nerisys_
Loyis traîne ses nuits comme des chaînes, les poches pleines de billets froissés et le cœur mal recousus. Une rupture l'a laissé à vif, une mère absente, un beau-père qu'il méprise, et des combines qu'il maîtrise mieux qu'il ne se maîtrise lui-même. Il ne croit plus en grand-chose, surtout pas en la rédemption.
Ugo, lui, avance droit. Étudiant acharné, poings serrés pour ne pas céder à la facilité. Il connaît la valeur d'un billet gagné honnêtement, même quand le monde autour de lui hurle de flancher. De suivre un modèle qu'il ne connaît que trop bien.
Il veut rester intact, croire que c'est encore possible.
Leurs mondes n'auraient dû se frôler qu'une fois, par erreur. Une étincelle amère sur de la poudre. Loyis voit en Ugo un miroir qu'il refuse de regarder ; Ugo voit en Loyis un danger qu'il ne peut s'empêcher d'approcher.
L'un tire vers le bas, l'autre vers le haut. L'un ment par habitude, l'autre par peur de se perdre.
Jusqu'à ce qu'il ne reste plus que deux cœurs battant trop fort, bien trop près.
Et qu'il soit déjà trop tard pour reculer.
...
« T'es une putain d'ancre, et tu veux me faire couler avec toi. »