🍀 Chapitre 2 ☘

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Morte. Voilà ce qu'elle était. Se Suicider. Voilà ce qu'elle avait décidé de faire.

M'abandonner à travers cet acte égoïste, c'était donc tout ce qu'elle avait su faire! Si seulement elle m'avait parlé, j'aurai sût la faire changer d'avis, j'en avais l'intime conviction...

Mais non, au lieu de cela, elle s'était imposé face à son propre destin, et l'avait prit en main, se jetant ainsi à la mort elle même pour la laisser l'engloutir dans son intégralité. Son humanité, sa joie de vivre, sa fierté, sa rancune, toutes ces qualités et tous ces défauts qui lui avaient toujours été propres aller désormais pourrir avec elle dans sa tombe...

Elle va rejoindre papa, pensais-je aussitôt, j'aurais au moins eu la chance de la connaitre.

Mais si seulement, si seulement elle n'avait pas décidée égoïstement de mettre un terme à ses jours, là, au sommet de notre sapin, sous mes yeux !

Je l'ai vu, grimper jusqu'au sommet de notre sapin alors que quelques épines venait recouvrir ses boucles dorées, ses cheveux d'un blond si claire et si intense. Je ne suspectais d'abord rien, habituée à la voir grimper, je m'apprêtais même à la rejoindre jusqu'à ce que je la vois grimper, encore, toujours plus haut, sans s'arrêter.

Je lui ai crié de ne pas aller plus haut, hurlais de s'arrêter et de redescendre, mais elle à fait la sourde d'oreille et a continuée, poursuivie encore et encore jusqu'à ce que les lois de la physique l'arrête. Jusqu'à ce qu'elle se jette du sapin.

J'ai couru après elle, j'ai essayé de la rejoindre à temps, de l'attraper et de l'empêcher de commettre la plus irréparable des erreurs. Mais je n'ai pas réussi, je n'ai pas pu la rattraper à temps.

J'ai vu sa tête, percutée brutalement l'un des énormes rochers qu'on retrouvait éparpillés de part et d'autre du sapin. Ces rochers immense où nous nous asseyons parfois pour discuter et rire de blague qui nous laissaient souvent hilares.

Le temps c'était arrêté un instant et j'avais l'impression de ne pas courir assez rapidement, de finalement marcher alors que la distance entre son crâne et le rocher n'était plus assez grande pour que je puisse y faire quelque chose.

J'ai écarquillé les yeux et malgré l'impossibilité du secours, j'ai couru le plus rapidement que j'ai pu pour la rejoindre et j'ai sauté pour la rattraper, en vain. J'ai voulu crier quand je l'ai vu percuter le rocher, j'ai voulu hurler à plein poumons, de toute mes tripes ce que je ressentais mais rien ne voulu sortir. Je n'avais plus de voix, plus la force. J'avais échoué, je l'avais laissé mourir sous mes propres yeux de grande sœur ! Et mon cœur qui avait raté un battement lorsque je l'ai vue sauter, se brisa en une infinité de morceaux lorsque je vis s'évanouir l'espoir d'un jour être heureuse avec ma petite sœur.

Sur cette pensée je sentis sur mes joues, abondants et humides, des larmes perlés mon visage. Je revoyais sans cesse le choc entre son visage innocent et la roche désormais taché de sang. Et s'en était beaucoup trop pour moi. Plus jamais, non plus jamais je ne voulais revivre ça.

Je ramenais mes jambes vers moi et finis par enfouir ma tête dans celle ci afin de me recroqueviller sur moi même. Dans ma bulle, éloigné d'un simple mouvement, du monde qui m'entourais. Je restais pensive et c'est encore et toujours la même question qui tarroda longuement mon esprit déchiré par l'émotion et la culpabilité: qu'allait-il advenir de moi, maintenant qu'elle était partie ?

Rien, sans nul doute. Je lui avais cédé dès sa naissance ma vie en échange de la sienne. Sans l'une, l'autre n'existe pas et inversement. Alors, maintenant qu'elle était partie, maintenant qu'elle nous avait quitté, que restait-il de moi, qu'allais-je devenir?

Et Si Tout Ne Tenait Qu'à Une Branche ?Où les histoires vivent. Découvrez maintenant