• Antoine •
Et c'est main dans la main que je dirigeais tant bien que mal Sofia dans les rues de la ville. Tant bien que mal parce qu'à chaque bosse sur le trottoir, elle s'arrêtait pour demander :
- Et là, sur quoi j'ai marché ?
Elle faisait des tous petits pas et était pliée de rire parce qu'elle pensait avoir une allure de grand mère.
- À cette vitesse on arrivera jamais à l'endroit où je veux t'emmener !
- On est encore loin ?
- Disons qu'on a fait la moitié du chemin à peu près.
- Quoi ?! T'es pas sérieux là ?
- Bien sûr que si, et c'est pour ça que même quand tu parles il faut avancer !
Plus on se rapprochait de l'endroit, plus il y avait de gens, et plus il était difficile de guider Sofia sans qu'elle ne bouscule personne. Mais nous avons fini par arriver.
- Je vais t'enlever ton bandeau maintenant, mais tu gardes les yeux fermés encore une instant d'accord ?
Elle hocha la tête en se mordant la lèvre inférieure pour tenter de cacher son sourire. Je défis le nœud et rangeais le tissu dans ma poche.
- Vas-y, ouvre les yeux.
Mais quand elle vit où nous étions, son sourire s'évanouit.
- Ça ne te plait pas ?
- Si, si ! C'est juste que .... Eu ... Tu sais que j'ai jamais patiné de ma vie ?
- C'est pour ça que l'autre jour je t'ai dit que ça pourrait ne pas être romantique ! Aller viens, on va chercher des patins.
- Non attends, tu sais que j'ai autant d'équilibre qu'un... Que quoi en fait ? Enfin bref, mes chances de survie si je vais sur la glace sont proches de zéro ...
À cette remarque je ne pu m'empêcher de rire.
- Aller, dis-je en tentant de retrouver une expression sérieuse devant Sofia qui maintenant boudait. T'inquiète pas d'accord ? Je serais là tout le temps, tu ne pourras pas tomber. Et même si par malheur ça devait arriver, tu n'aurais même pas le temps de toucher le sol que je t'aurais déjà rattrapé.
- Promis ?
- Tu me fais confiance ou pas ?
- Oui, bien sûr.
- Alors promis juré.Et un quart d'heure plus tard, on est sorti du chalet qui servait de vestiaire pour prendre les patins. La patinoire était en centre ville, en plein milieu du marché de Noël, éclairée par des spot qui changeaient de couleurs. La nuit étant déjà tombée, toutes les lumières étaient donc allumées.
• Sofia •
Antoine s'élançait déjà sur la glace alors que j'étais encore à l'extérieur, accrochée à la rembarde pour ne pas tomber. Il avait l'air très à l'aise sur ses patins, lui. Et toutes les autres personnes aussi d'ailleurs. J'allais simplement me ridiculiser. J'étais vraiment touchée par le fait qu'Antoine veuille qu'on fasse un truc ensemble, mais pas un truc qui lui laisserais une image de moi étalée de tout mon long sur la glace ! Antoine et revenu vers moi et j'ai commencé à angoisser.
- Aller viens, donne moi tes mains, me dit-il d'une voix douce et qui se voulait rassurante. Une fois que tu seras sur la glace, ne cherche pas à marcher sinon c'est sur que tu va tomber, a-il ajouter dans un clin d'œil. J'ai alors poser un premier pied, puis le second, et sans lâcher les mains d'Antoine, j'ai essayé tant bien que mal d'avancer. Il était face à moi, et reculait alors que j'essayais d'avancer dans tomber. Au bout que quelques mètres, j'ai perdu une première fois l'équilibre, agitant les bras autours de moi pour essayer de ne pas tomber. Antoine m'attrapa par les hanches alors que je m'agrippais à ses épaules. Et quand enfin j'ai pris conscience que j'étais encore debout, j'ai relevé la tête et ai éclaté de rire.
Au bout d'une heure qui a semblé durée quelques minutes, et de très nombreuses fois où j'ai failli manger la glace, Antoine à commencé à me lâcher alors qu'on était en plein milieu de la patinoire.
- Non fais pas ça ! dis-je en écartant les bras par réflexe.
- Mais si, tu vois tu tiens debout, maintenant il ne te reste plus qu'à avancer tout doucement, regarde, comme ça.
Il commençait à s'éloigner et je n'était pas à l'aise du tout.
- Antoine reviens, j'y arriverais pas toute seule, tu as bien vue le nombre de fois où j'ai failli finir les fessés par terre ?
- Mais si, vas-y ai confiance en toi, je suis sûr que tu peux venir au moins jusqu'à moi !
Il se tenait à environ cinq mètres devant moi et, avec une moue boudeuse il tendait les bras pour que je vienne le rejoindre.
- Je te préviens que si je fini les quatre fers en l'air...
- Je te promet que je ne rirais pas ! Allez maintenant arrête de bougonner et viens sinon je recule encore !
- Ah non !! C'est bon, je vais essayer, ai-je répondu en prenant ma respiration avant d'avancer une jambe.
Mais au bout de quelques pas, alors que je commençai à plus ou moins me débrouiller, un petit garçon qui ne devait pas avoir plus de sept ans s'est approché un peu trop près et à posé sa main sur ma jambe alors qu'il perdait l'équilibre et pendant qu'il repartait c'est moi qu'il avait déséquilibré. Malgré les tentatives d'agitations de bras, je me suis retrouvée par terre. Heureusement mes gants ont amorti le choc pour mes mains mais je sentais déjà une douleur aiguë venant de mes genoux. Alors je me suis assise, ne pouvant me relever toute seule. Je me frottais les genoux en essayant de faire passer la douleur et Antoine est arrivé. Il s'est accroupi et il y avait une lueur d'inquiétude dans son regard.
- Ça va mon cœur ?
- Non je me suis fait super mal aux genoux avec des bêtises, ai-je répondu comme une enfant.• Antoine •
Après sa chute, Sofia ne s'est pas relevée. Je me suis donc approché craignant qu'elle se soit fait très mal.
- Ça va mon cœur ?
- Non je me suis fait super mal aux genoux avec tes bêtises ! dit-elle avec une voix d'enfant qui m'a confirmé qu'il y avait plus de peur que de mal.
- Aller viens, on va aller prendre un petit remontant pour faire passer ça, je pense que tu as eu assez de sensations fortes pour aujourd'hui.
Je l'ai aidée à se relever doucement et prudemment, puis nous avons doucement avancer vers la sortie pour aller récupérer nos chaussures.
Sofia semblait bouder. Elle ne dis pas un mot quand on a échangé nos patins pour nos chaussures et elle me regardais en essayant de réprimer son sourire.
Je l'ai embrassée sur la joue, puis dans le cou, et je suis remonté le long de sa mâchoire pour enfin poser mes lèvres sur les siennes. Les yeux fermés je l'ai sentie passer ses doigts dans mes cheveux.
- Eh les jeunes, il y a d'autres endroits pour se bécoter !
Je vis les joues de Sofia rosir alors qu'on se levait pour rendre nos patins et nous sommes sortis.
- Tu boudes encore ? ai-je demandé avec une moue d'enfant triste alors qu'on marchait dans les allées du marché de Noël.
- Je ne boude pas, je me suis juste ridiculisée devant tout le monde, je voudrais me cacher au fond d'un trou et ne plus en sortir avant la fin de l'hiver.
- Mais non ! En plus je ne t'ai même pas vu tomber tu sais, j'ai cligné des yeux juste au bon moment. Alors ce serait dommage que tu te cache pour quelque chose que je n'ai même pas vu, dis-je en essayant d'adopter un air innocent.
- Baratineur, me répondit-elle en souriant tendrement avant de poser sa tête sur mon épaule en glissant ses doigts entre les miens.
On est arrivé devant un café où nous allions entrer quand Sofia s'arrêta et me désigna d'un signe de tête une table au fond de la salle.
- Emma ? Ai-je demandé en la voyant rire devant une tasse fumante.
- Et Alban. Si je m'attendais à ça ! Je suis passée chez elle pour lui rendre un de ses pulls ce matin et elle ne m'en a même pas parlé. Ça expliquerais pourquoi ils passent tout leur temps à deux en ce moment.
- Je pense qu'il vaut mieux qu'ils ne nous voient pas, on risquerait de gâcher leur rencard, on va aller ailleurs.
On s'est donc dirigé vers l'autre café un peu plus bas dans la rue et nous avons pris une boisson chaude et une part de gâteau tout en discutant joyeusement.
Nous sommes sortis du café une heure et demi plus tard, Sofia ne se détachant étrangement pas de moi, comme si elle s'accrochait à une bouée de sauvetage.
Nous avons pris le chemin en sens inverse, la foule beaucoup plus dense que tout à l'heure était difficile à traverser, mais nous avons tout de même réussi à atteindre les rues parallèles pour pouvoir rentrer. Nous ne marchions pas vite, comme si, inconsciemment nous voulions prolonger cette journée au maximum. Nous avons tout de même fini par arriver devant chez Sofia.
- Tu voudrais pas me prêter un autre de tes t-shirts ?
- Pourquoi ? Je fais finir tout nu si tu me piques toutes mes fringues !
- Je te rendrais l'autre si c'est ça qui t'inquiète, dit-elle en riant. C'est parce que celui que j'ai ne sent plus rien, ou en tout cas il ne sent plus toi... a-t-elle ajouté en rougissant.
Elle me faisait définitivement craquer. Et savoir que dans quelques minutes elle serait rentrée chez elle me donna envie de la serrer contre moi.
- D'accord je t'apporterais ça la prochaine fois alors, ai-je dis sans pouvoir m'empêcher de sourire.
Sofia pris mes joues entre ses doigts et m'embrassa tendrement. Puis une seconde fois plus fougueusement. Et pendant un long instant où le temps semblait s'être arrêté, nos souffles ne faisaient plus qu'un. Et puis, quand nous nous sommes séparé, comme s'il s'agissait du prolongement de notre baiser, je me suis entendu lui murmurer :
- Je t'aime...
Et lorsqu'elle m'a regardé en souriant, comme si elle s'y attendait et qu'elle m'a répondu :
- Moi aussi, je t'aime...
j'ai sentis une décharge d'amour se répandre dans chaque parcelle de mon corps.Sofia a fini par rentrer chez elle, et je me suis senti très seul sur le chemin du retour, l'image de son visage gravé dans mon esprit, et un sourire béat ancré sur le mien....
Voilà !! Pardonnez moi, j'avais dit que je publierais rapidement ce chapitre mais j'ai eu la grippe entre temps et ça commence seulement à aller un peu mieux ..
Que pensez vous de ce nouveau chapitre ?
Les prochains s'annoncent pleins de rebondissements alors j'espère que vous avez profité du calme de celui ci :)
Des questions à me poser ?
Merci. ⌘
Love. ♡
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Parce que la solitude rend fou...
Romance" Si elle s'en va aujourd'hui j'en crèverais. Je dois agir. Et vite. La voiture de sa mère dans laquelle elle voyagera probablement va partir d'ici une heure. Je ne peut pas la laisser partir à l'autre bout du pays sans lui parler avant qu'elle part...