Ecrivaindu305F
Tugdual n'aurait pas dû naître. Il n'aurait pas dû vivre.
C'est ce que Papa répète.
D'après Papa, c'était sa faute si Maman n'était plus là, c'était sa faute si elle était au ciel.
D'après Papa, il devait souffrir, pour compenser.
D'après Papa, il devait être utile, pour se faire pardonner.
D'après Papa, ce n'était jamais assez.
D'après Papa, il n'était rien.
D'après Papa, il méritait le traitement qu'il avait.
D'après Papa, il était un monstre.
Alors Tugdual obéit.
Pendant l'année scolaire, Papa se montre prudent. Il ne faudrait pas qu'un instituteur remarque les traces de son « travail ». Mais lorsque les vacances arrivent, plus personne ne peut protéger le petit garçon. À la maison, Papa est le chef de famille. Et Tugdual a appris qu'un bon fils écoute toujours son père. Peu importe les ordres, n'est-ce pas? N'était-ce pas ainsi avec tous les papas?
Même lorsque les mots font mal.
L'hiver approche. Avec lui viennent les vacances, Noël... et l'anniversaire de Tugdual. Mais aussi celui de la mort de Maman...
Cette année, aura-t-il le droit d'espérer? Ce Noël sera-t-il différent des précédents?
(Attention sujets sensibles!)