Depuis le matin, Eve avait donné ses ordres. Une partie de ses agents étaient passés dans tous les endroits lgbt avec la photo du visage rafistolé de la victime afin de savoir si quelqu'un la reconnaitrait. Il était déjà 16 heures, Eve souffla, ses enquêteurs n'avaient rien de nouveau. Ils avaient fait le tour de tous les lieux lesbiens. Rien de probant, toutes les personnes interrogées, du patron, en passant par les serveurs et les videurs n'avaient pas pu aider les enquêteurs :
- Ouais c'est tout ce que vous avez comme photo, dit le barman en fixant l'image du visage recomposé par le légiste. Avec les nanas qui défilent ici, je ne peux pas vous dire. En tout cas aucune n'a cette gueule.
Et puis vers la fin de journée, alors qu'elle n'y croyait plus, un videur d'une boîte de nuit avait pu reconnaître la jeune femme. Les policiers lui avait montré son portait. L'homme avait hésité mais avait donné un élément incontournable. La femme qu'il décrivit avait le même tatouage. Par contre, il ne connaissait pas son nom, mais elle était venue la nuit précédent sa mort. Elle espérait encore sur le retour des recherches auprès des tatoueurs. Peut-être auraient-ils plus de chance ? Mais il était tard, il lui fallait du repos.
La journée avait été longue, elle était éreintée quand elle arriva à son appartement. Elle se soulagea de son sac et de son manteau négligemment et s'affala sur le canapé. Le cerveau toujours en ébullition, elle essaya de retracer les faits. Et les questions sans réponse. Qui était-elle ? Comment le meurtrier l'avait-il emmené jusqu'à la falaise ? Connaissait-elle son agresseur ? Avait-elle de la famille ? sûrement et si c'était le cas ils allaient déclarer sa disparition. Pourquoi et comment personne n'a-t-il rien remarqué ?
Elle pensa qu'elle-même très proche du lieu, mais elle n'avait rien vu. Il faut dire qu'elle était un peu perdue à ce moment-là. Et Anna ? D'où venait-elle ? Elle essaya d'écarter l'idée horrible qu'Anna pouvait être en cause dans ce meurtre. Mais que faisait-elle à cette heure au bord de la falaise ? J'y étais moi-même après tout.
Elle se mis assise, il faudra qu'elle l'interroge. Son cur fit un bond. C'était difficile à concevoir mais pour le bon déroulement de l'enquête Eve ne devait négliger aucun élément. Même s'il lui en coûtait. Il faudrait retrouver Anna afin de l'interroger. Même si elle avait préféré la revoir en d'autres circonstances.
Eve frissonna à cette idée. Anna lui plaisait, c'était indéniable. Elle lui avait dit quelle avait une société de communication en ville. Cela ne devrait pas être difficile de la trouver, au pire elle avait son adresse. Mais elle préférait la voir dans son milieu professionnel. Moins intime.
Elle ouvrit son portable et pianota sur le clavier " agences de communication d'Antibes ". Le moteur de recherche ouvrit une page avec plusieurs sites et adresses. Eve ouvrit le premier lien, fit un copier-coller sur le numéro de Siret. Elle chercha ensuite des renseignements plus précis pour connaitre le nom du gérant. Au bout du troisième liens, Anna Lorson s'afficha, ainsi que le capital et différents éléments de la société. C'était elle, il ne devait pas avoir cent Anna, chef d'entreprise dans la communication à Antibes. Elle prit son portable et enregistra le numéro de téléphone dans ses contacts. Elle imagina leur prochaine rencontre, le stress monta, comment allait-elle faire pour rester calme et professionnelle face à elle. Au regard de l'effet qu'elle produisait sur son esprit à ce moment même ?
Elle se leva, pris une douche bien méritée. Lorsqu'elle sortir de la salle de bain elle entendit son portable. Il devait sonner depuis un moment. Elle répondit, mais il lui sembla qu'il n'y avait personne au bout du fil. Elle osa un allo, puis un autre mais rien. Elle raccrocha et alors qu'elle allait regarder de qui venait l'appel, son portable sonna à nouveau.
- Allo, Commissaire ?
- Oui, qu'est-ce qui me vaut un appel à cette heure, j'espère que vous avez des éléments nouveaux Livier.
Eve était à nouveau la femme dure et exigeante que lui conférait sa position.
- On a trouvé le tatoueur.
- Très bien, et alors, rien d'autre ? A-t-il pu l'identifier ?
- Oui, dit Livier soulager d'avoir un élément probant.. on a son nom.
- Accouchez Livier, c'est qui ?
- Lauren Didier, 28 ans née à Nice. Ses parents y vivent encore. Elle est célibataire. Elle travaille comme vendeuse chez Vips.
Eve écouta attentivement :
- Bon boulot Livier, on a avance un peu. Allez-vous reposer et demain. Passez me chercher à 8 heures. Nous irons faire un tour à Nice.
- Bien, Madame.
- Bonsoir Livier. Elle allait raccrocher quand : Eh ! Livier, prenez la déclaration du tatoueur avec vous.
- Bien Madame. Bonsoir.
- A demain Livier. Bonsoir.
Elle raccrocha. Il lui fallait une bonne nuit de sommeil. Demain la journée allait être longue.
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