15:23

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Des grosses gouttes s'écrasent contre le pare-brise alors que nous roulons sur une large route. Ton téléphone, connecté à la radio, diffuse une musique douce dans l'habitacle.

Ta main est posée sur ma cuisse et je peux sentir la chaleur qui émane de toi à travers le tissu fin de mon pantalon. Je sais que tu ne peux t'empêcher de tapoter tes doigts en rythme avec la musique malgré le fait que tu saches pertinemment que cela m'insupporte. C'est d'ailleurs sûrement à cela qu'est dû ton sourire en coin. Ce que j'aime tes petits sourires malicieux !

À mon tour, pour t'embêter, je fais claquer l'élastique que tu portes toujours autour de ton poignet. Je sais que tu le gardes, juste au cas où j'aurais besoin de m'attacher les cheveux. Tes doigts arrêtent alors de s'agiter et tu presses légèrement ma cuisse pour t'excuser.

Mon attention dévie vers le tatouage noir qui orne ta peau lisse et légèrement bronzée. Il te va tellement bien qu'on pourrait croire qu'il a toujours été là. Pourtant, tu ne l'as que depuis peu. Quelques semaines, en réalité. J'étais d'ailleurs là quand tu l'as fait faire, mais je n'ai toujours pas saisi sa signification. Tu m'as promis de me la révéler un jour et je sais que tu le feras car tu tiens toujours tes promesses.

J'admire cette qualité.

Avec mon pouce, je caresse le petit dessin indélébile. Tu attrapes ta lèvre entre tes dents et je ne peux m'empêcher de faire de même en repensant à ce que tu m'as dit ce soir. Tu as dit que j'étais magnifique.

Magnifique !

Ce n'est pas la première fois que ce mot quitte tes lèvres, mais je ne pense pas un jour m'habituer à la lueur qui éclaire ton regard lorsque tu poses tes yeux sur moi. C'est presque comme si tes iris se mettaient à pétiller. Mon cœur s'emballe lorsque tu me donnes des petits surnoms, particulièrement lorsque tu m'appelles "mon ange". Je suis loin d'être aussi gracieuse qu'un ange, mais je suis ton ange.

Tu me murmures tellement de jolies choses quand tu enroules tes bras autour de moi, lorsque tu embrasses mon front, ma joue, le creux de mon cou. Tu me prends toujours dans tes bras, et ce sans raison. Tu n'as d'ailleurs pas besoin de raison pour ça. Je sais que tu adores ces câlins tout autant que moi.

Tu as l'air si parfait. Comment croire qu'un garçon comme toi puisse vouloir de quelqu'un comme moi ? Tu as pourtant des défauts, je les connais sur le bout des doigts après toutes ces années passées à tes côtés. Pourtant, j'aime tes petites manies.

Ou du moins je ne m'énerve plus lorsque tu mélanges les couleurs dans la machine à laver et que mes t-shirt prennent une légère teinte bleutée à cause de tes jeans. Je ne pique plus non plus de crise quand tu renverse du café sur mes scripts, ou alors quand tu remets tout à plus tard. C'est d'ailleurs pour cela que 15:23 clignote sur l'horloge de l'autoradio alors qu'il est minuit passé ; cela fait bien deux ans qu'elle est déréglée et tu n'as toujours pas pris le temps de la remettre à l'heure.

Ton regard dévie de la route pendant quelques secondes et tu m'offres le plus craquant de tes sourires. Tes yeux pétillent encore. Mon estomac fait instantanément un triple salto arrière, je ne pense vraiment pas m'habituer à tout cela. Tout ce que je ressens à tes côtés est très intense, c'est ce qui me permet de m'assurer que tu es bien réel et non le fruit de mon imagination. Par ailleurs, tes défauts te rendent accessible.

Je te regarde, et il n'y a soudainement plus que toi et moi au monde.

C'est alors que je réalise.

Je te regarde, et je regarde mon futur.

rainy days ー nouvellesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant