Chapitre 10

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Je grommelai dans ma barbe tandis que mes mains démontaient avec une habilité déconcertante la roue du cabriolet blanc de Cece

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Je grommelai dans ma barbe tandis que mes mains démontaient avec une habilité déconcertante la roue du cabriolet blanc de Cece. Quelle poisse alors que nous étions sur le point de partir à la fête des Alpha Theta Nu.

— Comment tu as fait pour ne pas te rendre compte avant ce soir que ton pneu était crevé ? lui demandai-je, suspicieuse. On a utilisé ta voiture cet après-midi, tu as bien dû sentir qu'il y avait un truc qui clochait quand tu conduisais, non ?

— Je ne sais pas.

Cecilia haussa les épaules avec sa nonchalance habituelle avant d'aller s'assoir sur le siège passager dont la porte était ouverte. Sa longue robe violine, légère et aérée, s'accordait parfaitement avec ses sandales dorées, mais était loin d'être pratique lorsqu'il s'agissait de régler un souci d'ordre mécanique.

— Elle a dû heurter un trottoir un jour où Marvin lui faisait les yeux doux, rigola alors Violet, elle-même installée sur le rebord du trottoir où nous étions garées.

— Ah, ah très drôle. En plus, ça tombe pile le jour où il part chez ses parents pour l'été... soupira Cecilia, son téléphone prêt à être dégainé. On pourrait appeler A.G. ou Zeke ? Ils doivent déjà être arrivés à la fête, mais ce n'est qu'à dix minutes en voiture. Ils peuvent peut-être venir nous dépanner.

Je fronçai les sourcils, mi amusée mi vexée par sa proposition, avant de me tourner vers ma meilleure amie, une croix en métal dans une main, des écrous dans l'autre.

— On a pas besoin d'eux pour changer une roue, rouspétai-je avant de me remettre au travail.

J'avais d'ailleurs terminé de la retirer quelques minutes plus tôt, il ne me restait donc plus qu'à installer la nouvelle. Je devais avouer qu'il n'était guère pratique de remplacer un pneu crevé lorsqu'on portait une tenue de soirée, mais d'un autre côté, je trouvais cela réjouissant d'accomplir ce geste par moi-même. Mon grand-père possédait un garage auto et il avait tenu à m'apprendre les bases de la mécanique avant de mourir, six ans plus tôt. J'étais donc tout à fait en mesure de changer cette roue sans l'aide de personne, tout comme quelques autres réparations basiques.

Cinq minutes plus tard, j'actionnai enfin le levier pour abaisser le véhicule, puis demandai à Violet de m'aider à ranger le tout pour que je puisse me laver les mains.

— C'est vrai qu'on a pas besoin des garçons quand on a une Charlie, plaisanta Vi avant de fermer le coffre tout en me donnant un léger coup de coude dans les côtes. Et sans te salir en plus ! Tu as pensé à te reconvertir en garagiste ?

— C'est sûr qu'avec vous deux, je ferais un joli chiffre d'affaires.

Mon clin d'oeil suivit aussitôt ma taquinerie, ce qui fit rire les deux femmes. D'un autre côté, je n'avais pas totalement tort. Niveau mécanique, elles ne valaient pas un clou.

L'Espoir du Paradis [en réécriture]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant