DAMIEN
— Monsieur Godard, je n'ai pas grand-chose à redire sur votre travail.
Mon patron me fixe et je l'imite. Quoi de plus agréable que de commencer sa journée en étant convoqué par son boss ? Laissez-moi réfléchir. Se cogner le petit orteil contre le pied d'une table ? Être réveillé par une crampe au mollet ?
Je venais à peine de commencer mes chères photocopies quand Hendrix m'a annoncé que comme aujourd'hui cela fait un mois que j'ai rejoins l'entreprise, il m'attendait dans son bureau pour dix heures afin que l'on fasse une petite évaluation. À présent que j'y suis, j'ai hâte que ça soit terminé. Et j'attends le mais que je sens arriver à grand pas.
— Donc, reprend mon patron, votre travail n'est pas mauvais.
Il joue un instant avec un trombone sur une pile de feuilles puis ajoute :
— Cela dit, ce n'est pas non plus très compliqué.
Quel enfoiré ! Merci de me rappeler à quel point mon job est nul. Je hoche la tête, ayant brusquement envie de l'insulter. Tu vas le balancer, oui, ton foutu mais ?
— Mais...
Pas trop tôt !
— Toutefois, je constate que vous ne vous intégrez pas du tout parmi le personnel.
En guise de réponse, je hausse les épaules. À quoi bon nier ?
— Vous êtes d'accord ? insiste mon boss.
— Oui, tout à fait. Mais je ne vois pas en quoi c'est un problème.
— C'est un problème parce que c'est plus agréable d'avoir une équipe soudée et qu'ici, tout le monde s'entend plus ou moins bien, alors que de votre côté, vous ne manifestez aucun intérêt pour faire plus ample connaissance avec vos collègues.
Ce n'est pas réciproque, peut-être ?
— OK, dis-je.
— Est-ce que vous allez essayer de faire un effort ?
Alors que j'opine, je me force à sourire. J'ignore pourquoi j'agis de la sorte puisque ça m'arrangerait qu'il me vire. L'instinct de survie, sans doute : même si je déteste ce job, je n'ai pas envie de me faire jeter comme un vieux torchon.
— Très bien, fait Hendrix. Une dernière chose : environ deux fois par an, nous faisons un repas d'entreprise, et le prochain aura justement lieu ce samedi. Est-ce que vous pensez pouvoir venir ? Ça ne pourrait être que du positif pour vous, une manière de voir vos collègues en dehors du cadre professionnel.
Mon instinct me souffle de décliner car je hais ce genre de sortie, mais ma raison m'oblige à répondre :
— Oui, d'accord, je serais présent.
Monsieur Hendrix hoche la tête.
— Je note. Donc, sauf si gros changement, on se revoit d'ici un mois pour faire un nouveau point. C'est d'accord ?
— Oui, pas de problème.
Comme j'en conclus que ce maudit entretien est terminé, je me lève. Juste avant de quitter le bureau de mon patron, je le remercie sans comprendre pourquoi.
Résumons la situation. Je suis dans la panade. Il va falloir que je me montre plus aimable avec des gens qui de toute évidence ne peuvent pas me sentir. En plus, je vais devoir me farcir un dîner mondain. Génial ! Pourquoi ne lui ai-je pas dit que je voulais m'en aller d'ici ? Excellente question.
Alors que je suis de retour devant ma photocopieuse, je détaille l'open-space. Je vais vraiment être obligé de discuter avec eux ? Tout à coup, je me mets à transpirer tandis qu'une nausée me secoue l'estomac. C'est alors que mon regard se pose sur le profil de Sébastien. Presque aussitôt, il se tourne vers moi. Mon cœur se met à battre plus vite. Contrairement à d'habitude, c'est lui qui cille en premier. Dès que j'ai terminé mon scannage, je prends mon courage à deux mains pour m'approcher de lui. Ses yeux fuient encore les miens quand il demande :
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My exception (mxm) EN CORRECTION
Romance!!!AVIS IMPORTANT !!!! Ceci est une romance m/m, soit une romance entre hommes. Si vous m'avez déjà lu, vous vous doutez qu'elle contient des scènes de sexe. Merci d'en tenir compte. ^^ Notez aussi que je suis une femme hétéro, donc je ne promets pa...