Je crois que les hommes ne sont pas faits pour moi.
Non, franchement, mon copain de lycée avait la personnalité d'une boîte de thon, mon mec de la fac de médecine était un menteur et un lâche fini et le nec plus ultra, Maxim Terence James Edgecliff. Grandes études, soirées dans les lieux les plus select, moyens quasi illimités. Maxim vous semble être le parti idéal ? Eh bien je vous le laisse ! Je ne voyais sans doute pas ses petits défauts irritants, comme sa volonté d'être en compétition en permanence – oui, même avec moi, sa fiancée –, son désir d'être toujours le premier partout, son léger machisme qui pointait le nez petit à petit, ses mensonges blancs, sa malhonnêteté, son goût de sauver les apparences coûte que coûte.
Sa mère, aussi, tiens. Quelle vieille seringue.
Ah, oui, et son côté tête en l'air. Insupportable. Par exemple, une fois, il a fait un aller-retour en Suisse pour aller chercher une montre hors de prix et a acheté tout sauf sa stupide montre. Ou alors la fois où il a oublié de me souhaiter mon anniversaire. J'oubliais la dernière en date – vous allez rire ! – : Maxim a complètement oublié qu'on venait de se marier lorsqu'il a décidé de plonger dans le lit d'une prostituée de quinze ans.
Et là ? Oh, jeune divorcée d'un connard millionnaire, je viens de me faire sauter dessus en pleine nuit par un inconnu.
Sur un yacht.
Au milieu des Caraïbes.
En fuite pour le Mexique.
Non, parce que dans tout ça, le dernier mec plus ou moins potable que j'ai croisé, c'est une espèce de surfeur blanc comme... eh bien, comme la Lune, macho au possible, provocateur et mal élevé ! Ove Rapp ! Pitié, si Dieu existe : perds le moule, un comme lui ça suffit amplement. Ce type, je ne sais pas comment, s'est arrangé pour me mettre dans une situation invraisemblable. Je vous explique : je me suis fait tirer dessus – moi ou lui, franchement il a bien la tête à s'attirer des ennuis – et ma chambre a été saccagée pour faire croire que j'avais tué un homme. Pas Maxim, non, même si j'aurais bien aimé. Un inconnu que Ove Rapp aurait blessé dans sa chambre à lui. Les flics des Îles Caïmans nous recherchent sous quinze mille chefs d'accusation et la seule chose intelligente que monsieur Rapp ait trouvé à faire, ça a été prendre en otage un officier de l'US Air Force et son yacht – ça a beaucoup amusé l'officier en question –, mais également le copain du dit-officier.
Vous voyez un peu le tableau ?
Et donc, là, dans ma chambre, dans le yacht, un homme vient de me tomber dessus pour me bâillonner avec sa main. Je trouve personnellement que ça commence à faire beaucoup.
— Chut, chut, chut ! souffle l'inconnu dans mon oreille.
Je le sens qui s'allonge sur le lit, contre moi. Il soulève lentement sa main de ma bouche, un doigt après l'autre.
— C'est bon, t'es calmée ?!
Ove Rapp. L'imbécile qui m'a sans aucun doute possible fichue dans cette galère. Je le déteste.
— Je vais te dire une bonne chose ! je fuse en me tournant brusquement vers lui.
Oulà. D'une il est vraiment très près de moi et de deux il est torse nu. D'accord, il fait chaud – moite, je dirais même, malgré l'air marin –, mais ça n'explique pas pourquoi je sens mon corps prendre subitement deux degrés Celsius. À nouveau, il pose sa main sur ma bouche pour m'empêcher de râler.
— Chut, j'te dis ! T'as quoi dans les oreilles ?! chuchote-t-il. Bon, ça va, j'peux en placer une ?
— Si tu me promets de dégager de mon lit dans la minute... je grogne.

VOUS LISEZ
Le Suédois qui n'aimait pas l'été
Romanzi rosa / ChickLitGet Away Tome 1 Ove Sven Rapp est flic. Ove Sven Rapp déteste l'été . Et cette petite idiote de Française qui vient de lui renverser de la glace à la fraise sur les pieds ne fait que confirmer cela. Ce qu'il ignore, à ce moment précis, c'est qu'un m...