Chapitre 6 :

423 20 27
                                    

A : Eden ? Qu'est-ce que tu fais assise comme ça dans le couloir ?... Et c'est quoi cette odeur ?

Je n'avais pas la force de parler, je levais la main, tapotant la porte dans mon dos.

Eden : Ethan...

Sans attendre, Aaron entra dans la chambre, m'enjambant sans hésiter au passage. La scène qui s'offrait sous ses yeux le stupéfia. De mon côté, j'arrivais à peine à me mettre debout. La nuit était tombée dehors... J'étais resté dans le couloir toute la journée ?

A : Il m'avait dit qu'il le ferait et j'étais d'accord avec lui... Mais je ne pensais pas qu'il reviendrait dans cet état... Tu devrais aller prendre un bain, et te reposer. Je vais veiller sur lui et ranger tout ça...

Il désignait tout le bazar utilisé pour les pansements la veille.

Et j'étais censé me reposer où d'après lui ? et surtout comment ? Avec toutes les images de brûlures et de cloques sur la peau d'Ethan qui revenaient sans cesse dans mon esprit.... Ce que j'avais fait avec le scalpel... L'odeur horrible qui ne quittait pas mon nez et les cris d'agonie qui revenaient sans cesse résonner dans ma tête...

A : Eden ?!

Aaron semblait inquiet.

A : Tu es blessée, toi ?

Je secouai la tête.

A : Alors, va te changer. Hormis attendre qu'il se réveille, c'est tout ce que l'on peut faire... Et ça peut prendre du temps. Tu reviens après.

Eden : Tu étais d'accord avec lui ?... Pour qu'il se mette dans cet état ?

A : Ne va pas croire que c'est du sadisme... Je peux t'assurer que c'était la meilleure chose à faire. Qu'est-ce qu'Ethan t'as dit ?

Eden : Les grandes lignes... il n'a rien voulu me dire avant que l'on soit rentré.

A : Il a bien fait. Ce vampire semble imprévisible et qu'il nous échappe sans qu'Ethan ou moi puissions le pister n'est pas quelque chose que nous devons prendre à la légère.

Bien sûr qu'on ne pouvait pas prendre un meurtrier à la légère. Mais pourquoi cela arrivait maintenant ?

J'avais pris dans mon armoire de quoi me changer, prenant le premier short et t-shirt qui m'étaient tombés sous la main et j'avais ramassé la veste d'Ethan qui gisait au sol avant de quitter la pièce sans me retourner, sinon jamais je ne serais partie.

Dans la salle de bain, j'avais mis du temps pour commencer ma douche et une fois sous le jet, le temps s'était comme arrêté. J'étais restée pensive dans le vague, l'eau chaude tombant sur mon crâne, me relaxant, pendant que je me concentrais sur ma respiration. Je ne savais pas combien de temps s'était écoulé : des minutes ? Une heure ?

Effectivement cela m'avait fait du bien, je devais le reconnaître.

J'avais fait un chignon fouillis avec mes cheveux mais impossible de retrouver ma pince.... Qu'est-ce que j'en avais fait... Bon tant pis, ils resteraient détachés. J'avais l'impression d'être vidée de mes forces. De ne rien pouvoir faire sans que cela me demande énormément de concentration.

J'avais mis à tremper la veste d'Ethan. Elle était tachée de sang et sentait la chair calcinée... Enfin bref... Il fallait se débarrasser de cette odeur insupportable. Au fur et à mesure que je m'énervais à frotter le tissu je reprenais un peu mes esprits. Piètre façon de se défouler à vrai dire, mais je n'étais pas sûre d'être capable de plus... J'étais à bout de force, je ne tenais que par les nerfs... Mais ils ne voulaient pas lâcher prise... Et malheureusement j'avais fini de nettoyer la veste et je n'avais plus rien à faire pour m'occuper l'esprit.

L' égoïsteOù les histoires vivent. Découvrez maintenant