Chapitre 34

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Une vague d'apaisement me traversa en même temps que l'engouement qui traversa la foule d'Einherjar. Je sentis des mains me donner des tapes amicales dans le dos et les bras et entendis en échos des voix m'acclamer tout autours de moi. J'étais des leurs, à présent.

Si le sentiment de joie générale m'avait envahi, ma tête avait recommencé à me tourner et j'avais la sensation de perdre le contrôle de mon corps en le sentant avancer au ralenti. Je parvenais toujours à avoir les idées claires, il n'y avait aucun problème de ce côté-là, mais mon corps ne semblait pas vouloir suivre le mouvement. J'étais comme engourdie par la quantité d'alcool que j'avais ingurgitée, et, petit à petit, je n'arrivais plus à voir nettement qui était près de moi ou à entendre distinctement les voix des personnes qui me parlaient.

La foule me donnait l'impression de tourner sur moi-même, me donnant une nausée encore plus forte que celle que m'avait causé l'hydromel. Je peinais à tenir debout, luttant contre mon corps devenu d'un coup trop faible pour me soutenir, cherchant désespérément la silhouette de Freyr qui avait disparue de mon champs de vision. Je commençai à paniquer, ne parvenant à rien faire alors que je n'arrivai plus à bien distinguer les formes et les couleurs autours de moi et crus tomber, quand je sentis deux mains m'empoigner fermement les épaules et m'entraîner hors d'ici.

Je compris que la personne qui était avec moi m'emmenait à l'extérieur quand les odeurs de viande et d'alcool s'atténuèrent et que l'air se rafraîchit. Elle me fit m'assoir sur ce qui semblait être un banc en pierre et je la sentis s'agenouiller face à moi.

- ...Ki... parvins-je à prononcer, encore dans les vapes.

- Qui est-ce ? M'auriez-vous déjà oublié ?

Je reconnu la voix de Freyr, ce qui me ramena bien vite à la réalité. C'était effectivement ce Dieu qui se tenait face à moi et qui venait de m'aider. Pourquoi est-ce qu'en cet instant, c'était à quelqu'un d'autre que je pensais à sa place ? Plus précisément à Loki ? ... J'étais même pas fichue de respecter ce que je m'étais ordonnée dans la journée, à ce que je pouvais voir. Fichu Dieu des Glaçons, même quand il n'était pas là il ne sortait pas de ma tête.

- ... N'est où ? Articulai-je en essayant d'éloigner mes pensées pour me reconcentrer sur la situation.

- Je vous ai conduit sur l'une des terrasses du manoir. Je me suis dis qu'un peu de calme vous aiderait à décuver.

- J'vais très bien, merci. Mentis-je en tenant ma tête entre mes mains dans l'espoir d'atténuer mon mal de crâne.

Il sourit et soupira, avant que je ne distingue une forte lumière émaner de sa paume et se planter juste devant mes yeux, qui ne réagirent pas.

- Je crains au contraire que vous ne soyez complètement saoule.

- Sans blague...

- Vous avez beau avoir une constitution plus résistante que la moyenne, commencer sa consommation d'alcool par de l'hydromel frôle l'inconscience. Enfin, les Einherjar ont eu l'air de vous accepter, j'imagine que c'est le principal.

- Mmmh... 

Je crus apercevoir un halo jaune éclairer ses mains, et le sentis les poser contre mes tempes. Je fermai alors les yeux et pus sentir une sensation d'apaisement m'envahir, jusqu'à ce qu'il rompe le contact après plusieurs secondes. L'engourdissement que j'avais pu ressentir avait disparu, me rendant de nouveau maîtresse de mes mouvements. Seul persistait mon mal de tête, bien qu'il avait été amoindri.

Je me relevai et fis quelques pas, et, constatant que mes vertiges et mes nausées étaient en train de disparaitre, je me retournai vers Freyr et lui demandai :

Laïra, la fille du TempsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant