Fatou334Dabo
J’ai parfois honte de parler d’elle ainsi. Pas parce qu’il s’agit de ma belle-mère, mais parce que ce sujet me semble manquer cruellement d’originalité. Au fond, je croyais que sory et moi saurions être au-dessus de ça. Les histoires de belle-mère étaient réservées aux autres et en tout cas, elles ne franchiraient pas la porte de chez nous parce que l’amour véritable devait, à mon idée, forcer le respect. Et pourtant, j’ai senti dès notre première rencontre que ma belle-mère n’allait pas se contenter de me demander de la surnommer Nanette, de me servir mes petits plats préférés et de m’offrir le lait pour le corps coordonné à mon parfum pour mon anniversaire. Son premier regard contenait déjà une fausse affection et un vrai défi. Longtemps, j’ai tu mes réticences envers la mère de kadi , parce que cette femme était, de fait, irréprochable. sory n’aurait pas compris que je ressente à son encontre quelque chose de négatif qu’il ne pouvait pas voir. Je n’avais pas de preuve, en effet. Me complimentant sans cesse, attentionnée envers moi, Nanette évoluait en toute discrétion dans notre décor. C’est seulement quelques années plus tard que je me suis rendu compte que ça avait été sa manière de préparer méthodiquement les choses. Faire de moi la “fille qu’elle n’a jamais eue” a petit à petit transformé mon père en frère ennemi.