--passez lire le chapitre 28, le début du moins, on apprends ce qu'il s'est passé durant la mésaventure des vacances--
L'évidence se fit d'elle-même. Aussitôt avait-elle jailli dans mon esprit, que je bondissais hors de ma chambre, et dévalais les escaliers.
"Dylan je sors ! " prévins-je avant même d'être à la porte de la salle à manger.
Lorsque, je vis le garçon assis à notre table, mes yeux s'écarquillèrent. J'avais l'impression que cela faisait une éternité que nous ne nous étions vu.
J'étais partagé entre l'envie de lui sauter au cou et celle de lui arracher les tripes pour ne pas m'avoir rendu visite plus tôt.
" A-Aaron ! " Balbutiais-je surprise de le trouver ici.
Il m'offrit son magnifique sourire nonchalant, à faire briser des cœurs.
Je m'avançais, tel un faon nouveau-né. Rien ne pouvait me rendre plus heureuse que de le retrouver. J'espérais secrètement qu'il rassérène Dylan, et détende l'atmosphère.
" Ce que tu as grandi Emma ! "
Il se tourna vers la cuisine et constata à l'attention de son ami :
"C'est devenu une vraie petite femme, dit moi ! "
Mon frère lui répondit par un grognement, ce à quoi Aaron sourit.
Si j'avais vieilli, lui, en revanche, n'avait pas changé ; ses cheveux corbeau en batailles et ses dents perlés lui conféraient toujours ce charme de tombeur. Il ne semblait pas avoir arrêté le sport, et, sans doute avait-il même redoublé la cadence.
" Ça faisait longtemps que je ne t'avais pas vu. Allez, quoi ! Tu devais avoir onze ans !
— 14 ! corrigea Dylan depuis les fourneaux.
— J'allais sur mes treize ans ! "
Depuis trois ans, le meilleur ami de Dylan, que je considérai comme mon troisième frère, faisait des études de finances à Londres. Il était venu nous voir quelques fois, et puis, c'était Dylan qui était partis le rejoindre lors de vacances.
" Je ne savais pas que tu passais aux Amériques... m'étonnais je.
— Je m'installe ici, je commence en janvier. En attendant que je trouve un appartement tu vas devoir me supporter, la miss ! "
Il s'amusa à emmêler mes cheveux de la main. Je pestais et reculais.
Je devais absolument sortir, il m'était devenu primordial de savoir si mon intuition était bonne.
♤
Je n'avais pas le sentiment de m'être trompée, pourtant il n'y avait pas la moindre silhouette à l'horizon, seulement un chat assis sur un banc à pousser des feulements assourdissant. Je donnais un coup de pied dans un cailloux, ma déception était totale. Je n'avais pas escaladé la grille dans le but de dire bonjour aux pâquerettes. Ce jardin commun était le premier endroit où ma mère et moi avions usé de cet anagramme. Il m'aurait paru logique de retrouver "Someone" ici. Mais peut être, m'attendait-il ailleurs, un autre jour. Le doute demeurait. Peut-être était-il, là où nous avions eu notre accident, ou bien là ou ma mère avait fait sa conférence... Seulement "Someone", avait dû oublier de prendre en compte mon incapacité à conduire.
J'avais beau réfléchir aucune solution ne me parvenait. S'il avait pu être un peu plus précis ! New York n'est pas une petite ville, et les États-Unis pas un territoire moindre.
Le chemin du retour me parut bien plus long que l'aller, plus pénible aussi ; faire tant d'effort pour traduire ce mail, et ensuite échouer n'aidait pas à me remonter le moral.
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Bring me to life
RomansaBring me to life Tome 1: To the Moon... Les apparence sont parfois, même bien souvent trompeuse. La vie d'Emma a volé en éclats il y a quatre ans lors de l'accident qui a tué sa mère. Em' ne se sent vivre qu'en courant et en étant sur le ring...