XVIII. Enfin de bonnes nouvelles !

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Je me réveillai en sursaut : quelqu'un s'approchait, tout prêt. Je roulai sur le côté pour me relever. Bien m'en prit : un couteau se planta là où je me tenais quelques secondes plus tôt. J'hésitai à sonner l'alerte mais me retint. Il fallait d'abord découvrir qui avait tentait de me tuer. Je me précipitai vers la cheminée et attrapai un charbon encore rougeoyant. Je soufflai dessus et il s'enflamma. Heureusement que le feu ne faisait aucun effet sur moi ! J'entendis mon assassin pester. Puis la porte s'ouvrit et des bouffées de vent s'engouffrèrent dans la petite maison. J'aperçus une silhouette féminine filer dans la nuit. Puis mes compagnons se réveillèrent autour de moi. Isis grogna :

- Fermez cette maudite porte, bon sang ! Y en a qui veulent dormir !

Je lui obéis, le souffle saccadé. Faolan remarqua que j'étais tendue. Il s'approcha et demanda :

- Ça va ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Un cri étouffé nous parvint. Je me retournai et découvrit Selena, agenouillée devant un lit, les mains sur la bouche. « Oh non ! » pensai-je aussitôt. « Elle a réussi à tuer quelqu'un ! ».

- Ma fille ! reprit Selena, pâle comme la mort. Elle a disparu !

Je fus soulagée, mais tout de même inquiète pour cette petite innocente.

- Alors, elle a prit des otages, conclus-je.

Et devant le regard interrogateur de mes amis, j'expliquai ce qui venait de se produire. A la fin de mon discours, Selena s'effondra. Faolan la rattrapa de justesse et la mère adoptive d'Aliénor soupira :

- Encore elle... Pardonnez-la ! C'est la faute de... son père.

Puis sa tête roula sur le côté et elle s'évanouit. Je ne comprenais pas bien ce qui venait de se produire mais j'en avais entendu assez pour mettre en doute ma conclusion précédente : et si c'était Aliénor la coupable ? Mais je m'efforçai de chasser cette idée de ma tête. Je suivis Démétra dans la cuisine et me servit un verre d'eau. Ma tête tournait et je m'appuyais à une chaise pour me soutenir. L'elfe que j'avais accompagnée, elle, prit un pot dans un placard, rempli d'une pâte visqueuse verte et la ramena à Faolan. Je retournai à mon tour sur mon lit et attrapai ma sacoche. Je pris un sachet d'aspirine et l'avalai d'un coup. Je fis une grimace : son goût était horrible, pire que s'il était mélangé à de l'eau. Isis me regarda avec dégoût, pendant que je scrutais mon frère, qui étalait l'onguent ramené par Démétra sur la tête de Selena. Je regardai le soleil, dehors, qui avait entamé sa montée dans le ciel. Un nouveau jour commençait...

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Une nouvelle secousse me projeta contre le corps inerte d'Eragon, enveloppé d'un drap blanc. Nous étions partis, nous et tout le village, ce matin. J'étais monté dans une charrette avec Isis, Eragon, et deux hommes que je ne connaissais pas. Depuis le départ, nous avions cheminé dans la vallée jusqu'à ce que nous ne puissions plus avancer. Puis nous avions empreinté un chemin qui remontait lentement jusqu'au sommet. Nous étions maintenant tout en haut de la montagne ou presque et les animaux en étaient ravis. Enfin, ce qui ne craignaient pas le froid, bien entendu ! Soudain, un cri s'éleva, dans la foule. Il enfla, bourdonna, jusqu'à parvenir à nos oreilles :

- Les Gnomlins sont arrivés !

Ce cri me fit relever la tête, une lueur d'espoir dans le regard. Je scrutai l'horizon, à la recherche de quelque chose qui pourrait m'indiquer où se trouvait la plupart de nos forces pour combattre le clan maudit, P.O.U.V.O.I.R. Un spectacle inattendu s'offrait à mes yeux : la terre se soulevait au passage de plusieurs centaines de Gnomlins. En l'air, d'autre centaines de gobelins, sur le dos de créatures plus étranges les unes que les autres. Des cris s'élevèrent de la foule aérienne, qui effectua quelques pirouettes, pour épater les hommes émerveillés.

Princesse de l'autre mondeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant