•• Chapitre 14 ••

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• Sofia •
Je me redresse pour laisser Antoine aller ouvrir la porte, encore confuse de ce qui allait ce passer. Ce matin encore, Antoine était mon ami, et rien de plus. Mais là, côte à côte sur le canapé j'ai eu cette envie incontrôlée de me blottir contre lui. Et quand il a plongé son regard dans le mien, j'ai senti un frisson parcourir chaque cellule de mon corps. Mais quand j'ai entendu que quelqu'un frapper à la porte, je n'ai pas pu m'empêcher d'être terriblement déçue.
Antoine se levait et se dirigeait vers la porte d'entrée. Je suis restée sur le canapé en l'attendant, essayant de deviner à qui appartenait cette voix.

• Antoine •

Lorsque j'ouvris la porte, Roxane, cette fille superficielle qui me colle depuis des mois, entra sans attendre dans l'appartement.
- Salut toi, j'ai entendu dire que tu étais tout seul chez toi ce soir alors je suis venue te tenir compagnie ! Regarde j'ai apporté du chinois !
Elle s'avança dans la cuisine et commençait à sortir le contenu de son sac plastique.
- Non attend, tu n'y es pas du tout. Je ne suis pas seul Roxane. Tu dois t'en aller.
Il fallait que je me débarrasse d'elle au plus vite.
- Oh je vois ! me dit-elle avec un sourire qui s'étirait jusqu'aux oreilles, tu es en plein rencard et je te dérange. Alors, qui est-ce ?
- Premièrement ce n'est pas un rencard, deuxièmement oui tu me dérange et troisièmement ça ne te regarde pas.
- Mais c'est qu'il est vexé ! Ta copine et toi vous étiez sur le point de faire voler vos vêtements et je vous ai interrompu ! Oh, excuse moi !
Elle explosa de rire ce qui m'irritais encore plus.
- Roxane, tu m'écoutes quand je te parle ? Je t'ai dit que ce n'est pas ma copine et qu'on ne s'apprêtait absolument pas à faire quoi que ce soit.
Elle fit un pas et se retrouvait juste devant moi. Elle commença à faire danser ses doigts sur mon torse pendant que j'essayais de garder mon calme.
- Alors embrasse moi, si elle n'est pas ta copine elle ne diras rien. Et puis, je sais que tu en as autant envie que moi...
- Non tu te trompe Roxane.
Elle s'avança encore et prit mes main qu'elle posa sur ses hanches.

• Sofia •

Ne voyant pas Antoine revenir je me levait du canapé et alla dans la cuisine. Je m'arrêtais dans l'encadrement de la porte, le voyant tenir une une magnifique blonde par les hanches.
- Bien sûr que si, chuchotait-elle a son oreille lorsque je suis arrivée. Elle l'attirait contre lui et posa ses lèvres contre les siennes. Antoine ne cherchait pas à la repousser, au contraire, le baiser devenait de plus en plus ... Passionné ? Je crus recevoir un coup de poignard en plein poumon. Je me mordis la joue pour m'empêcher de dire quoi que ce soit et m'approcha de mon sac qui était à un mètre devant moi, posé contre le mur. J'enfilais mes chaussures et ramassais ma veste et mon sac. Le bruit les informa de ma présence puisqu'il se séparèrent en me regardant un instant. La fille me lança un regard presque narquois.
- Ne vous arrêtez pas pour moi. Je m'en vais.
Je me dirigeais vers la porte quand Antoine essaya de me retenir en m'attrapant le poignet.
- Non Sofia, reste, ce n'est pas ce que tu crois. Je te jure.
- Je ne crois rien du tout, je constate. Et justement ce que je constate c'est que je t'ai interrompu en plein baiser, et qu'apparemment je suis de trop ici.
- Elle est maligne la petite ! dit la blonde en s'adressant à Antoine.
- Roxane tait toi. Sofia s'il te plait, laisse moi t'expliquer...
- Il n'y a rien à expliquer, ai-je répondu en même temps que celle qu'il a appelé Roxane.
Un court instant de silence envahi la cuisine.
- Tu vois, dis-je en plantant mon regard dans le sien.
Ses yeux me déstabilisaient. Je dégageait mon poignet de sa main et bredouilla un rapide " Au revoir Antoine " avant de m'élancer dans le couloir. Alors que je commençais à descendre rapidement les escaliers, j'entendis des pas ce précipiter dans le couloir, ce qui me fit accélérer.
- Sofia ! S'il te plait attends !
- Je dois y aller ! ai-je crié sans me retourner.
Arrivée en bas de l'immeuble, je me suis mise à courir pour rentrer chez moi. Je n'avais aucune envie qu'Antoine me rattrape pour m'inventer je ne sais qu'elle histoire. Et après tout, on était pas ensemble, je ne vois pas en quoi il devrait se justifier auprès de moi d'avoir embrassé cette fille. Cependant je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir mal.
Même loin de chez lui j'ai continué de courir, essayant de me vider la tête.
- Tu es déjà rentrée ma chérie ? m'a demandé ma mère quand elle me vit franchir le seuil de la porte.
- Oui.
- Ça ne c'est pas bien passé ?
- Pas exactement non.
Elle posa son torchon et s'est approchée de moi pendant que je retirais mes chaussures.
- Tu veux m'en parler ?
Maman plaça une mèche de cheveux derrière mon oreille et me caressa la joue.
- Je n'en ai pas très envie non.
Elle me sourit et ouvrit les bras. Je me blottis contre elle et senti alors tous mes muscles se relâcher. J'ai fermé les yeux et l'image de ce baiser revint au galop dans mon esprit. Sans que je m'en rendre vraiment compte, une larme roula sur ma joue. Je me suis empressée de l'essuyer ne voulant pas me laisser aller.
- Aller mon ange, suis sûre que tout va s'arranger, quoi qu'il se soit passé.
J'hochais la tête en essayant de sourire pour ne pas l'inquiéter.
- Tu as mangé ? Il reste du poulet et des pommes de terre si tu veux.
- Merci maman mais je n'ai pas très faim. Je préfère aller me coucher.
- Comme tu veux. Bonne nuit chérie.
Elle me serra une nouvelle fois contre elle et m'a embrassée la tempe. Je suis ensuite allée jusqu'à ma chambre et m'écroulais sur mon lit. Tout en fixant le plafond j'essayais de me concentrer sur autre chose que la soirée de ce soir, quand j'entendis mon portable vibrer dans le fond de mon sac. Une fois. Puis une deuxième fois. À la troisième sonnerie j'ai décidé d'aller l'éteindre. Quand j'ai jeté un œil à l'écran, j'ai trouvé sept appel manqué et presque autant de textos... Venant tous d'Antoine. Il y en avait un d'Emma que je décidais de lire :
Salut, je sais que tu es occupée ce soir mais c'est juste pour te dire que j'ai pris les places pour le prochain récital, je te les donnerais lundi.
Bisous.
E.
Je la remerciais en lui souhaitant une bonne soirée. Un instant plus tard elle me répondit pour me demander comment avait-je pu trouver le temps de lui répondre en plein rencard. Je lui ai répondu que c'était parce que ce n'était pas un rencard, et ensuite parce que j'étais rentrée chez moi. Et comme Emma est une vrai commère, j'ai eu droit à son appel quelques secondes plus tard. Je lui ai alors raconté toute la soirée, en oubliant volontairement l'épisode du canapé où il ne s'est rien passé.
- Mais qu'elle garce ! C'était qui cette fille ?
- Je n'en ai aucune idée Emma. Tout ce que je sais c'est qu'elle s'appelle Roxane et vue la manière dont ils s'embrassaient, crois moi, c'était pas sa sœur.
- Ma pauvre chérie. T'inquiète pas je suis sûre que ça voulait rien dire pour lui.
- Je m'en contre fiche de savoir ce que ça lui a fait ! De toute façon c'était pas un rencard, c'était une soirée DVD entre amis, rien de plus, je ne vois pas pourquoi je devrais être jalouse.
Je me levais et m'approcha du miroir où je vis que je portais encore ses vêtements. J'attrapais je col du t-shirt et le portais à mon nez. L'odeur d'Antoine emplissait ma tête. Un frisson parcourut mon corps et une pointe de jalousie m'envahit en repensant à la dénommée Roxane.
- C'est vrai quoi, c'est pas comme si vous vous dévoriez des yeux quand vous êtes dans la même pièce.
En entendant cela, je lâchais immédiatement le t-shirt d'Antoine.
- Arrête de dire n'importe quoi Emma !
- Je suis sincère Sofia ! Tu vas me faire croire que tu n'as pas remarqué comment il te regarde ? Et toi, tu ne me parles plus que de lui ! Et quand tu en parles tu as ce sourire d'imbécile heureuse qui apparaît sur ton visage...
- Merci du compliment.
- Excuse moi, mais c'est la vérité ! Et franchement, tu vas me dire que tu ne ressens strictement rien si ce n'est que de l'amitié pour lui, si ?
Je repensais à son regard, à la façon dont je me suis plongée dans son regard quand j'ai passé ma tête sous son bras.
- Tu as raison Emma.
- Sur quoi ? Précise voyons !
- Tu as raison je ne ressens pas que je l'amitié pour lui.
Je lui racontais alors comment je m'étais glissée contre lui, tous les sentiments que j'ai éprouvé avant, pendant et après que Roxane soit arrivée. Et ce que je ressentais maintenant. Je l'entendit crier de l'autre côté du téléphone qu'elle avait raison. Je devinais son sourire à travers ce qu'elle me disais. On continuait à discuter pendant un petit moment puis je raccrochais. Je me glissais ensuite sous les draps et m'endormis dans les vêtements d'Antoine.

Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ça vous plait toujours ...
J'ai toujours pas de retours ou de commentaire par rapport aux chapitres précédents alors je ne sais pas trop comment je peux les améliorés...
Des questions à me poser ?
Merci.
Love.

Parce que la solitude rend fou...Où les histoires vivent. Découvrez maintenant