Nous nous remîmes à l'entraînement dès le lendemain de notre retour. J'avais hâte d'essayer mes nouvelles armes. L'été commençait tout juste, ce qui nous laisserait suffisamment de temps pour parfaire mes différentes formations.
Tarkal installa au fond de la clairière des cibles que je devais atteindre de plusieurs distances et positions différentes. Il me dispensait également des leçons de lancer de couteaux et du combat au corps à corps. Je trouvais ce dernier exercice particulièrement difficile. Je manquais de force, mais je le compensais grâce à une rapidité et une agilité qui surprenaient régulièrement mon mentor.
Le temps passant, je devins une excellente archère et mes lancers de couteaux atteignaient toujours leurs cibles. Je me lançais des défis personnels en permanence et n'avait de cesse de m'entraîner que lorsque je les avais atteints. J'aimais plus que tout lire dans les yeux de Tarkal la fierté et l'admiration qu'il éprouvait à mon égard. J'aimais le taquiner et je pense qu'il aimait ça aussi. J'avais découvert chez lui un sérieux sens de l'humour que je n'aurais jamais pu soupçonner. Je sentais qu'il avait retrouvé sa joie de vivre, tout comme moi et on avait fini par se tutoyer naturellement comme des amis de longue date.
***
La fin de l'été approchait et l'une de nos chamailleries habituelles avait fini par devenir une leçon de combat rapproché et malgré tous mes efforts, je n'arrivais toujours pas à avoir le dessus sur lui. Il me plaquait donc au sol, assis à califourchon sur moi et me maintenait fermement les poignets. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du mien.
– Tu vois, malgré ta rapidité et ton agilité, le combat rapproché reste ta faiblesse, c'est pour ça qu'il vaut mieux que tu sois rusée et à distance. Et surtout que tu uses et abuses de l'effet de surprise, un homme et à plus forte raison un Samourat ou un Konin ne s'attend pas à ce qu'une femme se batte. Encore plus quand on te voit. À première vue tu n'as pas la carrure d'une guerrière.
– Et de quoi donc aie-je l'allure monsieur ?
Mon ton était taquin, mais j'étais sincèrement curieuse de le savoir, j'ignorais complètement ce que je pouvais inspirer aux gens quand ils me voyaient et je savais que Tarkal me répondrais honnêtement. Ma question eue pourtant l'air de le gêner. Il ne savait apparemment pas trop comment répondre. Ses yeux étaient rivés aux miens, je sentais la chaleur de ses mains sur mes poignets, le poids de son corps sur le mien, une sensation étrange et complètement inconnue m'envahit. J'eus l'impression qu'il partageait cette sensation. Le silence commençait à devenir gênant comme il ne l'avait jamais été entre nous jusqu'à présent. Il finit par répondre :
– Tu es vraiment belle, plus qu'aucune femme que j'ai connue jusqu'à présent, mais il n'y a pas que la beauté extérieure, il émane quelque chose de toi qui donne envie de te connaître.
Une bouffée de chaleur m'envahit soudain, elle remonta de mon bas ventre jusque dans ma poitrine, me brouilla la vue, j'avais du mal à déglutir. Mon corps se tendit vers le sien et mes lèvres se posèrent sur les siennes. Elles étaient chaudes et humides, c'était une sensation incroyable que je ne connaissais pas, n'ayant encore jamais embrassé personne. Il me rendit mon baiser. Je me consumais de l'intérieur. L'une de ses mains lâcha mon poignet et me caressa le visage, puis elle descendit doucement jusqu'à ma cuisse. Je ne pouvais plus m'arrêter de l'embrasser, j'avais l'impression de libérer des années de retenue, de brimade, de violence. Nos respirations se firent haletantes, je ne voulais plus qu'il s'arrête. De ma main libre je lui caressais la nuque, le cou, le dos. Sa main quitta ma cuisse et remonta sous ma chemise à la rencontre de la rondeur et de la chaleur de mon sein. Je me cambrais et me tortillais sous lui, mon corps allait à la rencontre du sien. Quel délice, un flot de sensations m'envahissait à chaque instant, personne ne m'avait jamais touché comme ça non plus. Il me retira délicatement ma chemise puis mon pantalon et resta au-dessus de moi à me regarder. Étonnamment je n'y ressentis aucune gêne, son regard était admiratif et flatteur.
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Astria Tome I Métamorphose
FantezieOn ne naît pas tous sous une bonne étoile, et Ragune en sait quelque chose. Adoptée par un couple en quête d'une esclave plus que d'une fille à chérir et qui la mariera de force à une brute sans compassion, elle frôlera la mort avant de découvrir qu...