Survivre... mais jusqu'à quand ??

29 6 0
                                    

Encore une fois, il y eu le décompte, et nous étions sortis, comme des fauves affamés dans une arène, découvrant leur destin : se battre pour tenter de survivre...
Nous étions ces fauves. C'était notre destin, nous devions nous battre nous aussi.
Nous nous engageons dans le premier parcours, qui ne commençait pas très loin de notre sas.
En avançant entre les grillages, je me surprends à rire:
- Et, Jo, on dirait pas Caval'kid ? je lance à mon amie derrière moi.
Je l'entend rire un peu quand Assou stoppe net, et dans mon élan, je lui rentre dedans, (et je vous assure que se cogner dans un dos aussi musclé, ça donne l'impression de s'être heurté à un camion de 18 tonnes. )
Je regarde par dessous son bras tendu vers l'avant, et écarquille les yeux de surprise.
Le premier parcours était là, devant nous. Une longue corde s'étendait sur une vingtaine de mètres au dessus d'un ravin peu profond, certes, par rapport au premier que j'avais vu, mais rempli de pic en métal comme ceux du test. Une seconde corde, à un mètre de hauteur de la plus basse devait surement servir à nous accrocher. Des obstacles étaient positionnés sur la corde, de façon a nous déstabiliser.
Jo nous jette un regard désemparé:
- Désolée, les gars, mais moi, je n'ai aucun équilibre sur une corde. En plus, là, il n'y a aucunes prises à droite et à gauche. Je passe entre vous pour cette fois.
Ah, super ! En plus d'avoir un traumatisé du vide, on a une fille à bascule ! Quelle équipe on fait !
Assou s'avance donc sur la corde tendue,  et avance maladroitement pendant quelques mètres, avant de tanguer de gauche à droite violemment dès que Jo pose le pied à son tour sur la corde.
- Stop, stop ! faut qu'on passe un par un, c'est impossible de traverser tous à la suite ! s'essouffle Assou en s'accrochant désespérément à la corde du haut, moins tendue que l'autre.
Je tire Jo en arrière, et elle s'assied par terre en se prenant la tête dans les mains:
- Je ne peux pas... Je n'en peux plus...
Je la secoue par l'épaule:
- C'est que la deuxième épreuve. Tu ne peux pas t'arrêter maintenant. Aller ! Fais le pour Leïla.
En entendant son nom, elle relève la tête:
- Je me sens coupable d'être là, alors qu'elle était beaucoup plus préparée que moi.
Je n'ai plus rien à dire. Assou revient vers nous, et me jette un regard interrogateur.
Je réfléchis à toute vitesse: les cibles les plus hautes pouvant être valider sans notre aide, Assou devait s'en occuper. Je relève Jo, et explique mon plan: après cette corde, le parcours se séparait en deux autres parcours: Jo et moi prenons celui de gauche, et Assou, celui de droite.
Ainsi, nous validons le maximum de cibles chacun de notre coté, puis nous nous retrouvons à la division des chemins pour faire un récapitulatif, et aller rechercher celles qui sont trop compliquées à atteindre tout seul.
Mes deux amis aquiessent, et prudemment, nous passons tour à tour la corde. Assou, le premier, repère la première cible, et s'étend de tout son long en ne s'accrochant que d'une main pour coller sa carte et la notre que nous lui jetons, sur le biper.
Après avoir rattrapé Jo à la fin, qui oscillait dangereusement au dessus des pics, nous nous séparons donc, Assou d'un coté, et Jo et moi de l'autre. J'arrive le premier devant un bassin rempli de boules colorées. Je jette un regard à Jo, et m'assied pour glisser dans le bassin.
Mais à peine le premier de mes pieds entré dans la piscine à boules, je hurle de douleur, et le retire: la combinaison me brûle ! J'imagine ma jambe pleine de cloques, et ne vois pas Jo plonger dedans d'un coup. Elle hurle,  et court jusqu'à l'autre bout, où elle grimpe sur le promontoire, en se mordant le poing pour ne pas hurler plus fort. Je la rejoins le plus vite possible, et m'apprête à lui reprocher son coup de tête, quand elle me montre le plafond, haut de 3 mètres environ: une cible  y est collée. je réfléchi un peu, mais pas la peine d'attendre plus. Le temps est un luxe que nous n'avons pas. Alors je nage dans le bassin, en retenant mes larmes tellement mon corps en contact avec les bulles colorées me brûle, et me positionne en dessous de la cible. Jo me rejoint, sans retenir des cris de douleur, et je lui fais la courte échelle pour qu'elle se mette sur mes épaules. Je lui tends nos cartes, qu'Assou nous avait rendus après la corde, et elle se lève en tremblant, pour être debout sur mes épaules. Je ferme les yeux de toutes mes forces: la chaleur est tellement importante que maintenant, elle paraît glaciale. Je sens Jo se hisser sur la pointe des pieds, et après un long moment où elle tangue sur mes épaules,   je lui hurle, la voix rauque:
- Bon, ça y est ?! On voit que c'est pas toi qui te crames le bas du corps !!!
En effet, les boules devaient m'arriver au nombril, et tout ce qu'il y avait en dessous n'allait plus tarder à être hors service.
Une pensée me traverse l'esprit, et je hurle à Jo de se dépêcher.
- J'y arrive pas!! gémit-elle, je suis trop basse ! Il faut que tu te mettes sur la pointe des pieds, et j'aurais une chance de l'atteindre !!
- De quels pieds tu parles ?! Je ne les sens même plus !!
Je sais que je deviens désagréable, et que si j'avais été à sa place, entendre quelqu'un me parler comme cela me stresserait encore plus.  Heureusement qu'il n'y avait pas les cris des gens, ça aurait été encore pire!
Pour une fois, cette épreuve était bien silencieuse... Et aucuns des tireurs ne s'était encore déclaré. Étrange...
Je me hisse en grognant sur la pointe de mes pieds, et au bout d'un moment qui me semble interminable, Jo s'écrie que je peux la poser. Elle s'écrase dans les boules, et, n'étant pas autant habituée à la chaleur que moi (HAHA) elle hurle et court jusqu'au promontoire, sur lequel je la rejoins bien vite.Alors que je souffle sur ma combinaison bouillante, j'entends une grille qui s'ouvre derrière nous, et je me lève, appelle Jo, et nous marchons vers la porte en titubant, pour nous diriger vers la seconde étape du parcours.
Nous sommes maintenant devant dix rouleaux pleins de pics, qui roulent sur eux même, au sol, et espacés d'un petit mètre de large: un énorme rouleau passe sur eux, en coulissant sur un rail. Au dessus de ce rail, il y a une cible. Je déglutis. Soit, on a de la chance, et on passe sans se faire charcuter, soit on fait demi-tour tout de suite, pour avoir une chance de s'en sortir. Mais derrière nous, la porte métallique se referme. Impossible de reculer. Nous nous regardons.
                                                                                Nous voilà bien !


La boîteOù les histoires vivent. Découvrez maintenant