chapitre 4 : visite à la morgue.

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Raven s'etait reveillée au milieu de la nuit en sursaut et en nage et elle n'avait pas reussi à se rendormir non seulement parce que son lit aussi dur qu'un roc craquait sans arrêt quand elle se retournait sur celui-ci, mais aussi à cause du cauchemar qui venait la hanter chaque fois qu'elle réussissait à fermer l'oeil.

Elle se voyait devant les portes d'une petite chapelle aux allures glauques et lugubres, la même petite chapelle où se trouvait le fameux clocher au dessous duquel le tueur d'Evercreek déposait ses victimes. Elle se voyait plus jeune avec dix-sept ans de moins.
Elle devait tout juste avoir cinq ans et son regard embué de larmes trahissait une vive crainte qu'elle tentait de dissimuler tant bien que mal derrière son air décidé. Elle marmonnait doucement des petits mots d'encouragement pour s'insuffler assez de force et pouvoir ouvrir les lourdes portes en bois qui se dressaient devant elle et à l'instant où elle les poussa enfin un orage éclata dans le ciel, faisant gronder le tonnerre qui l'a fit sursauter et des énormes gouttes de pluie ne tardèrent pas à s'abattre en cascade sur son petit corps frêle. Elle hésitait encore à mettre un pied dans la chapelle quand un cri strident se fit subitement entendre la remplissant d'une immense peur qui mit à terre toute les défenses mentales qui l'empêchaient de paniquer plus tôt. Alors ni une ni deux elle se précipita à toute jambes à l'interieur en criant le nom de ses parents et en déversant toute les larmes de son corps. Elle se ruait en direction des escaliers qui menaient jusqu'au clocher quand elle sombra soudain dans un gouffre sans fond aussi sombre que les ténèbres.

Ce cauchemar qui avait paru si réel n'avait eu de cesse de tourner en boucle dans la tête de raven et elle ne comprenait pas pourquoi elle se voyait devant cette église.

Je suis tellement investi dans cette enquête que la scène de crime vient hanter mes nuits , pensa Raven en chassant les bribes d'images de son cauchemar d'un geste de la main. Si sa tante avait été là, elle aurait surement dit que c'etait le signe d'un mauvais présage, que ce rêve la mettait en garde contre un danger futur.

Raven lâcha un soupir avant d'avaler une gorgée de son thé à la cannelle que Bonnie, la propriétaire de l'auberge "chez Bonnie's" lui avait fait monté dans sa chambre. Elle etait assise sur le rebord de sa fenêtre, observant l'aube se lever au loin, sa tasse fumante en main. Le soleil commençait à poindre pour illuminer le ciel constamment grisé d'Evercreek.

À Evercreek les rayons du soleil etait toujours aussi doux que ceux d'une journée d'hiver, de même pour le temps qui etait toujours morose comme si un orage etait à chaque fois sur le point d'éclater.

Le reveil jaz posé sur la table de chevet se mit soudain à sonner, faisant sursauter raven et la sortant par la même occasion de sa contemplation. Elle jeta un coup d'oeil à l'heure affiché sur le reveil : six heures quinze minutes, il etait temps pour elle de s'apprêter.

Lysander etait encore allongé dans son lit, le regard rivé au plafond quand son reveil dep en marbre sonna.
Il se redressa, s'assit sur le bord de son lit et fit cesser le son bruyant du reveil tout en jetant un coup d'oeil à la blonde blotti dans ses couvertures. Celle-ci se retourna dans le lit, laissant exposer son cou sur lequel se trouvait une trace de morsure. Elle etait toujours endormi, apparemment le bruit qu'avait fait le reveil semblait ne pas l'avoir dérangé.

Lysander se leva et s'étira avant de rejoindre sa salle de bain.
Il n'avait pas cessé de penser à raven depuis hier, il l'a revoyais encore se tenant devant la porte, dans son tailleur bleu marine qui déssinait parfaitement bien ses courbes. Il parvenait encore à sentir son odeur, cette odeur qui l'empêchait de bien refléchir et qui lui donnait sans cesse faim. Oh oui, il avait faim, faim d'elle, faim du sang qui circulait dans ses veines. Jamais aucun humain ne lui avait provoqué une tel soif de sang et de même aucun sang ne lui avait fait autant envie. Il avait tenté vainement d'oublier cette appétit vorace en s'abreuvant du sang de la femme endormi dans son lit sans y arriver, même se laisser aller dans ses bras n'avait pas pu éffacé un temps soit peu l'image de la jolie rousse. Au contraire il avait plutôt sauter cette femme et bu son sang comme s'il s'etait agit de raven.

meurtre sous le clocherOù les histoires vivent. Découvrez maintenant