Premier cours : vol. Vol comme voler dans les airs. Sauf que là, ce n'était pas dans les airs mais dans l'eau. Le professeur, Mme Maurtèle (c'était la dame avec les sourcils toujours froncés), nous avait dit :
- Allez, allez, dans l'eau c'est comme dans les airs. Allez, dans l'eau, on dirait des chochottes !
Nous allâmes dans l'eau mais la plupart des filles ressortirent immédiatement sous prétexte que c'était gelé. Moi je la trouvais plutôt bonne alors que j'étais frileuse.
- Retournez tout de suite dans l'eau ! Allez, allez ! (apparemment, le mot préféré de la professeure était allez !)
Elle nous fit faire des allers-retours en crawl parce que « c'était pour l'échauffement ». J'avais failli lui faire remarquer que c'était plus de l'épuisement que de l'échauffement mais je me retins et j'avais bien fait car seul Dieu sait ce qu'elle aurait pu me faire. Et elle nous encourageait :
- Allez, bande de mollassons ! On se bouge ! Les bras les jambes, il faut activer, un peu !
Après 14 allers-retours, plus de la moitié de la classe s'était arrêtée, l'autre était à bout de souffle. Mais Mme Maurtèle brandit un long bâton de bois à la différence près (ça je ne le remarquai qu'après) qu'il était en fer. Je me demandai ce qu'elle allait en faire : aider les élèves ? Non, pas assez sympa. Peut-être allait-elle changer d'exercice ? Ce fut la possibilité la plus probable. Mais au lieu de ça, la prof s'approcha discrètement des élèves arrêtés (dont à présent moi), leva la baguette de fer et tapa les élèves avec. Oui, elle les tapa. Et pas tout doucement, pas du tout même. Des cris retentissaient : « Aïe ! » « Ouille !!! » « Argh ! » « A l'aide ». Des larmes se mêlèrent au tout. Quand elle s'approcha de moi, j'anticipai le mouvement et plongeai. La prof faillit tomber à l'eau mais se rattrapa. De rage, elle frappa Isis si fort que celle-ci coula sous le choc. J'attendis 2 secondes voir si elle remontait mais aucune trace d'elle. Démétra plongea pour la récupérer mais elle était beaucoup trop loin et avait des traces des coups de fer alors je plongeai à mon tour pour la récupérer. Isis gisait au fond, une grande plaie sur son dos d'où sortait du sang à flot. Je la pris en faisant attention à elle et prit appui sur le sol pour revenir à la surface. Je la sortis de l'eau et Mme Maurtèle s'approcha, prête à retaper sur la pauvre Isis. Un cri déchira mes tympans :
- Ne la touchez pas ou vous subirez ma colère ainsi que celle de mes amis !
C'était Démétra qui hurlait. Elle sauta tant bien que mal par-dessus le corps d'Isis et s'opposa à Mme Maurtèle. Elle me jeta un coup d'œil puis me dit :
- Va vite aider les autres !
Puis, elle hurla à ces autres :
- Ce qui le peuvent, venez m'aider ! J'aurai besoin d'aide pour venger ma sœur mais aussi pour combattre cette folle répugnante !
Jérémy, qui n'avait pas était blessé vint l'aider. Deux garçons vinrent à leurs côtés ainsi que trois filles sûrement sœurs tant la ressemblance était frappante. De mon côté, je me dirigeai vers une autre fille qui ne pouvait plus bouger, ses bras couverts de sang. Je la pris dans mes bras et l'amenai sur le bord de la piscine le plus éloigné possible du combat qui faisait rage. Je sauvai ensuite un garçon qui allait s'évanouir. Puis vint sur ma liste de gens à sauver Eragon. Il ne pouvait plus bouger son bras droit et avait une grosse marque au visage. Après avoir secouru 5 autres personnes, un cri de joie retentit : le combat avait pris fin, la prof était enroulée de serviettes et ne pouvait plus bouger.
- Dans l'eau ! Dans l'eau ! Dans l'eau ! hurlaient tous les élèves en état d'hurler. Les combattants prirent la folle et la jetèrent à l'eau.
A ce moment, la cloche annonçant la fin du cours sonna. L'infirmière ouvrit la porte et faillit s'évanouir devant autant de blesser. Elle s'exclama :
- Mais je n'aurai jamais assez de lit !
- Ce n'est pas très grave : certains blessés ne sont pas obligés d'aller à l'infirmerie. Par contre, il va falloir s'occuper d'Isis le plus vite possible, dit Démétra en montrant sa sœur du doigt.
- Hiiiiiiii ! cria l'infirmière. Mais qui a fait ça ?
- Mme Maurtèle ! répondit la plupart de la classe d'une seule voix.
- Vraiment ? Alors, il va falloir la renvoyer !
###
Un peu plus tard, moi et Démétra étions au chevet d'Isis. L'infirmière avait dit qu'elle s'en sortirait mais difficilement et il faudrait attendre 6 long mois avant qu'elle puisse marcher. Je voulais absolument l'aider mais comment ? Soudain, alors que Démétra et l'infirmière étaient parties, un oiseau entra par la fenêtre et se posa sur moi. Il était grand et d'un rouge si flamboyant qu'on aurait dit qu'il était fait de feu. Une voix qui semblait venir de l'oiseau lui-même résonna :
- Je suis bien le phœnix que tu as trouvé dans un carton, j'ai juste évolué. Je viens directement de ta chambre. Je sais que tu veux aider cette elfe tout de suite mais avant que je puisse t'aider, il faut que tu me donne un nom car je t'appartiens. Saches que rares sont les personne qui possèdent un phœnix : il n'y a que les personnes très spéciales. C'est toi qui m'as créé. C'est comme pour les dragons : seuls les Dragonniers, personne ne l'est devenu depuis des siècles, en possèdent. Alors, mon nom ?
Après avoir regardé l'oiseau lentement des pattes au bec, je murmurai :
- Cœur de Feu...
- Parfait ! Maintenant, j'aimerai que tu saches aussi que quiconque entrera dans cette pièce ne m'entendra pas ; seule toi peux m'entendre car nous sommes liés. Bon, dépose-moi sur l'épaule droite de...
- ...Isis.
- Merci. Puis tu penseras en boucle : vlörr dlanjï.
- Hein... C'est en quelle langue ce truc ?
- En Ancien Langage. Ça veut dire réveille-toi. Ça te va ?
- Euh, oui, oui... Commençons veux-tu ?...
Je posai Cœur de Feu sur l'épaule droite d'Isis et pensai en boucle vlörr dlanjï comme me l'avait recommandé l'oiseau. Pendant ce temps, le phœnix avait commencé à pleurer sur la blessure d'Isis. Quand il s'envola, la blessure avait totalement guérie et l'elfe se réveilla. Je souris ; j'avais réussi ! C'est ce moment que choisit Démétra pour entrer dans la pièce et s'écrier :
- Oh, Isis !... C'est l'oiseau qui t'as guéri ?
- Mmmm... J'ai le dos tout mou... On est où ? ajouta-t-elle en voyant la pièce.
- A l'infirmerie.
- De rien, surtout ! grommelai-je.
###
A table, en fin de journée, le dîner fut servi de façon...magique : les plats et les boissons apparaissaient tous seuls. Moi et mon phœnix avions soigné la plupart des blessés mais nous n'avions pas eu le temps de finir, le spectre noir m'avez amené dans la grande salle (salle à manger). Cœur de Feu avait rejoint ma chambre et je lui avais promis de ramener quelque chose à grignoter. Pendant que nous mangions, je remarquai que Eragon ne parlait plus à la blonde mais au contraire la fusillait du regard. Isis avait sauté sur l'occasion et papotait avec lui. Elle essayait de le faire rigoler mais lui n'était pas d'humeur.
Lorsque que je rentrai dans notre petit dortoir, Cœur de Feu se précipita vers moi. Personne ne semblait voir le phœnix, ou plutôt, tout le monde était beaucoup trop occupé pour le remarquer. Je m'assis sur mon lit et il se lova contre moi. Je caressai son plumage flamboyant et il me regarda de ses petits yeux perçants. Je souris et lui tendis la main, dans laquelle se trouvait un bout de jambon et du pain. Mon phœnix avala tout ce que je lui tendais.

VOUS LISEZ
Princesse de l'autre monde
FantasyL'autre monde. Talia y met les pieds par accident, et ce qu'elle va y découvrir va bouleverser sa vie à jamais. D'épreuves en épreuves afin de retourner d'où elle vient, la jeune fille s'apercevra que sa famille a une bien mystérieuse histoire. Ce m...