RafaelVilches196512
Certains diront que ce roman ment. Que les Unités militaires d'aide à la production n'ont jamais existé. Ou que, si elles ont existé, elles ne furent que des camps de rééducation où le travail servait à corriger des vies jugées déviantes. Croire en Dieu, aimer autrement, écouter une musique interdite : autant de fautes incompatibles avec l'idéal révolutionnaire.
Ce livre se traverse comme on traverse une zone de ruines. Les corps y sont brisés par une guerre sans front, née à Cuba en janvier 1959 : une ivresse du pouvoir, à la fois puérile et meurtrière. Arrachés à leurs nuits, les personnages s'agrippent à un espoir qu'ils savent vain, mais qui persiste, obstiné. Leur faim réclame avec la même urgence un corps à aimer et un morceau de chair pour survivre. Ils rient, parfois, pour ne pas disparaître.
Ce qu'ils racontent n'a rien d'une fable. C'est une histoire écrite à la pointe du fusil, et qui, aujourd'hui encore, effraie ceux qui l'ont rendue possible. Staline fut-il pire qu'Hitler ? Peut-être parce qu'il extermina les siens. Fidel Castro fit de même à Cuba.
Rafael Vilches Proenza (El Cero de Las 1009, Cuba, 10 décembre 1965) est romancier, poète et critique d'art et de littérature. Il s'est fait connaître en 2001 avec son roman Ángeles desamparados (Anges abandonnés). Il a ensuite publié les romans Inquisición roja (Inquisition rouge) (2019 ; 2025) et Sálvame si puedes (Sauve-moi si tu peux) (2020), tous deux salués par la critique internationale et récompensés par le prix international du roman Reinaldo Arenas (États-Unis). Parallèlement, il mène une carrière poétique florissante, avec une vingtaine de recueils publiés dans différents pays. En 2018, il a reçu le prix international de poésie Dulce María Loynaz pour La luna entre nosotros (La lune entre nous), confirmant ainsi son statut d'une des voix majeures de sa génération. Son œuvre a été traduite en plusieurs langues et diffusée à l'internationa