Modou pénétra dans la case à une heure tardive. Il éclaira la pièce aussitôt.
– Je sais que tu ne dors pas. Arrête de faire semblant et déshabille-toi qu'on en finisse !
Je déglutis avant d'ouvrir lentement les yeux. Je me levai en prenant le soin de garder précieusement le poignard dans mon dos.
– Cette fois, si tu oses t'interposer, je te jure que je ne m'amuserai pas avec toi.
Il fit un pas en avant vers moi. Alors, sentant le danger arriver, je sortis instinctivement le poignard de mon père. Puis, je le pointai juste devant ses yeux.
– Mais, qu'est-ce qui t'arrives ? Range-moi ça tout de suite !
– Non.
Il ricana brièvement avant de reprendre l'air sérieux qu'il avait.
– Tu crois vraiment que tu m'effraies avec ça ?
– Peu importe. Ce soir, soit c'est moi qui te plante, soit, c'est le contraire. Mais, je ne te laisserai plus jamais me toucher.
Il me regarda d'un air ébahi. Il ouvrit la bouche ; il avait quelque chose à dire. Cependant, il se ravisa à la dernière minute. Je tenais toujours fermement mon arme malgré le fait que je tremblais de tout mon corps. Modou le voyait. À n'importe quel moment, il aurait pu me l'arracher des mains. Mais, il préféra nous replonger dans l'obscurité.
Il se coucha, au final, sur sa natte comme si rien ne s'était passé. Quant à moi, je demeurai sur place. Je croyais qu'il reviendrait à la charge. Alors, il me fallait rester en place afin d'être paré à toutes les éventualités.
***
– Aboubakar ! Lève-toi, c'est l'heure de la prière !
J'entendis ces mots, à plusieurs reprises, avant de songer à ouvrir les yeux. J'ignorais à quel moment de la nuit je m'étais endormi. Tout ce dont je me souvenais, c'est que je me préparais à une éventuelle contre-attaque de Modou.
Ce jour-là, je priai avec une inhabituelle concentration. Il me fallait sérieusement remercier Allah qui m'avait donné le courage de tenir tête à mon demi-frère. Je n'étais pas le plus fidèle des croyants et pourtant, bien de fois, Il répondait à mes appels.
Quelques temps après, j'entendis mon père demander à ses femmes si elles n'avaient pas vu son poignard. Je me souvins qu'il n'était bizarrement pas à mes côtés lorsque ma génitrice me réveilla. Je me rendis donc dans la chambre pour le chercher.
Quinze minutes ! C'est le temps que j'ai passé à fouiller dans cette minuscule case sans succès. C'est Modou qui m'interrompit dans mes recherches.
– C'est ça que tu cherches ? demanda-t-il en me montrant le poignard en question.
Je hochai la tête. Il me détailla du regard et me tendit l'objet. Surpris qu'il me le rende aussi facilement, j'hésitai à l'accepter.
– Prends-le ! Si je voulais te faire quelque chose, je l'aurais déjà fait.
Je pris le poignard avant de, rapidement, le ranger dans la poche de mon boubou.
– Hier...tu m'aurais vraiment poignardé ?
– Oui. Si tu m'avais touché, je n'aurais pas hésité.
– Tu me détestes tant que ça ?
Je ne m'y attendais pas. Il faut avouer que ce type de questions ne lui ressemblait guère. Il n'était pas du genre à s'intéresser à ce qu'on pouvait penser de lui. Sur le coup, je me demandais quoi faire. Jouer la carte de la franchise ou masquer mes réels sentiments ?

VOUS LISEZ
BOO BAH !BxB!
Romance« Je n'arrivais pas à fermer les yeux. Inconsciemment, mon esprit l'attendait. Je me posais mille questions en une seule. Et s'il recommençait ? Mes souvenirs me tiraillaient de tous les côtés. Cependant, j'essayais tant bien que mal de rester opti...