Nausicaa E.: Mauvaises découvertes

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Après plusieurs heures de marche épuisante, il faut le dire, nous arrivions enfin à leur repaire miteux. Beurk ! Tout est sale, la poussière n'est pas faite, il y a des toiles d'araignées partout, décevant pour des résistants ! Je m'attendais à quelque chose de solide pas à... ça. Cet endroit est un vrai dédale de terre sans aucune luminosité autre que celle des torches. Impossible de s'y retrouver sans plan.

Le déroulement des événements m'a fait penser à sa cause, c'est à dire ma mère. Pourquoi ? Depuis tout petit, c'est un être doux avec moi, qui veut toujours me protéger du monde extérieur, elle et mon père ont tout fait pour moi alors pourquoi me faire ça ? Et pourquoi maintenant ? Il y a forcément une explication ! Non, je suis juste en train de me rassurer, de me dire que mes parents m'aiment toujours, mais qu'est ce qui aurait pu les pousser à me chasser ainsi ? Je ne vois pas. Et dans tous les cas ils m'en auraient parlé, ce qui n'est pas le cas.

En attendant, pendant que je tergiversais, mes kidnappeurs m'ont emmené dans une petite pièce sombre sans fenêtre, je n'avais donc aucune idée de mon emplacement. Et puis j'eus soudain une pensée pour Ondine ; où était-elle ? D'ailleurs était-elle toujours en vie ? Oui, c'était obligé, je ne pouvais me résoudre à avoir échoué à cette mission, la seule qu'on met jamais confié...Mais que faisait-elle ? Je préférais arrêter d'y penser plutôt que de continuer à me torturer l'esprit.

La torture, parlons en d'ailleurs, était-ce se qui risquait de m'arriver ? Je n'y survivrais jamais.

Je fus réveillé au petit matin par un seau en pleine face.

Hum, fabuleux ! Mon réveille préféré dis donc.

Et cela dura plusieurs jours. Ma captivité était barbante. Je ne voyais personne, mangeais très peu, ne sortais jamais... bref l'horreur. Et pour couronner le tout, je commençais à me dessécher. Je le sentais, les seaux d'eau en pleine face n'étaient pas suffisant pour me garder en bon état. J'étais plus faible que jamais et passais mon temps à dormir à moitié évanoui.

J'avais comme qui dirait un sixième sens. C'est à dire que j'arrivais à percevoir mon corps de triton lorsque j'étais sous ma forme humaine, et dans ces cas là, aucune autre personne ne pouvait voir le triton ressortir. Vous me direz, à quoi ça sert ? Eh ben... pas à grand chose en fait, simplement en ce moment, je pouvais voir l'état de mon triton sans avoir à me changer -oui, cela renforçait mon côté paresseux, je confirme, mais de toute manière je n'étais plus capable d'amorcer une transformation. C'est ainsi que je me rendais compte que mes écailles toutes sèches tombaient une à une, s'arrachant comme de la peau morte, et le jour où un Triton n'a plus d'écailles, il meurt.

Et puis, un jour, en plein milieu de la nuit, enfin ce que je supposais être la nuit pour peu de ce que j'en savais, un énième seau d'eau vient s'écraser en plein sur ma magnifique tête.

- Debout incapable, le Liedra veut te voir.

Liedra désignait chef en Osirien, je le savais grâce au peu de cours de français que j'avais suivi sans dormir.

Ce réveil, je le devais au père de Ebehne, le type qui m'a réveillé dans la forêt à l'aide de sa lance, très mauvais souvenir si vous voulez mon avis. Enfin, tout cela, je l'ai deviné à force de tendre l'oreille pour écouter les diverses conversations. Il faut dire aussi que je m'ennuie ! D'ailleurs, en bon curieux que je suis, j'ai appris que Ebehne au terme de ces deux semaines était toujours retenu prisonnier et qu'aucune expédition n'était prévu pour le secourir. Oui ils étaient très bavard ces humains et ingrats, mais bon ce ne sont pas mes affaires.

Mes geôliers entrèrent et me prirent chacun par une aisselle pour me relever. J'étais à bout de force, mes jambes cédèrent sous moi, si bien qu'ils m'ont à moitié porté, à moitié traîné jusqu'au bureau du Liedra.

CALIETOSS - RenaissanceWhere stories live. Discover now