Affalé dans mon fauteuil, j'observe ma brune et mon chocolat, bien sages sur mon canapé, en tripotant l'anneau à mon oreille. L'une affiche un sourire resplendissant, l'autre pas franchement. Ce rapprochement physique entre nous aurait dû la dérider, pourtant. D'autant plus que si on oublie l'épisode sanglant, je lui ai quand même filé un orgasme.
— J'ai parlé avec mes informateurs au sein des « Lumières de l'Humanité » ce matin, nous annonce Sine.
Faire le point sur ce groupe est impératif avant que je m'y introduise, d'où sa présence.
— Il ne se passe pas grand-chose en ce moment, m'ont-ils dit. Aucune action en perspective. Kovacevick se concentre surtout sur le mariage gay. C'est sa nouvelle cible.
Je pouffe de rire en imaginant ses baisers torrides avec mon uro. Je demande :
— Personne n'évoque les meurtres ?
— Non, personne. Il y a des chances que cela ne les concerne pas.
Putain, c'est louche. C'est pas possible qu'il n'y ait pas un lien. Trop de patients sont approchés par cette secte. Je sors mon portable et montre une photo zoomée du mec d'Alex à la journaliste.
— Ça te dit quelque chose ?
— Non, je ne vois pas, répond-elle.
— Sine, il bosse pour Kovacevick, réfléchis!C'est important.
— Vraiment, je ne vois pas... Ah, attends !
Elle fouille dans son dossier, sort un cliché du Croate entouré de gorilles et pointe son doigt sur un jeune type en arrière-plan.
— C'est lui. Mais je ne connais pas son nom.
— Putain ! Mais il a quel âge ? C'est un môme. Balèze mais tout jeune.
— Étrange que je n'aie pas son nom. Il faut que je demande à mes contacts, pense à haute voix Sine, motivée.
J'avale la fin de ma bière en matant ma belle brune en pleine introspection.
— Ça va, ?
— Oui ! dit-elle en sursautant. Je suis juste crevée !
— Tu peux aller te coucher si tu veux ! La chambre est au fond du couloir.
Son regard me foudroie.
— Oh, c'est bon ! Relax, je plaisante.
Elle inspire profondément en se renfonçant dans le canapé. Toi, t'es pas dans ton assiette, tu réfléchis trop.
— Bien ! Moi aussi je suis crevé, dis-je en les observant tour à tour.
Personne ne bouge. Bon, les meufs, il va falloir s'activer. Sine jette un regard en coin à sa copine, lui sourit, gênée, puis à moi, m'exprimant son désir que j'éjecte sa voisine qui croise les jambes, s'installant un peu plus .
Elles veulent toutes les deux rester ? C'est flatteur. Mais l'enthousiasme de mon petit chocolat devient dangereux et la culpabilité de la brune trop galère. Jaylie, rappelle ta call-girl, t'auras moins d'emmerdes.
— Bon, les filles, j'ai dit que j'étais crevé. En d'autres termes, ça veut dire je vais me pieuter. Vous pouvez continuer à papoter, claquez la porte en sortant.
Jelem se redresse brutalement, suivie de Sine, déçue. Elles disparaissent en me saluant à peine. Seul, au milieu de mon salon, je tourne sur moi-même. Caramel ! Putain, j'ai complètement zappé le chat depuis plusieurs jours ! Il est où, cet abruti ? Séché au fond de ma penderie ?
Sa gamelle et sa litière ont disparu. Le con ! Il s'est barré avec toutes ses affaires ou alors c'est le mec qui est venu fouiller pour trouver ma carte qui a tripé sur cette boule de poils. Bon débarras.
On frappe. Une de mes deux amies fait de la résistance, on dirait.
J'ouvre la porte et tombe nez à nez avec celle sur laquelle je n'aurais pas parié. La grande brune, mal à l'aise, le regard fuyant. Ça fait chier de la voir comme ça ! Ce n'est pas elle !
— jaylie, je...
Silence. Une épaule appuyée au chambranle, je croise mes bras sur mon torse.
— Oui ? Tu veux me parler ? Il y a quelque chose qui ne va pas ?
— Je...
À ce rythme, on ne va jamais s'en sortir. Je vais dormir sur le paillasson. Mec, provoque-la. Tu vas l'aider à retrouver la pêche.
— jelem , qu'est-ce que tu veux ? Qu'on baise ? C'est ça ?
Ses deux billes me perforent les rétines. Eh bien, voilà ! Elle est de retour ! Bordel, j'ai flippé. Subitement, son poing se referme sur le col de mon T-shirt, me tire sur le palier, me plaque contre le mur. Doucement ! Je voulais juste te filer un coup de main, pas me faire démolir la tronche ou... Sa bouche pulpeuse se rapproche de la mienne. Elle va me violer !
— jaylie, je me prends la tête et je déteste ça, susurre-t-elle contre mes lèvres.
Non, mec ! N'y pense pas ! Range ta langue.
— Ça tombe bien, moi aussi. Mais tu ne m'as pas l'air très douée, je peux t'apprendre.
— Ferme-la ! Je tiens à ce que les choses soient claires entre nous. Je suis avec Aurélien, je l'aime.
Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Je hausse les sourcils en souriant, ses doigts se crispent encore plus sur mon col.
— jelem, je suis très content pour toi. C'est génial.
— Je ne laisserai personne foutre la merde dans mon couple ou dans mon boulot. Tu comprends ?
Alors là, tu commences à être comique. Mais tu vas vite me gonfler. Un coup d'épaule et je la fais pivoter brutalement contre le mur, l'écrasant avec mon corps. Je plonge mes prunelles bleues dans les siennes, affolées.
— jelem, qui t'essaies de convaincre ? Car la seule personne ici qui risque de foutre la merde dans sa vie, c'est toi. T'es amoureuse, très bien ! En couple, tant mieux ! On a juste failli baiser car techniquement j'ai pas joui. C'était top, mais rien qui vaille de se prendre la tête. Alors arrête de te triturer les méninges.
Elle cligne des yeux.
— OK. J'avais juste besoin de l'entendre. Il n'y a pas de problème, alors.
— Non, aucun.
— On a juste... presque baisé, rien de plus.
— Rien de plus.
Je la dévisage. Elle tourne la tête, cherchant à fuir. Toi, tu me caches quelque chose et ça m'énerve. J'aime les situations claires ; les non-dits, c'est une source d'emmerdes.
— Qu'est-ce que tu veux ?
— Rien ,C'est bon.
— Me prends pas pour un con, jelem . T'es pas remontée jusque chez moi juste pour t'assurer que j'allais pas foutre le bordel. Tu sais très bien comment je fonctionne et que ce n'est pas mon genre.
— Non ! C'est bon ! Tout va bien ! On est sur la même longueur d'onde, alors lâche-moi, maintenant !
— Tu mens très mal.
Nous nous défions du regard. Puis le sien glisse vers ma bouche. Son souffle s'accélère légèrement, ses hanches basculent discrètement vers les miennes. Bordel ! Je ne comprends plus rien. Elle est revenue pour que je la saute. Saleté de psychologie féminine tordue !
— jelem, si tu as besoin de mes services, il n'y a pas de souci mais au cas où tu l'aurais oublié, c'est bourré de caméras chez moi.
— On est bien ici, non ?
Arrêt sur image et de la pensée.
— Jaylie, je...
— Ta gueule ! Tu parles trop !
Mes lèvres s'écrasent sur les siennes, les fracturent pour y introduire ma langue. Mes mains s'engouffrent dans ses cheveux, pressent son visage contre le mien, les siennes glissent autour de ma taille. J'incruste ma queue compressée dans mon jean contre son bas-ventre. Haletante, elle plante ses dents dans ma lèvre inférieure et descend dans mon cou en murmurant :
— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée...
Eh merde ! La contradiction, c'est pas mon fort. Mec, reprends-toi ! Cette nana est un sac d'embrouilles. Elle sait pas ce qu'elle veut. Pourtant elle est en train de me sucer la carotide et... oh, putain ! sa main s'empare de ma bosse dans mon fute qui devient carrément un œdème. Jaylie, pense à Lucie, le gourdin, les fils barbelés... Ça ne marche pas, ces conneries ! Je gonfle à vue d'œil.
J'inspire profondément, serre les dents et recule d'un pas.
— jelem, stop !
Il en faut pas plus pour qu'elle se raidisse. La vache ! C'était moins une.
— Qu'est-ce qu'il t'arrive ? me demande-t-elle, paumée.
— Rentre chez toi ! C'est mieux pour toi.
— Parce que d'un seul coup tu te préoccupes de ce qui est bon pour moi ? Laisse-moi rire. Je sais ce que je fais.
Elle fume sur place. C'est franchement con d'en arriver là. Je l'aime bien, cette fille. Je pose ma paume sur sa joue.
— jelem, j'ai très envie de baiser mais c'est le bordel dans ta tronche, pas dans la mienne. Va pas foutre en l'air tout ce que tu as construit pour un plan cul qui deviendrait au mieux une amitié sympa.
Figée, elle m'observe longuement et sourit. Là, c'est mieux.
— Comment tu fais ? me demande-t-elle.
— Pour ?
— Pour être si intense et si détaché à la fois. Pour tout cliver.
— J'en sais rien. C'est comme ça.
— Tu as raison. Je rentre.
Déjà elle se dirige vers l'escalier, puis se retourne.
— Tu sais,jaylie, ce qui me fout les boules, c'est de tromper mon mec. C'est la première fois. Ça n'a rien à voir avec toi.
Je souris en me passant la main dans les cheveux. Je hais être une première fois.
— Tu progresses dans ta réflexion. Allez, dégage avant d'arriver à me faire changer d'avis.
Elle dévale les marches en riant. Je claque la porte avec mon pied.***
« 7 heures. Mon portable vibre.
> jelem : Retrouve-nous au 36.
Il y a du nouveau.
Qu'est-ce qu'il se passe encore ? Une éventration ? Un égorgement ? Une castration ?
Une douche brève, un jean, un T-shirt, mon flingue, mon blouson en cuir et me voilà déjà le cul sur ma moto. J'arrive au poulailler encore à moitié endormi, retrouve mes collègues rassemblés autour du PC de Marius . J'ai rien fait ces derniers temps ! Attends, je réfléchis !
— Salut, la compagnie ! Alors, qui a perdu ses couilles aujourd'hui ?
Tous les regards se tournent vers moi. Sourires de circonstance. Marius se lève pour m'accueillir.
— Viens voir ! J'ai intercepté des trucs sur le PC du geek. Ça va t'intéresser.
— C'est un film de cul inédit ?
Je pose mon casque et me plante devant l'écran, les mains dans les poches. Je siffle face à la scène très hot qui se déroule devant mes yeux. Eva la nympho en pleine action avec... ah, ouais ! notre uro.
— Quel tombeur, celui-là ! Il bouffe à tous les râteliers !
— Attends, ce n'est pas fini ! Tu vas moins rire ! me souffle jelem à côté de moi.
Je crains le pire en voyant la gueule réjouie de kira. Le film s'arrête puis brutalement débute une autre séquence. Oh la vache ! Je me découvre inconscient, les bras en croix sur le tapis : une nana s'acharne à aspirer ma bite molle pendant qu'Alex se fait refaire les pattes arrière.
— Quelle soirée ! dis-je en me marrant comme un dingue.
Soudain, j'écarquille les yeux. Face à mon coma, la blonde lâche l'affaire, s'installe sur le canapé et exhibe une belle verge avant de s'astiquer.
— MERDE ! J'étais sûr que c'était un mec.
Hilare, j'en ai les larmes aux yeux. Le costard-cravate secoue la tête en marmonnant « il est taré ». Xercès et Diany pincent les lèvres pour ne pas partir en fou rire et jelem ricane derrière sa main.
Marius sélectionne un autre fichier – et là, ça rigole plus du tout. On me voit danser avec jelem dans le bar en face de chez mes parents. Je tourne la tête vers elle, elle est décomposée. Ça coupe. On me retrouve en train d'entrer dans l'hôtel où la SM m'attend. Marius monte le son : des rires. Un que je ne connais pas et celui très identifiable d'Alex.
« Allez, mec, on y va ! » lance-t-il.
Jelem, énervée, dégoupille la première.
— kira, Jaylie , occupez-vous d'Alex ! Xercès et Diany du geek ! Ramenez-moi tout de suite ces deux connards !
On ne s'emballe pas, ma poulette ! Casse pas mes plans !
— jelem, laisse Alex pour le moment. J'ai un rencard ce soir avec lui. Chez Kovacevick.
— Et alors ? D'abord il va s'expliquer sur ses talents cinématographiques. Kira, va me le chercher !
Xercès et Diany détalent. Le bon chien se prépare à partir en courant, je me décale devant la porte.
— Non ! Jelem, écoute-moi ! Cette soirée est importante. Si je perds la confiance d'Alex, c'est mort. Interroge le geek et on coffre Alex après. De plus, ça nous fait un mobile pour aller le cueillir là-bas. J'ai plus besoin de m'y faufiler en douce. Vu les spécimens, ça m'arrange même.
— kn, dégage ! Tes idées sont foireuses ! Comme toujours ! crie le blondinet.
— Ferme-la, kira , sinon je te garantis que t'auras la cervelle tellement en bouillie que tu n'auras plus jamais d'idées.
— C'est bon ! Ça suffit ! OK ! On le coffre ce soir ! J'irai avec toi à cette petite sauterie ! Histoire de m'assurer que tu ne finisses pas encore par expérimenter je ne sais quelle pratique sexuelle.
Je souris et laisse l'autre débile partir en râlant, dépité de ne plus être le chouchou.
— Dis-moi Jelem, t'es jalouse du travelo, on dirait ?
— Ça ne va pas, non ?
— Allez, avoue ! Tu rêverais de...
— Mais bien sûr ! Je ne rêve que d'une chose, c'est de t'aspirer avec ma bouche, te lécher partout, mais vois-tu, je crains de ne plus pouvoir me passer de toi, de tomber amoureuse...
— Ah ça, c'est pas cool ! Tu ne peux pas juste te contenter de me sucer ?
Elle éclate de rire en me montrant la sortie.
— Dégage !__________________
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Jaylie murder&sex[En ECriture]
Mystery / ThrillerJaylie .ok, je vous l'accorde c'est bizarre comme prénom pour un mec. Mais pour toute réclamation ,adressez-vous à ma génitrice ,vous allez voir,elle est charmante. Que dire sur moi? Je suis flic à la brigade de répression du proxénétisme ,j'ai un...