Chapitre 3

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J’eus le réflexe de sortir de la chambre aussi vite que j’y étais entré. Modou hurla mon prénom à plusieurs reprises mais je n’eus pas le courage de revenir. Il était tard. Tout le village dormait. Il faisait noir. Par conséquent, je ne voyais pas grand-chose. Néanmoins, mes pas m’éloignèrent au fur et à mesure de la cour.

Je n’eus pas le temps d’aller bien loin dans la mesure où mon demi-frère me rattrapa. Il m’avait suivi grâce à sa lampe-tempête. Lorsqu’il me saisit le bras, j’eus la peur de ma vie. J’étais inquiet car je ne savais pas jusqu’où il était capable d’aller.

– Tu t’en allais où comme ça ?

Je ne répondis rien. A vrai dire, je ne savais pas quoi lui répondre. En plus de tout ça, j’avais peur.

Vu que je suis resté muet, Modou me tira par le bras pour me ramener de force dans la chambre. Il y avait des tâches de sperme sur ma natte. J’en étais profondément dégoûté.

– Couche-toi ! m’ordonna-t-il. Demain, il va falloir qu’on ait une petite discussion tous les deux.

J’obtempérai. Je ne suis pas arrivé à fermer l’œil de la nuit. La branlette nocturne de Modou m’avait coupé le sommeil. Ces images de lui s’astiquant le pénis tout en reniflant mes sous-vêtements sales se maintinrent dans une partie de ma tête. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à me rendre compte qu’il était carrément obsédé par moi. Au début, je pensais que je n’étais que son vide-couille vu qu’il se contentait d’abuser de moi. Je croyais que je lui servais de « pute » le temps qu’il se trouve une copine. Mais quand j’ai constaté que mon odeur l’excitait à ce point, j’ai compris qu’il y avait bien plus.

Le lendemain, ma mère me réveilla comme à l’accoutumée afin que j’effectue la première prière obligatoire de la journée. Après la prière, mon demi-frère me convoqua dans la chambre. Je devinai que c’était pour parler de ce qui s’était passé la veille. Je me rendis dans la chambre avec une boule au ventre. Qu’est-ce qu’il allait bien me dire ?

– Je suppose que tu es bien réveillé là !

Je hochai la tête.

– Ok ! Je veux savoir pourquoi tu as pris la fuite hier nuit.

Il m’impressionnait tellement qu’à chaque fois que je devais lui parler, c’était comme si je détachais un nœud qui était serré autour de mes cordes vocales.

– Euh…comme tu étais nu... J'ai pas voulu...

– J’étais nu et alors ? Tu n’es pas un garçon ou quoi ? C’est ce que tu n’as jamais vu ? La prochaine fois que tu me trouves tout nu quand tu rentres, je t’interdis de t'en aller. Tu rentres et tu fais ce que t’as à faire. Est-ce que c’est clair ?

– Oui.

Il plongea sa main droite dans son caleçon tout en me fixant intensément. C’est quelque chose dont il était accro. Toutefois, j’ignorais pourquoi.

– Et tu ne dis à personne ce qui s’est passé. T’as compris ?

Je hochai docilement la tête. Je ne pouvais faire que ça de toutes les façons.

Il sortit sa main de son boxer et la renifla avant de m’indexer avec un air très sérieux.

– Je prends bien la peine de te le rappeler à chaque fois parce que je sais que tu es très stupide comme garçon. Si tu fais l’erreur de le raconter à qui que ce soit, je le saurai et sois sûr que je te le ferai payer, m’avertit-il toujours en pointant son index sur moi.

Je me contentai de hocher encore la tête. Ses menaces me terrifiaient. Je me disais que s’il y a une chose que je ne tenterais jamais, ce serait de mettre à nu ce lourd secret.

BOO BAH !BxB! Où les histoires vivent. Découvrez maintenant