La première rencontre !

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_ Bienvenu, bienvenu mon très cher vieil ami. Lança Korka dès que Bourama eût franchi le seuil de sa porte

_ Merci vénéré maître pour cet accueil. Aussitôt, il se jeta à ses pieds pour les lui baiser.
( Pour rappel, les sauvageons étaient des païens et voyaient en Korka un dieu qu'ils vénéraient ardemment )

_ Peu importe, allons droit au but. Que nous as-tu apporté de ton périple ?

_ Oh maître vous n'allez pas en revenir. Figurez vous que j'ai été jusqu'au village des hommes du Nord. Ceux qui pensent être civilisés et nous voient comme des sauvageons !

_ Ah bon vraiment ! Quand tu étais venu me demander quelques hommes pour t'accompagner, j'étais loin de m'imaginer que ton voyage serait si fructueux. Décidément Bourama tu m'étonnes de jour en jour. Après tout ça, je me demande même si l'heure n'est pas venue de te donner ce que tu convoitais depuis tout ce temps. Il termina sa phrase en faisant un geste de la tête vers une femme qui se tenait derrière lui. Ce qui fit sourire Bourama comme un mongole. En effet, depuis maintenant des années, il cours après la main de la fille de Korka mais en vain.

_ Alors vénéré maître, vous ferez de moi, l'homme le plus heureux de tout Keur Korka. Me marier avec votre tendre fille est mon rêve depuis que mes yeux se sont posés sur sa silhouette. Ses yeux commencèrent déjà à briller de joie

_ On en reparlera mais en attendant, allons voir ce que tu m'as apporté mon très cher Bourama. Il le pris par les épaules et le fit tourner. Direction, la porte.

Korka à première vue donnait l'air de la personne la plus magnanime du monde. Mais cela n'était qu'une carapace et il ne fallait nullement se laisser induire en erreur par sa façon de se comporter. Il était lunatique et très imprévisible. Ce qui faisait d'ailleurs sa dangerosité. Un moment il pouvait se mettre à rire à tue-tête avec toi comme vous étiez les meilleurs amis du monde. Et un autre moment, il pouvait ordonner ta décapitation avec une froideur ineffable. Personne ne peut donner le nombre exact d'innocents qu'il a fait guillotiner ! Un véritable sanguinaire quand il le veut. Ce qui fait que même s'il apparaît au public sous ses beaux jours en riant béatement de tout et de rien, il était redouté par tout le monde. Personne ne voulait être la source de son courroux et par conséquent être la victime du jour de sa folie meurtrière.

Dès que Bourama sorti du palais suivit de Korka, tout le monde, à l'exception de Doufii yendou, sa sœur Wèr et quelques gardes du tyran, se mit à genoux, front sur le sol.

_ Hey vous, hurla un garde, à genoux devant le tout-puissant maître !

Même pas ébranlé par l'ordre qu'il venait d'entendre, Doufii yendou, en signe de refus catégorique, cracha de manière véhémente par terre
Automatiquement, plusieurs gardes se ruèrent vers lui et les autres qui refusaient de s'agenouiller. Wèr, un peu affaiblie par le voyage finit par céder elle et les autres malgré elle. Les quelques coups qu'elle aura pris ont eu raison d'elle. La pauvre, son esprit veut se rebeller mais son corps n'en a pas les ressources.
Quant à Doufii yendou, nonobstant les coups qu'il prenait, il refusait de mettre ne se reste qu'un genou par terre. Les gardes frappaient sans retenue mais, il résistait. Vu son physique impressionnant, c'était un peu compréhensible.

_ Arrêtez ! Ordonna Korka d'une manière douce non sans fermeté. Qui est cet homme ? Demanda t-il en se tournant vers Bourama

_ Euh vénéré maître, c'est un des guerriers du village dont je vous parlais. Mes hommes ont failli le tuer mais je leur ai demandé de l'épargner. Un guerrier aussi fort et courageux ne pourrait se perdre comme ça. Il pourrait nous être utile. Il pourrait vous être utile

_ Hum.... fit Korka en se frottant le menton et en dévisageant Doufii yendou de la tête au bout des orteils.
Il fit quelques pas vers lui pour lui faire face et le défier des yeux. Mais à sa grande surprise, ce dernier restait stoïque, bien droit dans ses bottes et ne daignait même pas cligner les yeux. Il soutenait son regard sans gêne !

_ Qui es tu jeûne homme ? S'empressa de demander Korka las de forcer le respect à cet être par le biais du regard qui apparemment n'en avait rien à cirer

_ Je me nomme Doufii yendou

_ Et puis je savoir Doufii yendou d'où tu nous viens ?

_ N'avez-vous pas des oreilles ou vous faites semblant de ne rien entendre ? Comme vous l'a si bien dit cette espèce de ventru là qui vous sert de je ne sais quoi, je suis un guerrier de la communauté wolof sise au Nord.
Dès qu'il eût terminé sa phrase, deux gardes voulurent se jeter sur lui pour lui faire ravaler les mots irrespectueux qu'il venait de prononcer à l'encontre de leur maître. Mais, ce dernier, d'un geste de la main les stoppa net !

_ Effectivement, tu es courageux, très courageux je puis dire. Même si je sais que ton courage pourrait te valoir la mort

_ Haha la mort ? Ricana Doufii yendou vous pensez que j'ai peur de la mort moi ? Je n'ai peur de rien. Je n'ai et n'aurais peur d'aucune créature que mes yeux auront l'occasion de voir.

_ J'admire ton courage. Il est hors du commun. Mais dis moi, pourquoi as-tu refusé de t'agenouiller devant moi ? N'as-tu pas vu tout ce monde autour de toi le faire ?

_ Chez nous, cela ne se fait pas ! On ne s'agenouille que quand on prie les dieux et apparemment, vous êtes loin d'être un dieu. Détachez moi et je vous en donnerez la preuve illico presto...il termina sa phrase en le toisant et en affichant un sourire malicieux sur ses lèvres

Après quelques secondes passées à regarder Doufii yendou sans rien dire, Korka se décida enfin à broncher
_ Finalement, je t'aime bien toi. Et se tournant vers ses gardes, il ajouta Que tous ceux qui avaient refusé de s'agenouiller devant moi me soient emmenés dans mon palais. Les autres, vendez les, faites en ce que bon vous semble. Mais ce Doufii yendou et les autres, je les veux. Ils sont très courageux et c'est ce qui m'attire en eux. Croyez moi, je vais tous les dompter et faire d'eux mes serviteurs les plus dévoués.
Et, marchant les bras croisés sur son dos vers son palais, il cria une dernière fois Quant à toi Bourama, mon fidèle ami, on reparlera de ta récompense un peu plus tard mais saches que je suis fier de toi

Ce qui fit sourire l'intéressé comme si on venait de lui promettre les clés du paradis...








Un avenir étoilé..Où les histoires vivent. Découvrez maintenant