J'ai toujours rêver de jouer du piano... Au fond, malgré nos apparences de brute, nous avons tous un cœur, et nous comprenons tous ton souhait, mon joli... »

J'avais un grand sourire sur mes lèvres en entendant ces paroles qui me réchauffaient le cœur, bien que le surnom me fit grimacer : je le supportais seulement quand c'était Richie qui le disait, car il me réchauffait le cœur tout comme ces paroles, et me faisait penser qu'il tenait à moi... Mais je secouais la tête, reprenant mon sourire.

« Vous avez raison, après tout. Si c'est votre guide et qu'il est le seul à pouvoir vous aider, on vous le laisse. Un rêve est plus important qu'une somme d'argent. Vous pouvez y aller. »

Je le remerciai alors sincèrement, ce qui fit fortement soupirer Richie, mais quand nous nous dirigeâmes vers la porte d'entrée, celle-ci s'ouvrit brusquement, laissant entrer les gardes qu'ils avaient demandés plus tôt.

J'étais presque sûr qu'elle avait vu toute la scène.

Le ciel étoilé - [FF REDDIE FR]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant