La cage s'ouvrit doucement, lentement en grinçant. Emprisonnée dans la pierre, les barreaux de celle-ci se fendaient parfaitement dans le décor.
La roche encore présente sur les barres de fer s'effritaient et la toiture de métal devenait de plus en plus apparente. Deux mains pâles aux ongles démesurément longs se posaient sur le sol terreux et encombré de dizaines de feuilles.
Un grondement s'échappa de l'intérieur de la cage faisant trembler les alentours. Ses pattes se dématérialisèrent dans une nuée d'étoiles ternes bientôt suivit du reste de son immense corps.
Pendant que ses membres se transformaient sous ses yeux indifférents, il humait les environs à la recherche de leur odeur. Il recherchait son enveloppe charnelle.
Le corps de bête informe dans lequelle il était enfermé ne lui convenait pas. Il voulait récupérer ce qui lui appartenait.
Alors, il se releva. Les pattes arrières se transformèrent en jambes, la masse de poil gris en une peau lisse et blanche. A la naissance de sa tête poussaient de longs cheveux soyeux aussi noirs que les plumes d'un corbeau. Les volets de poussières qu'étaient devenus ses pattes se solidifièrent pour reformer une main humaine pourvue d'ongles de taille démesurément grandes.
Il laissa un soupir s'échapper de sa bouche en se redressant, le dos droit. Les os de son corps craquèrent peu habitués à se mouvoir de cette manière là. Le vent siffla entre les branches d'arbres doucement puis avec une intensité qui fit ployer quelques troncs. La chevelure brune de la sublime créature dansa, emporté par les vagues terrestres.
Deux cristaux de différentes couleurs fixaient l'horizon avec étonnement. Presqu'heureux d'enfin pouvoir contempler ce qu'était devenu le monde après des siècles d'absence.
Un œil noir et un œil bleu.
Il était beau. Très beau. Un prédateur entièrement façonné pour plaire et attirer ses proies. Chaque partie de sa nouvelle apparence attisait le regard autant que son regard fascinait. On avait l'impression de voir se dresser devant nous une statue munie d'une beauté irréelle.
- Je..., commença t-il assez difficilement. C'était presque étrange, ce son qui sortait de sa bouche et qui devrait former des syllabes puis ensuite des mots. Des phrases que les gens comprendraient.
- Je..., sa voix semblait coincée dans sa gorge.
- Je...je...suis Marshall, parvint-il à dire comme si il se redécouvrait pour la première fois.
Un sourire s'esquissa sur ses lèvres pleines et sèches avant qu'il ne s'élance en dehors de la forêt en direction du chalet.
**
Le soleil arrivait à peine à percer l'épaisse couche d'ombre que créait les immenses arbres. J'ignorais combien de temps je m'étais endormie sous cet arbre après m'être violemment cognée la tête.
Les plantes commençaient à se disperser et la végétation se fit moins oppressante. J'arrivais à distinguer quelques formes familières.
J'inspirai en avançant plus vite, pressée de retourner auprès des miens.
Bientôt la silhouette inerte de la bâtisse en bois se dessina. Je ne pus retenir un soupir de soulagement. Mes épaules devinrent plus légères comme si on n'y avaient retiré plusieurs poids. Quelques larmes faillirent même descendre de mes joues.
J'avais mal partout et étais complètement éprouvée. Les évènements traumatisants que j'avais vécu tournaient en boucle dans ma tête. Les sensations que j'avais ressentis parcouraient mon épiderme et me laissait une impression horrible qui ne m'inspirait plus que révulsion.
Je me sentais comme une petite fille de quelques années à peine qui souhaitaient à tout prix se réfugier dans les bras protecteurs de ses parents. La seule chose que je voulais c'était retrouvé ma mère, ma soeur et ses deux idiots pour les enlacer.
Je repris mon chemin, les jambes tremblantes et les yeux mouillés. C'est quand je traversai l'entrée qu'un soupir empreint de soulagement et sanglotant s'échappa d'entre mes lèvres.
Mon cœur battait la chamade alors qu'un silence inquiétant baignait dans le chalet. L'appréhension me gagna et au fur et à mesure que je montais l'escalier se mua en angoisse.
Je tentai de courir, en vain. Je me déplaçais de plus en plus lentement. La fatigue avait raison de moi.
Je ne comprenais absolument rien en à ce qu'il se passait et tout ce que je devais déjà supporter ne faisait qu'aggraver le sentiment que j'allais bientôt m'écrouler.
Je décidai de me diriger vers le Salon. L'endroit le plus propice aux recherches.
Les portes en bois étaient grandes ouvertes mais aucun bruit n'en sortait.
Je m'effondrai à quelques mètres de mon objectif, ne pouvant plus continuer.
La fenêtre près de moi, à ma droite explosa. Des débris de verres vinrent s'échouer sur le sol dans un grand fracas et d'autres attérirent dans mes cheveux gras et emmelés.
Un homme blanc, nu, tout de muscles et aux cheveux noirs apparut devant moi.
Un charme félin émanait de lui, presque hypnotisant. L'air déjà lourd sembla s'appesantir en sa présence.
Une aura sombre nimbait son corps blanc comme un linge et couvert de cicatrices.
Il tourna lentement son visage vers le mien. Immédiatement, je fus foudroyé par la beauté de son regard. Ses yeux étincelaient de manière presque anormales.
Les traits de son visages étaient si fins que j'eus du mal au premier abord à croire qu'une personne avec des caractères physiques pareils puisse exister.
Les brûlures sur son corps n'entachaient en rien l'image qu'il renvoyait.
Je respirai plus rapidement pendant que mon cœur tambourinait à tout allure dans ma cage thoracique. L'adrénaline me prit par les tripes et revigora chacun de mes muscles endoloris.
Son regard sur moi me laissa une agréable sensation, comme si, je pouvais lui faire confiance.
- Alice, murmura t-il en s'approchant.
En un éclair il fut près de moi. Ses grandes mains calleuses aux ongles crochus posés sur mes joues. Étrangement, je n'eus pas peur.
C'était même tout le contraire.
- Non...Gabrielle, dit-il en arrimant son regard aux miens.
Ses yeux me faisaient penser à ceux de Morghan mais aussi à ceux d'Hortence. J'avais l'impression de les voir, eux, à travers lui.
- Oui...Gabrielle, répéta t-il comme une berceuse. Le fait d'énoncer mon prénom paraissait l'apaiser plus qu'il le fallait.
Il posa son front contre le mien. Un contact physique qui m'ébranla aussi plus que je ne saurais le décrire.
Puis il disparut. Sans que je puisse émettre la moindre objection.
Que venait-il de se passer ?
**********
Désolée pour le (énorme) retard !!
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Alpha
WerewolfHistoire mise en pause. Je suppose que si vous avez cliqué sur cette histoire c'est qu'elle vous semblait intéressante ? Je pourrais très bien vous dire là tout de suite que c'est une histoire de Loup Garou, une femme, un homme qui tombent amoureu...