Me voici en EPS. Nous sommes 10 élèves, le groupe des dispensés à l'année. Nous avons un programme adapté à nos dispenses afin de pouvoir passer notre bac de sport, terminale oblige. J'entre dans le gymnase après m'être changée : je suis vêtue d'un legging adidas, d'un T-shirt manches courtes assorti, d'un gilet-sweat à capuche et de basket. J'ai attaché mes cheveux en queue de cheval basse. Les autres élèves installent le matériel pendant que je fais des étirements : j'ai mal aux genoux parce que j'ai couru pour ne pas être en retardsauf que mes genoux sont la raison de ma dispense... Le sport que nous exerçons ce trimestre est le tir-à-l'arc Le professeur arrive : Monsieur Cabon. Il était déjà mon professeur de sport en seconde et en première. C'est un excellent professeur : il a réussi à me faire aimer le sport alors que je détestais ça et il a réussi à me donner confiance en moi. Mais présentons-le !
Monsieur Cabon (François de son prénom) est grand, la quarantaine, sportif (logique !), ses cheveux sont bruns avec les tempes grisonnantes et sont coupés très courts, yeux gris et sa voix mes amis, SA VOIX ! C'est une voix magnifique ! Ni trop grave, ni trop aiguë, rassurante et douce mais aussi ferme et autoritaire quand il le faut : une voix juste parfaite !
Nous préparons nos arcs par binôme et tirons quelques flèches. Lorsque je ne tire pas, je regarde discrètement en direction de Monsieur Cabon. Entre deux tirs aussi. Et je remarque que lui aussi me regarde beaucoup. Par exemple, il nous explique comment bien viser et ses yeux ne me quittent pas. Lorsque je souris, il sourit aussi, plus discrètement, ce qui me fait rougir. Tout à l'heure, je n'arrivais pas à tirer : il s'est positionné derrière moi, a posé sa main droite sur ma main droite et sa main gauche sur ma main gauche puis il m'a aidé à tirer. La flèche a fini en plein centre de la cible. Il m'a murmuré "Bravo ma grande" puis il est pari noter les résultats des tirs.
Soudain, sans aucune raison, je commence à paniquer. Je vais m'asseoir contre le mur derrière nous et essaie de me calmer. En vain. La crise de panique s'empire et je fonds en larmes.
Le cours se termine et les autres élèves rejoignent les vestiaires. Monsieur Cabon vient dans ma direction et s'accroupie à quelques centimètres devant moi.
M.Cabon- Qu'est-ce qui t'arrive ?
Moi- Je ne sais pas... Je panique sans raison...
Monsieur Cabon a l'habitude de mes crises de panique, elles sont assez fréquentes.
M.Cabon- Essaie de marcher un peu.
Je me lève mais ne tiens pas debout. Monsieur Cabon me rattrape, me soulève et me porte jusqu'à la table contre le mur à quelques mètres de nous. Il m'y dépose délicatement, assise, les pieds dans le vide, et prend mon pouls. Trop rapide. Il grimace et je panique de plus belle, jusqu'à ne plus réussir à respirer. Je n'avais encore jamais paniquer à ce point. Monsieur Cabon m'enlève mon gilet-sweat et me serre contre lui, espérant que le contact agirait comme la méthode kangourou des nouveaux-nés prématurés.
M.Cabon (paniquant)- Hey... Calme-toi... Je suis là, ça va aller... Respire... Tes tirs étaient super...
Il bégaie, ne sachant pas comment m'aider. Il s'éloigne de moi et réfléchit. Soudain, il a comme une illumination. Il pose ses mains sur mes joues.
M.Cabon- Pardon.
Et il m'embrasse. Instantanément, la panique cesse et laisse place à la surprise. Il s'éloigne doucement de moi en rougissant et fait quelques pas en se grattant la nuque.
M.Cabon- Je suis désolé. Je n'aurais pas du, je n'ai pas le droit : je suis ton professeur. Mais c'était la seule solution ! Tu paniquais, tu ne respirais plus. Il fallait que je fasse quelque chose ! Je ne veux pas te perdre...
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