Chapitre 14

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Les maraîchers avaient investi la place du village, comme tous les samedis. La famille de Louise avait l'habitude de s'y rendre quelques minutes avant la fin du marché afin d'éviter la foule. La jeune collégienne traînait les pieds, elle n'avait aucune envie de rester longtemps à parcourir les mêmes étales.

- Louise !

La jeune fille se retourna : c'était Juliette qui était venue avec ses parents.

- Que fais-tu là ? demanda la jeune collégienne, ravie de voir sa meilleure amie.

- Mes parents voulaient sortir un peu de la grande ville et ils savaient que le marché de Humbertfield est assez agréable, donc nous sommes là ! Tu as pu avancer sur Alice, reprit Juliette à voix basse, pendant que ses parents discutaient avec la mère de Louise.

La jeune fille prit son amie par le bras et toutes deux s'assirent sur les marches de la mairie.

- Il y a bien un problème avec Alice. Quand j'ai parlé d'elle au boulanger, il a arrêté de faire ce qu'il faisait et m'a regardé étrangement. Il m'a expliqué qu'il connaissait Alice, mais que ce n'était pas à lui de dire ce qui lui arrivait. J'en ai parlé à mes parents, mais ils m'ont disputé pour avoir interrogé le boulanger comme ça.

- Et alors ? Ils vont t'aider alors ?

- Non... ils m'ont expliqué qu'on ne pouvait pas annoncer comme ça à quelqu'un qu'on ne connaît pas que l'on peut l'aider. J'ai réessayé d'en reparler à ma mère ce matin, mais elle m'a redit la même chose.

- C'est quand même pas normal ! Pourquoi ne rien faire, alors qu'il y a un problème ?! Et si tu en parlais à quelqu'un d'autre ?

- Mais qui ? Je ne peux pas non plus aller dans tout le village et expliquer qu'une personne inconnue a un problème et qu'il faut faire quelque chose et...

- Quand il faut faire quelque chose, je suis toujours là pour aider, lança Monsieur le Maire qui se tenait derrière les jeunes amies. Que se passe-t-il donc ?

Les deux collégiennes se regardèrent et comprirent qu'elles venaient de trouver qui pourrait les aider.

- Oh vous savez, on ne voudrait pas vous embêter avec nos histoires, répondit Louise.

- C'est vrai, quelqu'un si important n'a pas le temps de s'occuper de la personne que l'on voudrait aider, poursuivit Juliette.

- Une personne à aider ? En ces temps de fêtes ? Évidemment que je veux vous aider. De qui s'agit-il ?

Louise expliqua, de nouveau toute l'histoire : la fête chez elle, le boulanger et la réaction de ses parents qui rendait les choses compliquées.

- Bon... dit Monsieur le Maire, comme cette dame n'est pas du village, je ne peux pas agir comme cela, mais...

- Mais il faut faire quelque chose, interrompit Juliette.

- Évidemment, et j'allais vous expliquer ce que je compte faire. Je vais appeler ce week-end le maire de Sturton, peut-être qu'il sait quelque chose. Je me renseignerai aussi auprès de l'association qui distribue des repas aux gens les plus démunis des villages voisins. En attendant, je vous demande de ne pas trop en faire et trop en dire tant que l'on ne sait pas ce qu'il se passe exactement, même si vous avez probablement raison. Dans le cas contraire, il serait assez délicat de dire qu'une personne est dans le besoin, alors que ce n'est pas forcément le cas.

- On pourra dire qu'on s'est trompé, dit Louise.

- Ce n'est pas aussi simple Louise. C'est toujours délicat d'être dans cette situation. On a peur du jugement des autres. Louise, lundi je prends l'autocar pour la grande ville, je t'y retrouverai pour te partager le fruit de mes recherches.

La jeune collégienne acquiesça et, avec son amie, elle retourna auprès de sa mère.

- Eh bien, vous voilà enfin ! lança le père de Juliette. C'est l'heure de rentrer pour nous ma chérie. C'était un plaisir de te voir Louise.

La famille de Juliette partit rapidement et, avant de rentrer chez eux, Louise demanda à sa mère si elles pouvaient faire un petit tour dans le village.

- Regarde, Madame Litréou a installé un nouveau nain de jardin. Je me souviens du soir où elle est venue à la maison se plaindre que toi et Léo aviez changé de place ses précieux nains. Bon... ce n'était pas très main, mais on avait bien ri avec ton père.

- Oui, c'était vraiment bien quand Léo était là.

- Je sais que tu es triste de ne pas avoir de ses nouvelles, mais je pense qu'il doit y avoir une explication et que très bientôt il t'écrira.

Louise haussa les épaules,pas vraiment convaincue. Pourtant, elle se demandait pourquoi est-ce que samère lui avait dit cela, surtout maintenant. Elle savait que sa fille n'avaitpas de nouvelle de son ami depuis un an, alors pourquoi en parler maintenant ?

Calendrier de l'avent 2020 - La quête de NoëlOù les histoires vivent. Découvrez maintenant